CHAPITRE VIISGT-IUITIÈME
4 avril.
L'oasis d'El-Hamma se compose de quatre villages, qui sont :
1° Lemlat.
2* El-IIeureg, qucj'ai entendu prononcer également Leurg. 3° El-Mahreb.
•4° Es-Saïba.
Ces quatre villages sont administrés chacun par un schcik particulier; réunis, ils renferment une population de deux mille âmes. Le plus considérable est celui de Lemlat.
Près de ce village, sur le bord d'un oued, s'élève un sanctuaire musulman consacré à Sidi-llakat. Ce santon a communiqué son nom et, suivant les indigènes, des propriétés merv eilleuses à une source d'eaux minérales à côté de laquelle sa chapelle a été construite. Cette source coule dans deux bassins antiques voisins l'un de l'autre, le premier oblong et en partie détruit, le second carré et encore intact. Bâtis tous deux avec de belles pierres de taille, ils remontent à l'époque romaine. Les Arabes de la localité continuent à se baigner dans le dernier; ils l'ont environné d'une cabane faite avec des poutres et des branches de palmier entrelacées. L'eau de cette source est légèrement sulfureuse ; sa température est d'environ 3G degrés centigrades.
Six autres sources fertilisent cette oasis, a savoir :
1° Aïn-Sidi-Hafei : elle se répand dans un petit bassin entouré de quelques troncs de palmiers, où l'on prend également des bains.
2° Aïn-Sidi-Ibrahim-Khelil.
3° Aïn-Mabrouka (la source bénie).
V Aïn-Aïoun-es-Souani (la source des sources des jardins).
5° Aïn-Aïoun-Shrira-m'ta-es-Souani (la petite source des sources des jardins) .
J'ai oublie le nom de la sixième.
Toutes ces sources sont plus ou moins chaudes. Les palmiers qui croissent dans cette oasis occupent une grande vallée environnée ou plutôt assiégée par des dunes de sable toujours prêtes à s'avancer et que l'homme a sans cesse à repousser.