CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME
noms qui existe entre Feriana et Feraditana, ce savant Anglais émet l'idée qu'il ne faudrait pas clierclier ailleurs l'une, des villes épiscopales appelées, la première, Feraditana Major, et la seconde, Feraditana Minor, dont il est fait mention dans la Notice des sièges épiscopaux de la Byzacène. Dans ce cas, ce serait à El-Kis probablement, village voisin de Feriana et couvert de ruines, qu'il faudrait placer l'une ou l'autre de ces deux Feraditana.
De retour à Feriana, je vais examiner, à dix minutes au sud du village, un quartier de roeber assez considérable qui s'élève là solitaire, et que les indigènes appellent lludjar- Souda (la pierre noire). Ce bloc énorme a en effet cette dernière couleur et semble avoir été calciné par le feu. Il offre les mêmes caractères , mais dans des proportions plus gigantesques, qu'une autre Hadjar-Souda qui m'avait été montrée dans le Djerid, près de l'oasis d'El-Hamma. Peut-être faut-il voir dans ces blocs des aérolitbes; ils sont de la part des indigènes l'objet de fables singulières.
En continuant à marcher dans la direction du sud, je franchis un oued appelé Oued-el-Mendjonr. Sur ses bords, on me fait remarquer d'anciens tombeaux qui sont tous violés; puis, gravissant vers l'ouest les flancs rocheux d'une montagne jadis exploitée comme carrière et faisant partie d'une chaîne connue sous le nom de Djebel -Feriana, je pénètre dans une galerie souterraine à laquelle les habitants de la contrée rattachent des souvenirs romanesques, et qu'ils appellent Ghorfah-bent-er-Iloumia (la cachette de la fille de la chrétienne).
Mes guides me conduisent ensuite au fond d'un ravin sauvage, situé sur le versant opposé de cette montagne, et qu'ils nomment Chaba-ct-Tahouna (le ravin du moulin). Il tire cette dénomination d'une fissure naturelle fort étroite qu'on y voit dans le roc. En posant l'oreille à l'ouverture de ce trou, on entend un bruissement continu, dû au vent qui se
dégage pnr cette issue. Les indigènes, amis du merveilleux , comme le sont tous les Arabes, prétendent que ce bruit est celui d'un moulin mystérieux caché dans le sein même de la montagne, et qui , par le mouvement de ses ailes, produit ce murmure. On me montre près de là l'endroit où , deux jours auparavant, un âne a été dévoré par un lion. Kn général, les lions ne sont pas rares dans toute la chaîne des montagnes de Feriana.
Le coucher du soleil nous ramène à ce village.