‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 237 sur 268 · CHAPITRE QUARANTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTIEME

serve est un ancien mausolée romain qui semble avoir été agrandi à une époque postérieure. J'y remarque une croix grecque sculptée sur un bloc, ce qui me porterait à croire qu'à l'époque chrétienne et peut-être byzantine, ce mausolée a été transformé en sanctuaire chrétien.

A deux heures trente minutes de l'après-midi, nous nous remettons en marche dans la direction du nord.

A quatre heures quinze minutes, nous cherchons un refuge pour la nuit dans un douar de la tribu des Oulad-Omran. Cette tribu passe pour être très-pillarde et jouit d'un assez mauvais renom dans la Régence. Néanmoins, le scheik de ce douar important me fait un excellent accueil, et un homme de chaque tente est convoqué à un grand festin arabe qu'il donne en mon honneur. Plusieurs des convives racontent avec orgueil différentes razzias auxquelles ils ont pris part contre des tribus voisines.

i ,r mai.

A cinq heures trente minutes du matin, nous quittons ce douar et nous continuons à marcher dans la direction du nord.

A six heures trente minutes , nous rencontrons l'Henchiret-Tagga, consistant en quelques blocs debout ou renversés confusément; ce sont peut-être les débris d'un ancien poste militaire.

A six heures quarante-cinq minutes, un autre henchir, appelé Frena, me parait également avoir eu la même destination.

A sept heures trente minutes, nous passons au pied d'un bordj carré, du nom de Kasr-Tlili. Situé sur une colline rocheuse, il mesure treize pas sur chaque face; il est de fondation romaine ou peut-être byzantine. Les vestiges de plusieurs petites constructions l'environnent; là est un cimetière où cinq douars des Oulad-Omran enterrent leurs morts.'

3îH VOYAGK EN TUNISIE.

A sept heures trente-deux minutes, nous laissons à notre droite riiencliir Oulad-Arif. On y observe sur une colline les restes d'une enceinte bâtie avec des blocs rectangulaires de grundes dimensions et longue de cinquante pas sur cinq seulement de large.

A huit heures cinquante minutes, nous faisons halte quelques instants à l'hcnchir Oulad-Ithaoui , amas assez étendu «le gros blocs rectangulaires, dispersés sur deux collines que sépare un oued du même nom. Cet henchir est également appelé El-Bouager.

A onze heures vingt-cinq minutes, je jette un coup d'œil, chemin faisant, sur l'henchir Maharga, qui ne m'offre rien à signaler; il occupe le sommet d'une colline.

A deux heures, nous parvenons à la même smala des Madjer qui nous avait déjà offert l'hospitalité le 24 avril. Le khalife m'invite de nouveau à me reposer sous sa tente jusqu'au lendemain matin.

2 mai.

Départ a six heures dix minutes du matin ; notre direction est celle du nord-nord-esl. Nous franchissons successivement trois collines, puis nous entrons dans le Sraa-Ouartan , district très-fertile, où nous traversons de beaux champs de blé et d'orge qui nous rappellent que l'Afrique carthaginoise était autrefois l'un des principaux greniers de Rome.

A neuf heures quinze minutes, nous faisons halte sur l'emplacement de ruines étendues, uppelées Henchir-Dougga.

J'examine d'abord une enceinte longue de quatre-vingts pas et large de soixante-dix; elle était jadis flanquée d'une petite tour carrée il chaque angle. Construite avec de gros blocs rectangulaires qui paraissent enlevés à des monuments plus anciens, elle ne remonte pas probablement au delà de l'époque byzantine. L'intérieur en est rempli de décombres êt de hautes herbes.

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