CHAPITRE VINGT-HUITIÈME
Description des oasis de Tozer, jadis Thusuros, de Nefla, l'antique Aj-garsel-Nente, et d'El-Ilamma.
Le khalife de Tozer nous offre l'hospitalité dans une maison particulière, inhabitée en ce moment. Je venais à peine de m'y installer que je reçois la visite d'un jeune Français arrivé la veille dans cette oasis; c'est celle de M. Henri Duveyrier, que j'avais connu à Paris et que je suis fort heureux de revoir dans le Djerid tunisien. A peine âgé de vingt-quatre ans, M. Duveyrier, après de sérieuses études et notamment celle de l'arabe, rayonne déjà depuis un an et demi à travers les mystérieuses profondeurs du Sahara. Il le parcourt d'oasis en oasis, déguisé en Arabe, afin de pouvoir, sous ce costume, circuler plus facilement au milieu des diverses populations musulmanes qu'il visite tour à tour. Hardi et entreprenant, passionné pour les explorations aventureuses, et jaloux, lui aussi, d'ajouter son nom à la liste des voyageurs célèbres qui ont le plus contribué à étendre le domaine de la géographie, de la cosmographie et de l'ethnologie, il est plus que personne propre à mener à bonne fin les recherches qu'il poursuit avec autant de science que de courage. Nous nous serrons avec joie la main, et nous oublions bientôt dans l'épanchement d'un mutuel entretien nos fatigues passées.
Pendant que nous conversons ensemble, survient Mohammed-ben-Rebah , agent consulaire de France. Il a été placé