CHAPITRE QUARANTIÈME. 3Î
A quelque distance de là, une autre enceinte rectangulaire, ayant vingt et un pas de long sur treize de large, renferme cinq fûts de colonnes, dont deux en marbre blanc et trois en pierre. Les Arabes désignent cet édifice sous le nom de Djaraa-Sidi-Okbah ; mais la régularité des puissantes assises de cette enceinte semble prouver qu'elle est antérieure à l'époque musulmane; peut-être, dans le principe, était-elle un temple païen, transformé plus tard en église chrétienne, puis enfin en mosquée, consacrée à Sidi-Okhah. J'y copie sur un cippe en forme de piédestal, qu'ornent sur trois faces des figures mutilées, l'inscription suivante :
D - M - S L- IVLIVS KASTVS PIVSVI XIT- ANN I S XX I
(Estampage.)
A côté de cette épitaphe en est gravée une seconde sur la même face du cippe; elle est aujourd'hui aux trois quarts effacée.
Au bas du monticule sur lequel cet édifice avait été élevé gisent d'énormes blocs rectangulaires; deux sont marqués des caractères que voici :
ECVNIA PVBLICA EX . . VC
. . NOEV
Les caractères, sur ces deux blocs, ont lu même forme et la même hauteur, c'est-à-dire vingt-six centimètres.
Entre les deux enceintes dont je viens de parler, plusieurs fûts de colonnes, mêlés à beaucoup d'autres débris, sont renversés sur le sol. Malaspina me signale un long bloc à moitié enfoui et qu'il déterre; j'y lis :
AVGFORVM
Les caractères ont vingt-six centimètres de hauteur; la première partie de la lettre M est seule visible.
Dans les champs cultivés uni avoisinent ces ruines, les traces de trois ou quatre autres enceintes, bâties de même jadis avec des blocs considérables, attirent ensuite mou attention.
Cet bencbir, et par son nom et par sa situation , me parait répondre il l'ancienne Tucca Terehinthinn , identifiée, it tort selon moi, par quelques voyageurs, avec l'henchir Makter. En effet, le nom de Dougga n'est-il pas d'abord une pure altération de celui de Tucca? Puis la position de cet henchir, qui se trouve à XV milles romains au sud de Zanfour, l'antique Assuras, et à XXV au nord de Sbiba, jadis Sufibus, est identique à celle de Tucca Terebintbina, marquée dans l'Itinéraire d'Antonio à XV milles au sud d'Assuras et à XXV au nord de Sufibus. Il est vrai que, dans deux autres passages de ce même Itinéraire, l'intervalle qui sépare Tucca Terebintbina d'Assuras est réduit à XII milles; mais c'est évidemment une erreur de copiste, car aucune ruine de (juelque importance n'existe à XII milles au sud de Zanfour (Assuras), tandis que Dougga, XV milles au sud de l'henchir précédent, offre les vestiges d'une ville antique.
Il faut bien distinguer celte localité d'une autre qui est située plus au nord, près de Teboursouk. Ce second henchir,