CHAPITRE VINGT-SIXIÈME
ton , se jetant dans un grand lac du même nom , et au milieu de ce lac, l'île de Phla. Scylax ', Pomponius Mêla 4 , Pline* mentionnent ce même fleuve. Ptolémée entre à ce sujet dans des détails plus précis. Il nous apprend que le fleuve Triton avait ses sources dans la montagne Ousaleton (Ovçc&rroi/ opoç), et qu'il formait le lac Libya (AiÊwr, )t'pr;), le lac Pallas {Ux>Hi h'u*r.) et le lac Tritonitis (TpiTwviTt; h'yam). Dons un autre passage , ce géographe marque l'embouchure du fleuve au nord de Tacape.
Actuellement aucun fleuve ne traverse la sebkha Faraoun pour aller ensuite se jeter dans la mer, et les cours d'eau qui ont leur embouchure au nord de Gabès, à savoir l'Oued- Gabès, et, plus au nord encore, l'Oued-el-Akarit, les seuls qui puissent prétendre h l'honneur de représenter l'ancien fleuve Triton , ne prennent pas leur source dans la montagne indiquée par Ptolémée, laquelle parait être le Djcbel-Ousselet d'aujourd'hui , et ne traversent pas non plus le lac Pharaon , qui est évidemment le lac Triton de l'antiquité.
Comme cette sebkha offre plusieurs, passages et forme ainsi différents bassins séparés les uns des autres par des chaussées que fréquentent les caravanes, on y retrouve facilement les trois lacs de Ptolémée : le lac Libya à l'ouest, le lac Pallas au centre, et le lac Tritonitis à Test. Telle est du moins l'opinion de Shaw et de S. Grenville Temple, à laquelle je me range volontiers. Je serais porté également à adopter l'opinion de ce dernier voyageur, qui pense que l'ile de Phla d'Hérodote est probablement la presqu'île semée d'oasis que j'ai décrite plus haut, et qui, à partir d'Oum-es- Semah surtout, s'avance en pointe étroite et allongée dans la sebkha Faraoun. Cette sebkha, en effet, dans l'état actuel des choses, ne renferme pas d'île proprement dite, mais seu-
1 Scylai , p- 49.
* P.' Mêla, 1, 7.
» Pline, V, 4.
lement quelques ilôts qui ne peuvent être identifiés avec l'île mentionnée par Hérodote.