‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 150 sur 268 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

A une heure, nous atteignons Deguche. C'est un bourg assez important qui forme avec les villages que j'ai cités précédemment, à savoir : Cédéda, Griz, Oulad-Madjcd, Zeurgan et Zaouïet-cl-Arab , Je district d'Oudiane, qui est sous le commandement d'un kaïd particulier. Celui-ci réside ordinairement a Degache. La plupart des maisons de ce bourg sont construites en briques; car les pierres étant rares dans cette localité et le tuf des collines sur lesquelles Degaclie est situé étant extrêmement friable, les habitants suppléent à ce manque de matériaux compactes et durables pur des briques cuites au four ou même simplement séchées au soleil. Ils savent dans leurs constructions les agencer extérieurement avec une certaine symétrie qui n'est pas toujours dépourvue d'élégance et qui témoigne de leur part d'une sorte de goût artistique qu'on ne s'attendrait point à trouver parmi eux.

Les jardins de Degache sont fertilisés par un oued qui serpente à travers d'admirables plantations de palmiers, d'oliviers, d'amandiers et de figuiers.

A une heure trente minutes, nous avons fini de les traverser, et nous entrons alors dans un véritable désert où aucune végétation, à l'exception de quelques touffes d'herbes sauvages, ne perce la surface du sable épais qui le recouvre. Vers deux heures, le vent, qui soufflait depuis le matin avec, force, prend une intensité extraordinaire, et une furieuse tempête soulève autour de nous des tourbillons qui nous enveloppent de toutes parts. Ces tourbillons nous fouettent le visage avec une telle violence que nous sommes contraints, pour n'en être pas meurtris, de nous voiler presque complètement la face. Courbés en avant sur le cou de nos chevaux et cramponnés à notre selle, nous avons sans cesse à résister à des rafales nouvelles qui menacent de nous renverser en arrière. Nos pauvres bêtes, malgré l'éperon qui les aiguillonne et qui déchire leurs flancs, ne savent comment se frayer une route à travers les vagues de sable qui tournoient

devant elles et qui, projetant continuellement dans leurs yeux et dans leurs naseaux une poussière brûlante, les harcèlent et les irritent.

A trois heures trente minutes enfin, nous parvenons, non sans peine, à la ville et à l'oasis de Tozer.

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