CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
avec d'énormes blocs superposes les uns au-dessus des autres sans ciment; l'assise inférieure est seule debout.
A une heure, nous apercevons à notre gauche, sur une hauteur, d'autres ruines, appelées Henchir-Guerniad. C'est une enceinte longue de douze pas et large de six. Comme les précédentes, elle a été construite avec des pierres de taille d'un très-grand appareil et jointes sans ciment.
En cet endroit, un long mur ou peut-être une simple chaussée romaine traversait la plaine dans toute sa largeur, d'une chaine de montagnes à l'autre. On en suit encore la trace l'espace de plusieurs kilomètres.
A une heure quinze minutes, nous parvenons h Kasr- Benia. Plus important que les henchirs dont je viens de parler, celui-ci forme une enceinte de soixante-trois pas de long sur quarante-sept de large. Les assises inférieures sont en bossage; les autres consistent en magnifiques pierres de taille complètement aplanies. Quatre portes, une à chaque face, donnaient entrée dans ce château; elles étaient défendues, ainsi que les angles, par une petite tour carrée. Intérieurement, on observe plusieurs compartiments bâtis euxmêmes avec de beaux blocs appareillés ensemble sans aucun ciment. Plusieurs de ces blocs sont ornés de sculptures; sur l'un, entre autres, sont figurés deux palmiers s'élevant à droite et à gauche d'une couronne.
Un peu au delà de Kasr-Benia est une colline que couronnent les ruines d'une enceinte fortifiée, d'environ trente-cinq pas de circonférence et construite de même avec des pierres colossales; cet henchir porte le nom de Bagueul.
Ces différents postes militaires, échelonnés de distance en distance et se prêtant un mutuel appui, servaient à maintenir dans la sujétion les tribus nomades qui parcouraient ces plaines.
A deux heures cinquante minutes, nous franchissons TOued-el-Hassan .
A quatre heures trente minutes, nous demandons l'hospitalité ù un douar de la tribu des Beni-Zid. La journée avait été brûlante; la nuit est extrêmement fraîche; nous allumons des feux de broussailles pour nous réchauffer.
A cinq heures trente minutes du matin, nous sommes à cheval.
A six heures, nous arrivons à une ruine appelée Guedahel-Oudat. C'est une enceinte rectangulaire de dix pas de long sur six de large, et construite avec des blocs très-considérables.
A sept heures, sur un monticule entouré d'un fossé, les débris d'une enceinte mesurant trente pas de circonférence me sont désignés sous la dénomination de henchir Oued-el- Hadj-Mahmed. Près de là est un puits antique, maintenant comblé, avec des auges en pierre à l'entour. Chemin faisant, nous voyons fuir à notre approche des troupes de gazelles qui errent dans l'immense solitude que nous parcourons.
A sept heures quinze minutes, nous franchissons l'Ouedel-Hadj-Mahmed.
A sept heures trente minutes, nous rencontrons un autre oued appelé Oued-el-Hasnara , et quelques pas plus loin , sur un monticule, l'henchir el-Hasnam, qui consiste en une enceinte rectangulaire mesurant vingt pas de long sur quinze de large et bâtie avec de gros blocs bien équarris et non cimentés. Un fossé l'environne. Quelques pans de murs sont encore debout.
A neuf heures quinze minutes, nous traversons l'oued Meiah; la plaine en cet endroit est désignée par le même nom, c'est-à-dire par celui de Bahirt-Meiah.
Devant nous s'élève bientôt, à notre droite, le Djebel- Toual.