‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 35 sur 284 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

7 juin.

Départ à quatre heures du matin.

A quatre heures dix minutes, nous franchissons l'oued Tassa; l'eau en est bonne et ne tarit jamais.

A huit heures, nous faisons halte à l'henchir Aïn-Safra, que nous aurions dû atteindre une heure plus tôt, si une fausse indication n'eût point allongé notre route d'au moins cinq kilomètres.

Cet henchir occupe les deux rives d'un oued dont le lit est rempli de touffes gigantesques de lauriers -roses en fleur; mais, néanmoins, c'est principalement sur la rive droite que se trouvent les ruines les plus importantes. La plus considérable consiste en une enceinte carrée bâtie sur un monticule, et qui parait avoir eu une destination miUtaire. Le bourg que ce château défendait est complètement détruit, et les vestiges confus qui en subsistent sont épars au milieu de champs de blé ou cachés sous des broussailles.

A huit heures trente-cinq minutes, nous traversons l'oued Farou.

A neuf heures trente minutes, nous rencontrons un hendbir dont je ne puis apprendre le nom. C'est tout simplement un amas de gros blocs gisants sur le sol.

Quinze minutes plus loin, un henchir du même genre, et dont le nom est inconnu, même des douars les plus voisins, s'offre à notre vue à l'entrée d'une khanga ou défilé boisé dans lequel nous nous engageons.

A dix heures dix minutes, nous faisons halte au bourg de Nebeur. Ce bourg occupe Içs pentes d'une montagne ; il peut renfermer un millier d'habitants qui cultivent de fertiles jardins arrosés par un oued, et où les grenadiers abondent.

A deux heures de l'après-midi, nous nous remettons en marche. Nous suivons d'abord, à travers un magnifique bois d'ohviers, les bords sinueux du torrent de Nebeur, dont les

eaux forment en quelques endroits des cascades bruyantes qui rebondissent de rocher en rocher, et au bout de quinze minutes , nous parvenons aux ruines d'une petite ville renversée de fond en comble; elle était située dans la montiiçne au-dessus de Nebeur, qui lui a sans doute succédé, et qui a dû lui emprunter la plupart de ses matériaux de construction.

Nous gravissons ensuite un sentier de plus en plus âpre et malaisé.

A trois heures , un amas de gros blocs m'est désigné sous le nom d'Henchir-Efguérid.

A trois heures trente minutes, d'autres ruines également peu importantes se présentent à nous.

Nous continuons à nous avancer au milieu de hautes montagnes dont les flancs, jusqu'à une certaine élévation, sont cultivés , et les parties supérieures couvertes de frais et abondants pâturages. Nous y voyons de nombreux troupeaux qui appartiennent à des douars de différentes tribus, que la nécessité a forcés d'émigrer du sud vers le nord de la Régence. Cette émigration a été très -considérable cette année; elle a lieu annuellement dans la dernière quinzaine de mai, à l'époque où les chaleurs commencent à devenir insupportables dans les régions méridionales du Beylik, et où les pâturages y deviennent plus rares. Ces Arabes nomades louent leurs bras, au moment de la moisson, aux Arabes cultivateurs et sédentaires du nord; puis, quand toutes les moissons sont récoltées et que les chaleurs diminuent, ils s'en retournent, scheiks en tète, avec leurs familles et leurs troupeaux, vers les contrées qui sont le lieu ordinaire de leur campement.

A six heures du soir, nous entrons dans la ville du Kef. Le kaïd nous offre l'hospitalité à Dar-el-Bey.

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