CHAPITRE DIXIÈME
sommet de cette tour, dont Télévation propre est fort exhaussée par la position qu'elle occupe, nous pûmes contempler à loisir, d'un côté , la mer qui étendait à l'infini devant nous son immense nappe bleue et se confondait, à l'horizon, avec l'azur du ciel, et de l'autre, au delà de la zone des jardins et des forêts d'oliviers qui entourent la ville, les vastes plaines, autrefois si fertiles, maintenant si mal cultivées et presque désertes de l'antique et riche Byzacène.
En redescendant du Nadour, M. Espina me montra dans l'une des cours de la kasbah une cinquantaine de vases de différentes formes et de différentes {jrandeurs, qui avaient été récemment découverts en fouillant un certain nombre de tombeaux de l'ancienne nécropole d'Hadrumetum.
Cette nécropole, dont on retrouve l'emplacement à l'ouest de la ville actuelle, a été très-souvent l'objet de fouilles intéressées. Une grande partie des sépultures, soit carthaginoises, soit romaines, qu'elle. renfermait, ont été violées et dévastées, dans l'espérance de ravir aux morts les trésors que l'on croyait ensevelis avec eux. Le terrain qu'elle couvrait est aujourd'hui envahi aux trois quarts par des jardins et des plantations d'oliviers. C'est au milieu de l'un de ces vergers que M. Espina a fait naguère pratiquer quelques excavations dans un but scientifique, excavations dans lesquelles il a été secondé par le général Si-Réchid , qui a mis à . sa disposition avec beaucoup de bienveillance les hommes dont il avait besoin. La découverte de trois ou quatre hypogées funéraires a été le résultat de ces fouilles. Au fond de l'un de ces hypogées, vaste tombeau de famille creusé dans un tuf assez tendre, M. Espina a trouvé, entre autres choses dignes d'attention , une mosaïque représentant le labyrinthe de Crète. On y voit figuré le Minotaure ainsi que la birème qui emporte Thésée vainqueur. A l'entrée du dédale se lit l'inscription suivante :