‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 227 sur 284 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

délîœs de cette nouvelle Gapoue, ils sont, à la vérité, détruits depuis longtemps; mais on trouve toujours en ce lieu les sources dont parle Procope. Il est même possible que la dénomination d'Henchir-Phradise que cette localité a gardée jusqu'au milieu du siècle dernier dérive non du mot Âphrodisium, conune je l'ai dit, mais de Paradisos (ndcpadciaoç), terme qu'emploie Procope pour décrire les beaux vergers de Grassi ; c'était, en quelque sorte, le jardin par excellence, le véritable paradis de l'Afrique, où les rois vandales désapprenaient dans la mollesse les vertus guerrières de leur aïeul Genséric, et préparaient ainsi d'avance les victoires de Bélisaire.

A neuf heures, nous nous remettons en marche dans la direction du sud.

A neuf heures quinze minutes, nous rencontrons une source qui s'écoule par un conduit dans un bassin carré de construction antique, au milieu duquel s'élève une petite colonne que suimontait jadis un ornement, soit vase, soit statue, qui a disparu. Près de ce bassin, reste sans doute de ceux qui décoraient les jardins de Grassi, est un bouquet d'oliviers.

Un peu plus loin, une autre source m'est désignée sous le nom d'Aïn-el-Halouf (la source du sanglier). Elle est recueillie d'abord dans un petit bassin antique, puis, au moyen d'un canal, elle va se déverser dans un second bassin beaucoup plus considérable, de forme également carrée et construit en pierres de taille. Au centre de ce réservoir, on voit de même une petite colonne, dont le couronnement n'existe plus.

A côté de cette source, sur les pentes d'un monticule, un douar appartenant a la tribu des Mahedeba a dressé ses tentes. Cette tribu est l'une des plus hospitalières de la Régence, et le scheik ne veut pas nous laisser passer sans nous avoir préalablement forcés, en quelque sorte, d'accepter

sous sa tente du lait, des {jalettes et des figues de cactus. On sait que dans tout le nord de l'Afrique les cactus ou figuiers d'Inde croissent sans culture en très-grande abondance, et que les Arabes sont extrêmement friands des fruits dont ces arbres se couvrent en été , et qui sont pour les pauvres une ressource précieuse.

A onze heures, nous poursuivons notre route vers le sud.

A onze heures quarante minutes, nous traversons un henchir peu étendu appelé Gastlaïa. Quelques maisons renversées avoisinent une petite enceinte, construite jadis avec de gros blocs et en partie démolie.

A onze heures quarante-cinq minutes, nous franchissons l'oued Gastlaïa.

A midi quarante -quatre minutes, j'aperçois près de la route les débris d'un petit mausolée. Il avait été bâti en blocage et était orné de quatre demi-colonnes engagées une à chacun des quatre angles.

A midi cinquante minutes, nous faisons halte pendant une heure à l'henchir Phrara. On y voit sur une colline les restes d'une forteresse byzantine. Longue de soixante-quatorze pas et large de quarante-cinq, elle était flanquée d'une tour à chacun des quatre angles. Les murs d'enceinte sont encore en partie debout. Construits intérieurement en blocage, ils sont à l'extérieur revêtus d'un appareil de grosses pierres de taille.

Sur les pentes et au bas de la colline gisent, au milieu de nombreuses touffes de rhamnus lotus, les débris confus d'un bourg antique bouleversé de fond en comble.

A trois heures, nous traversons l'oued El-Brek, près des ruines d'une construction antique en blocage d'une médiocre importance.

A trois heures trente minutes , nous arrivons au pied du Djebel-Takroûna.

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