‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 27 sur 268 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

à ne laisser voir dans sa personne que la nation à laquelle on appartient et jamais le chrétien, ceux-là, qu'ils me permettent de le leur dire, connaissent mal les mahométans. Les mahométans, il est vrai, en tant que sectateurs du Coran, sont ennemis de l'Evangile, mais ils ne comprennent pas qu'on ne soit ni pour l'une ni pour l'autre dé ces deux doctrines, et que si on n'est point le disciple de Mahomet, on ne soit pas non plus celui du Christ. Un homme sans religion leur parait un être incomplet, et un pavillon qui ne représente pas à la fois un symbole religieux et politique peut leur inspirer de la crainte quand il est celui d'une nation puissante, mais il ne leur inspire pas le même respect que celui qui porte cette double devise. Après avoir parcouru une grande partie de l'empire ottoman, et étudié sur les lieux mêmes l'histoire des divers peuples qui le composent, je me suis convaincu qu'auprès des races musulmanes la politique des nations chrétiennes s'amoindrit singulièrement, toutes les fois qu'elle se dépouille du caractère religieux dont on s'attend à la voir entourée et qui la relève aux yeux des masses.

Pour en revenir à la chapelle de Saint-Louis de Carthage, elle est environnée d'un bosquet dont les arbres, alignés en plusieurs allées, commencent déjà à répandre une ombre agréable. Ils rappellent involontairement à l'esprit le bois sacré placé par les poètes autour du palais de Didon , dont M. Beulé a cm retrouver quelques débris sur ce même plateau de Byrsa.

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Ce jardin est orné de divers restes d'antiquité disposés çà et là, et qui ont été trouvés soit à Carthage, soit en

« Silius Italicus, Punica, liv. I, v. 81

d'autres points de la Régence. Ces restes consistent en fragments de statues, de moulures, de colonnes, de basreliefs mutilés, etc.

A droite et à gauche de la porte d'entrée régnent deux petits corps de bâtiment, dont l'nn servait de logement à l'aumônier de la chapelle, et l'autre est habité par le concierge, qui garde seul cet enclos abandonné. Sous les galeries qui avoisinent ces bâtiments, on a incrusté dans les parois des murs un grand nombre de débris antiques formant, par leur assemblage un peu confus, une sorte de mosaïque très-bigarrée, mais qui ne manque pas d'intérêt pour l'archéologue.

J'y ai recueilli les inscriptions ou fragments d'inscriptions que voici :

Sur une pierre tumulaire brisée :

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