CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
d'une plaine de ce nom. On descend au fond de ce puits par un escalier de soixante-dix marches. Près de là, sur un monticule, quelques gros blocs épars sont les restes d'un édifice considérable. Plus loin, sur deux autres colhnes, des blocs semblables jonchent le sol.
îîous continuons à traverser dans la même direction un désert nu et çà et là accidenté. Une vapeur chaude est répandue dans l'atmosphère et un vent du sud desséchant projette dans nos yeux une poussière fine et brûlante. Ce vent est appelé en Tunisie guebli; c'est le rhamsin de l'Egypte et de la Syrie, et le simoun de l'Algérie.
A une heure, nous arrivons à El-Hamma. Cette oasis est formée de plusieurs villages, qui sont : El-Kasr, le plus important de tous; Dabdaba, où nous demandons l'hospitalité au scheik; Soumbat, Zaouïet-el-Madjeba et Bou-Atouche. Des plantations de palmiers arrosées par des eaux courantes environnent ces villages. Ces eaux proviennent de quatre sources chaudes, dont trois se trouvent à Dabdaba et la quatrième entre Dabdaba et Kl-Kasr. Elles étaient jadis renfermées dans des bassins construits en fort belles pierres de taille et qui existent encore, du moins en partie, car beaucoup de blocs ont été déplacés ou enlevés. A chacun de ces bassins est adjoint un petit établissement de bains de construction moderne, mais divisé intérieurement en plusieurs compartiments qui sont antiques. La température de ces sources varie : la plus chaude a quarante-cinq degrés centigrades, celle qui l'est le moins en a trente-quatre.
Entre Dabdaha et El-Kasr s'étendait autrefois une ville qui portait le nom d' Aquae Tacapitanae , parce qu'elle dépendait de Tacape, dont elle était séparée par un intervalle de XVIII milles romains. Il en est question dans l'Itinéraire d'Antonin. Elle est complètement détruite actuellement, et ses débris ont servi à bâtir les villages modernes qui lui ont succédé, ainsi qu'un fort appelé Bordj-el-Hamma.
J'ai trouvé dans ce bordj quelques mauvaises pièces de canon et une garnison d'une trentaine de soldats. Il est de forme carrée et environné d'un fossé peu profond.
25 mar*.
Nous quittons cette oasis à six heures quarante minutes du matin.
A sept heures, nous franchissons l'Oued-el-Hamma.
Nous marchons dans une plaine vaste et inculte que bordent, au nord et au sud, deux chaînes de montagnes d'une hauteur médiocre. Le vent du midi continue à souffler et à embraser l'atmosphère.
A dix heures, nous traversons l'oued Bersaf; il est sans eau.
A dix heures trente minutes, nous rencontrons un autre oued, appelé Oued-el-Kader.
A dix heures quarante-cinq minutes, un henchir, connu sous le nom de Grado, offre à mon attention les restes d'une enceinte carrée de trente-quatre pas sur chaque face; elle avait été construite avec de magnifiques blocs équarris avec soin , d'une très-grande dimension ; l'assise inférieure seule existe encore. A quelques pas de cette enceinte en est une seconde plus petite qui semble avoir été un corps de garde avancé, la première ayant été probablement un poste militaire, destiné à surveiller la plaine. Non loin de là, on remarque une grande citerne oblongue , divisée en plusieurs compartiments.
A onze heures quinze minutes, nous franchissons l'oued Oum-ez-Zitouna , et quinze minutes plus loin, l'Oued-el- Guitla.
A midi quinze minutes, les débris d'un henchir me sont désignes sous le nom de Kasr-el-Guitla. Ce kasr mesurait quinze pas sur chaque face. Il était bâti sur un monticule