‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 15 sur 268 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

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MAXIMVS, ligne 2, est probablement une erreur que j'ai commise, comme me l'a fait observer M. L. Renier; lisez plutôt MAXIMINVS.

Le bey possède dans l'intérieur de la ville un palais appelé Dar-el-Bey (la maison du bey). Ce palais, qui ne mérite guère un pareil nom, extérieurement du moins, ressemble à une grande caserne. Il renferme plusieurs salles richement meublées; on y admire aussi l'élégance de quelques plafonds, que décorent de gracieuses arabesques, dont les capricieux détails semblent se jouer agréablement du regard. Bâti par Hamoudah-Pacha il y a une cinquantaine d'années, il n'est presque jamais habité par le bey ; il est réservé d'ordinaire aux personnages de distinction que la politique ou une simple curiosité attire de temps à autre à Tunis. C'est

ainsi, par exemple, qu'il a servi de résidence à la reine Caroline, femme de Georges IV, quand elle vint visiter cette ville; pins tard, en 1845 et en 1846, il reçut tour à tour comme hôtes momentanés le duc de Montpensier, le prince de Joinville et le duc d'Aumalc.

L'édifice que les Français nomment l'hôtel de la Municipalité offre encore dans son délahrement actuel des restes intéressants de son ancienne splendeur; on s'occupe maintenant à réparer cette helle demeure, qui commençait à tomher en ruine. Les plafonds en sont ornés de jolies arahesques.

La kashah ou citadelle est située à l'extrémité la plus élevée de la ville. C'est un vaste château de forme rectangulaire et entouré de hautes murailles crénelées, dont le revêtement extérieur est très-dégradé. Il est fort mal entretenu et armé seulement de dix à douze pièces de canon reposant lourdement sur de vieux affûts. L'ancien palais des deys qui résidaient dans son enceinte a été rasé. On y remarque une mosquée qui remonte, dit-on, à Yahya, surnommé Ahou- Zakarya , premier du nom , et date de l'année 630 de l'hégire ou 123*2 de l'ère chrétienne.

Lorsqu'en 1535 Charles-Quint vint mettre le siège devant Tunis , Khayr-ed-l)in , alors maître de cette ville, enferma dans la kasbah les vingt mille esclaves chrétiens que ses excursions sur les côtes de la Méditerranée avaient mis entre ses mains; mais, pendant que sorti de la place avec son armée il livrait bataille dans les plaines voisines à son redoutable adversaire, ces esclaves brisèrent leurs liens, s'emparèrent de la ville et en ouvrirent les portes à Charles-Quint.

Une fois en possession de Tunis, les Espagnols agrandirent la forteresse , et c'est à eux que l'on attribue l'aqueduc qui existe encore et qui l'alimente d'eau.

Ce même château fut depuis le théâtre principal de toutes les révolutions successives qui agitèrent tour à tour le trône

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