‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 33 sur 268 · CHAPITRE TROISIÈME. Gl · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. Gl

Il ne reste aujourd'hui de ce temple que quelques rares débris, à l'endroit marqué dans le plan de Falbe au n° 58.

Un autre temple qui , dans le même plan , est signalé au n° 70, au nord-est du précédent, est le mieux conservé de tous ceux qui existaient à Cartilage. Sa forme est ronde. Il a 26 mètres G3 de diamètre; à l'intérieur douze piliers carrés en soutenaient le toit. Les murs en blocage étaient autrefois revêtus de marbre cipollin. M. Beulé 1 pense que ce pouvait être le sanctuaire de Cérès et de Proserpine dont il est fait mention dans Diodore de Sicile.

Les temples païens de Cartilage, quand le christianisme finit par dominer complètement dans cette ville, furent les uns détruits, les autres consacrés au culte nouveau; un certain nombre de basiliques y furent également construites, et quelques-unes avec une grande magnificence. La liste à peu près complète s'en trouve dans les lignes suivantes de M. Dureau de la Malle* :

• Nous connaissons à Carthage, dit-il, vingt et un monuments de ce genre : la basilique de Tertullien, l'église Perpétua Restituta, la basilique de Faustus, celle de Saint-Agilée, la basilique nommée Majorum, la basilique des Martyrs Scillitains, celle de Célerine, la basilique appelée Novuruni, celle de Gratien, la basilique Théodosienne, Honorienne, Théoprépienne, la basilique nommée Tricillarum, la basilique de la Seconde Région et la basilique de Saint- Paul dans la sixième. Justin ien bâtit encore deux églises , celle de la Vierge

dans le palais, et celle de Sainte-Prime hors du palais

Deux autres avaient été élevées hors de la ville en l'honneur de saint Cyprien , l'une dans le lieu où il avait subi le martyre, la seconde dans la rue des Mappales, où son corps fut enseveli. »

» Fouilles à Carthage, p. 4*. ' » Topographie de Carthage, p. Î14.

Un passage du poète latin Félix 1 nous parle de trois monuments élevés par le roi vandale Thrasamond , et d'abord d'une basilique :

Hic quoquc, post sacrant mentis nltaribus sdem Egregia*que aidas, rpia* grato erexit amore, Condidit ingénies propriu sub nuiniuc Thcrinas.

Ces divers édifices de l'époque chrétienne n'ont pas été plus respectés par les vainqueurs que les temples antiques, et il serait assez difficile maintenant, pour ne pas dire impossible, d'en retrouver et d'en signaler l'emplacement certain. Il est deux de ces basiliques, néanmoins, qui ont laissé sur le sol des vestiges assez considérables, principalement celle qui passe pour être la basilique de Thrasamond. Elle avoisine, près de la mer, le fort connu sous le nom de Bordj-Djedid , et elle a été fouillée, il y a quelques années, par le consul général anglais, sir Thomas llead, qui a fait, dit-on , transporter en Angleterre les belles colonnes de marbre veiné qu'il y a trouvées. Depuis, cette même ruine a servi et sert encore maintenant de carrière, et d'autres ruts de colonnes ont été déterrés pour être transportés à Tunis ou ailleurs. C'est ainsi que peu à peu disparaissent de siècle en siècle, d'année en année, pour ne pas dire de jour en jour, les débris jadis si gigantesques de Cartilage. Ces débris qui frappèrent tant d'admiration El-Bekri et Edrisi, à une époque où les monuments auxquels ils appartenaient étaient encore en partie debout, sont incessamment enlevés et dispersés, et le vovagetir qui parcourt l'emplacement de cette grande cité peut aujourd'hui avec plus de raison encore qu'autrefois le Tasse, répéter ces deux vers de sa Jérusalem délivrée (chant XV, stance 20) :

Giace l'aha Carlago; appena i segni Dell' ahc suc ruine il lîdo seiba.

• Anlholog. vct. Latinor., III, p. 479-443, edit. Burin.

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