‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 143 sur 268 · CHAPITRE VINGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIEME

route différente de celle que nous avions prise en allant. Après avoir traversé quelques jardins, où, grâce à l'eau qui les féconde, s'épanouit la végétation la plus luxuriante, nous franchissons une colline sablonneuse que couvrait jadis un village dont il ne subsiste plus que de rares vestiges. Cet endroit est connu aujourd'hui sous le nom de Lemes.

Un peu plus loin, nous rencontrons un petit village placé sur un monticule et environné d'une enceinte murée. Un fossé, comblé en quelques endroits, lui sert également de défense. Ce village s'appelle Hapta.

28 mars.

A six heures trente minutes du matin , je remercie le kaïd de sa bienveillante hospitalité, et nous quittons Bordj-el- Mansourah.

A sept heures quinze minutes, nous laissons sur notre gauche l'oasis du Teumbib, petit village environné de plantations de palmiers.

A sept heures trente-cinq minutes, nous passons non loin d'une autre oasis appelée Teumbar.

Nous cheminons péniblement à travers un terrain trèsmarécageux, où nous sommes assaillis par des nuées de moustiques. Ces marécages, qu'il serait facile de faire disparaître en pratiquant quelques saignées qui auraient pour effet de rassembler dans le lit d'un canal les eaux éparses et dormantes de plusieurs sources, engendrent souvent parmi les habitants des oasis voisines des fièvres pernicieuses.

A huit heures trente minutes, nous atteignons l'oasis et le petit village de Guelah.

Le sol commence à devenir très-accidenté. Nous franchissons une gorge de montagne, et bientôt nous avons à notre droite le village de Menchia. Il est situé sur une colline et environné d'une enceinte murée. A l'entour coule dans un ravin profond l'eau d'une source abondante qui alimente le

village et arrose les jardins voisins. Dans ces jardins, c'est toujours le palmier qui domine; mais là, comme ailleurs, d'autres arbres fruitiers réussissent parfaitement.

A neuf heures quinze minutes , nous arrivons au village Bou-Abd-AHah.

A neuf heures trente minutes, nous faisons halte à Oumes- Semai 1. C'est un bourg de quelque importance, assis sur une montagne qife hérissent d'énormes blocs de rochers, et qui doit à sa position élevée le nom qu'il porte. Il a remplacé certainement un bourg antique, car sur le sommet du plateau où il est situé on remarque plusieurs rangées de grosses pierres de taille qui ont appartenu à d'anciennes constructions.

Quatre oasis, arrosées par autant de sources, occupent au bas et autour d'Oum-es-Semah quatre points distincts. Le travail de l'homme consiste à lutter sans cesse par une répartition intelligente de l'eau de ces sources contre la sécheresse de cette région sablonneuse et rocheuse en même temps, qui sans cela serait condamnée à une stérilité complète. Partout, en effet, où s'étend le bienfait de cette eau vivifiante, le sable du désert se transforme en un limon fécond; là, au contraire, où il cesse de se faire sentir, la nature dépérit, et le règne de la végétation s'arrête.

Dans l'impossibilité de pouvoir ce jour-là même traverser Je lac Faraoun , nous demandons l'hospitalité pour la nuit au scheik d'Oum-es-Semah.

29 mars.

A cinq heures trente minutes du matin , nous descendons de ce bourg.

A six heures, nous passons devant la petite oasis de Zaouïet-Jemniin.

Un peu plus loin , nous laissons à notre gauche celle de lîecheri.

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