‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 148 sur 268 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

tiques pans de mur, dont le premier est long de cinquante pas, et le second de trente-cinq. Ils sont construits l'un et l'autre avec des blocs très-puissants et appartiennent trèsprobablement à l'ancienne enceinte de la ville. L'un de ces pans de mur m'est désigné sous le nom de Dar-Bent-es- Soultan (la maison de la fille du sultan). L'épaisseur en est de deux mètres, et la hauteur des assises encore debout ne dépasse pas un mètre quatre-vingt-dix centimètres.

Au delà, je distingue la direction de plusieurs rues. Les plantations de palmiers n'ont pas fait disparaître complètement les vestiges d'un certain nombre de maisons; les unes étaient construites en belles pierres de taille, les autres avec des matériaux plus petits et mêlés de briques. Ces ruines sont dominées par celles d'une tour carrée dont la base seule subsiste encore. Les assises inférieures consistent en de superbes blocs rectangulaires au-dessus desquels sont des coucbes d'énormes briques posées à plat dans un ciment d'une extrême dureté. Les Arabes appellent ce reste de tour Semab, c'est-àdire le clocher, le minaret.

Le scheik m'apprend qu'en dehors des jardins, du côté de la sebkha, les sables ont envahi de gigantesques pans de mur identiques à ceux que je venais de voir, et qu'en pratiquant des fouilles tant soit peu profondes au milieu des plantations de palmiers, on découvrait fréquemment des débris de constructions antiques.

Après avoir parcouru les ruines de cette ancienne cité et admiré en même temps les verdoyants jardins du village actuel, je me fais conduire par deux Arabes sur la montagne connue sous le nom de Djebel-Ras-el-Aïn-Breian. Cette montagne, haute d'environ deux cent cinquante mètres, fait partie de la grande chaîne qui borde les rives septentrionales de la sebkha : elle s'élève à neuf cents mètres environ au nord de Griz, à égale distance de ce village et de celui de Ccdéda. Aux trois quarts de la montagne, sur une surface

rocheuse, inclinée et aplanie par la main de l'homme, je remarque les fragments d'inscriptions suivants, gravés assez grossièrement en divers endroits :

MADDSILACVS PPO

Les deux premières lettres et les quatre dernières de cette ligne sont figurées en caractères beaucoup plus grands que celles du milieu.

SILVANO MERCVRIO

CONSACRATI

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