CHAPITRE DEUXIÈME
beaucoup plus roide, la montagne qui domine cette ville. Le sommet en est tout hérissé de broussailles et couronné par les ruines d'une construction carrée, d*origine musulmane, que les Arabes appellent Nadour, parce qu'ils la reg^ardent comme une vieille tour d'observation; mais en pénétrant dans l'intérieur de ce bâtiment, j'ai cru plutôt y reconnaître les restes d'un ancien marabout.
28 mai.
A six heures du matin , le bimbachi ou colonel qui commande la place m'accorde la permission de visiter la darsena ou l'arsenal.
Cet arsenal offre la forme d'un grand quadrilatère. Le bassin du port militaire mesure cent quatre-vingt-dix pas de long sur cent quatre-vingts de large. L'ouverture en est très-étroite ; elle était jadis fermée par une grosse chaîne et défendue par deux bastions. Du côté du laç est une batterie de dix-huit canons. Du côté de la ville règne une vaste esplanade, et au delà, de grands magasins voûtés ont été, m'a-t-on dit, construits autrefois par des esclaves chrétiens. Ils sont actuellement déserts et silencieux, et dans le port abandonné pourrit, a moitié enseveli dans la vase, un bâtiment qu'on ne peut plus en faire sortir, faute d'une quantité d'eau suffisante pour cela.
A huit heures, nous quittons Rhar-el-Melah, et nous prenons la route de Bizerte.