CHAPITRE DIXIÈME
Nouveau séjour à Sousa. — Visite de la kasbah. — Fouilles pratiquées par M. le vice-consul de France Espina sur remplacement de Tantique nécropole d'Hadrumetum. — Départ pour Kaïrouan. — Itinéraire suivi jusqu'à cette ville.
Le lecteur connaît suffisamment la ville de Sousa par la description que j'en ai faite dans la première partie de cet ouvrage : je ne reviendrai donc pas ici sur les détails que j'ai donnés alors au sujet de cette cité, qui fut jadis la capitale de la Byzacène sous le nom d'Hadrumetum et qui est toujours demeurée l'une des villes les plus considérables de la Régence. Nous y passâmes quatre jours, que j'employai soit à étudier plus complètement cette localité, soit à mettre en ordre mes notes et mes inscriptions.
Lors de mon premier voyage à Sousa, le colonel conmiandant de place n'avait pas cru, en l'absence de son général, devoir m'accorder la permission de pénétrer dans la kasbab. Cette fois-ci, grâce à l'obligeance de M. Espina, qui m'accompagna lui-même chez le général Si-Réchid, j'obtins facilement cette faveur. Si-Réchid a voyagé en France et passe pour l'un des hommes les plus instruits et les plus distingués de la Tunisie. Aussi s'empressa-t-il avec une courtoisie parfaite, pour faire honneur à mon titre de Français et en même à la recommandation de M. Espina, son ami, d'accéder à mon désir, et il donna aussitôt l'ordre à l'un de ses officiers de nous conduire, M. le vice-consul de France et moi, dans l'intérieur de la citadelle.
Située dans la partie haute de la ville, à l'angle sud-ouest de son enceinte, elle est grande et passablement bien entretenue. Les épaisses murailles qui l'enferment sont récrépies à la chaux depuis peu. Au centre s'élève une toxu* appelée El-Nadour (l'observatoire), qui contient la poudrière. Du