‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 118 sur 268 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

Description générale de l'ile de Djerba. — Iloumt-Ajim. — Iinurat-Souk ou Souk-cl-Kebir. — Iloumt-G'drieti , résidence actuelle du kaïd. — Hencliir Jlorf»o. — Houmt-Cédouikbcs. — Hcncliir Ithiba-Taoi tt . — llenthir Tbala. — Nui nos de l'ancienne capitale de l'ile. — Bordj-cl-K.int.ira. — Ubir.

10 mars.

Djerba, l'ancienne ile des Lotophages, peuple dont un vers d'Homère a suffi pour rendre le nom immortel, était appelée également Meninx. Scylax la désigne aussi sous la dénomination de Brachion (Bpaytiuv), à cause des bas-fonds et des bancs de sable qui l'entourent.

Un passage d'Aurélius Victor où il est question de l'élévation à la dignité d'Auguste, dans cette ile, de Gallus et de

' Anr. Victor., Epitome , c. xlv

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Volusianus, nous prouve que, dès le troisième siècle, elle portait le nom sous lequel on la eonnait aujourd'hui :

« Creuli in insula Méninge quae mine Girba dicitur. »

La Table de Peutinger comprend de même une ville du nom de Girba, parmi les quatre qu'elle signale dans cette ilc.

Pline 1 évalue la lonjpicur de l'île de Mcninx à XXV milles et sa largeur à XXII, évaluation beaucoup plus juste que celle d'Agathémère, qui compte six cents stades de long sur cent quatre-vingts de large. En réalité, elle est de forme à peu près quadrangulaire, et entre les points extrêmes de sa longueur comme de sa largeur, on compte environ trente-trois kilomètres, ce qui répond aux cent quatre-vingts stades indiqués par Agathémère dans le sens de la largeur; mais cet écrivain en exagère singulièrement la longueur. Ouant à la circonférence de file, elle doit dépasser cent cinquante-cinq kilomètres, en calculant les sinuosités de la cote.

Djerba est généralement plate, sauf quelques chaînes de collines peu élevées qui rompent l'uniformité de sa surface. Aucun cours d'eau permanent ne la sillonne; seulement, à l'époque des pluies, des ruisseaux momentanés découlent des collines dont j'ai parlé. Son sol, d'une grande fertilité, a besoin néanmoins, pour produire ce qu'on lui demande, d'un travail constant de l'homme, car il faut l'arroser incessamment. Aussi des puits sont-ils creusés de tous côtés ù cet effet.

L'ile est partagée en un très-grand nombre d'enclos où les habitants vivent sur le terrain qu'ils cultivent; ils y ont leurs demeures, qui sont de la sorte, pour la plupart, disséminées, au lieu d'être réunies en villages, en bourgs et en villes. Toutefois il existe sur différents points plusieurs cen-

« Ilist. nat., V, 7.

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