‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 149 sur 268 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

comme carrière. On observe en eflei de tous côtés le long des flancs de cette montagne des entailles profondes pratiquées par la pioche des carriers, et c'est de lu qu'ont été tirés les matériaux qui ont servi à bâtir la ville antique dont les ruines portent le nom de Taguious.

Parvenu au sommet du mont, j'embrasse de là, du regard, une grande partie de la sebkha Faraoun , ainsi que des montagnes qui en suivent les contours. De distance en distance, des forêts de palmiers forment le long de cet immense bassin, ù la surface toute blanchissante de sel, une lisière verdoyante et cultivée qui charme et repose la vue : au dclù et principalement vers le sud, c'est le désert dans sa majestueuse et triste nudité. Sans les rafales d'un vent impétueux qui balayait alors la cime où j'étais placé, j'y serais resté longtemps a contempler cette double mer de sel et de sable qui s'étendait au loin autour de moi toute miroitante sous les rayons du soleil, et ça et là, au milieu de cet océan embrasé, ces fraîches et délicieuses oasis semées, par intervalle, comme des iles de verdure, où la nature semblait vouloir contraster par le luxe de la plus riche végétation ovec la stérilité environnante.

Mes guides me conduisent ensuite, en redescendant de cette montagne, à l'entrée d'une caverne à la fois naturelle et artificielle et communément appelée par les indigènes Rhar-Sebaa-Argoud (la caverne des sept dormants). On y pénètre en rampant par un long corridor très-bas et trèsétroit qui mène à une salle assez spacieuse. Les habitants du pays racontent au sujet des prétendus hôtes qui y résident et dont ils n'osent pas affronter la présence en franchissant le seuil de la grotte, les légendes les plus étranges et les plus fantastiques.

Au pied de la même montagne on remarque l'emplacement d'une antique nécropole, c'était celle de la ville dont Tnguious offre les débris. Le sol y est fouillé de tous côtés,

et les anciennes sépultures ont été presque toutes violées : seulement, quelques fragments de sarcophages en pierre sont épars çà et là : ces sarcophages consistaient en des espèces de cuves rectangulaires arrondies aux deux extrémités et recouvertes d'une longue dalle de pierre.

A midi, je suis de retour à Griz, où je rejoins mon escorte.

A midi quinze minutes, nous quittons ce village pour nous diriger vers l'ouest.

A midi vingt-cinq minutes, nous arrivons à un endroit appelé Ras-el-Aïn. Là se réunissent dans un bassin circulaire qu'ombragent quelques bouquets de palmiers les eaux d'une source très-abondante qui forme l'oued au moyen duquel sont arrosés les jardins de l'oasis de Griz. Ces eaux sont tièdes en sortant de la source; elles peuvent avoir trente degrés centigrades.

Cet endroit porte également le nom de Sebaa-Biar (les sept puits), dénomination qui n'est plus justifiée maintenant par l'existence d'autant de puits; car je n'en ai vu qu'un seul au-dessus de la source; il est creusé sur une plate-forme rocheuse que couronne la koubba, à moitié détruite, d'un santon.

A midi trente-cinq minutes, nous traversons le village d'Oulad-Madjed. Il est situé sur un monticule. Une partie de ses maisons sont démolies. Il est dominé par une haute tour carrée appelée Semah (le clocher). Construite en briques , elle parait plus ancienne que la galerie voûtée qui la surmonte.

De riches jardins, qui font suite à ceux de Griz, appartiennent à ce village.

A midi quarante minutes, nous rencontrons un autre hameau du nom de Zeurgan ou Zergan.

A midi cinquante minutes, en continuant à marcher toujours à travers une forêt de palmiers, nous arrivons à Zaouïetel-Arab, village divisé en deux parties distinctes.

Page 1