‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 36 sur 268 · CHAPITRE TROISIÈME. G · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. G

à peu ont envahi une puilie du bassin. Ce périmètre était dans le priucipe de 333 mètres, et le diamètre de 130.

Le quai avait 9 mètres 35 de largeur. Au nord, une petite jetée , coupée à son milieu par une ouverture transversale de 4 mètres 55 de large, qui livrait sous un pont passage aux barques, reliait l'îlot à la terre ferme. Les fondations du pavillon de l'amiral lurent ensuite reconnues en partie par M. Beulé; les murs avaient 1 mètre 27 d'épaisseur, et étaient formés de gros blocs rectangulaires appareillés ensemble sans ciment.

L'île étudiée, M. Beulé explora les quais opposés, et les recherches qu'il entreprit l'amenèrent aux résultats suivants :

L'ensemble du port militaire ou du Cothon, dans sa grandeur primitive, avait un diamètre de 325 mètres et un périmètre de 1,021 mètres. La surface totale présentait 82,957 mètres carrés, dont 7-4,133 mètres carrés occupés par l'eau, et le reste par l'îlot central. Les cales où les galères étaient retirées ont disparu; néanmoins, quelques arrachements de murs furent pour M. Beulé une indication précieuse qui lui révéla que chaque cale, y compris le mur qui l'isolait de la cale voisine, occupait une largeur de 5 mètres 90. En donnant au mur 30 centimètres d'épaisseur, on voit que l'espace libre n'était que de 5 mètres 50 d'épaisseur. Ces cales étaient ornées de colonnes, lesquelles, à en juger par deux fragments, étaient engagées dans la tête du mur qui séparait chaque loge de galère.

Le goulet intérieur qui unissait le port rond ou militaire au port rectangulaire ou marchand, était complètement enterré.

M. Beulé s'assura par des fouilles qu'il avait 23 mètres environ de largeur. Il reconnut ensuite que le port marchand avait 456 mètres de long sur 325 de large, ou 148,200 mètres carrés. La largeur totale du quai , établi sur deux murs parallèles, était de 4 mètres 53.. Quant au goulet extérieur,

tel qu'il a été retrouvé par M. Beulé, il n'avait que 5 mètres 65 de large. Cette largeur si restreinte prouve à elle seule (pie ce n'est point là l'ouverture primitive, qui , d'après Appien, était large de 70 pieds, mais bien une ouverture postérieure datant soit de l'époque romaine, soit même de l'époque byzantine. Elle prouve aussi la petitesse des vaisseaux de l'antiquité , petitesse démontrée également par celle des cales du port militaire, lesquelles ne pouvaient pas contenir des bâtiments qui auraient eu en largeur plus de 5 mètres 50 hors bordage.

Pour de plus amples détails au sujet des ports de Carthage, je renvoie le lecteur au savant Mémoire de M. Beulé; il devra de même consulter cet ouvrage s'il désire avoir sur l'antique nécropole de cette ville des renseignements moins incomplets que ceux que je vais fournir ici en finissant.

Dans la même enceinte que la cité des savants, et protégée comme celle-ci par la grande muraille fortifiée qui coupait dans toute sa largeur l'isthme de Carthage, s'étendait, au nord, sur les pentes de la colline calcaire connue aujourd'hui sous le nom de Djebel-Khaoui , la cité des morts, dont l'immensité répondait à celle de la première.

Les flancs de cette colline recèlent en effet une quantité innombrable de caves sépulcrales creusées dans un roc tendre, sur un plan à peu près identique, et qui rappelle celui des tombeaux de la Palestine et de la Phénicie. Elles consistent d'ordinaire dans une chambre rectangulaire, dans les parois de laquelle sont évidés des trous assez profonds pour contenir un cadavre étendu. Se ressemblant toutes pour la forme, elles sont seulement plus ou moins vastes et ornées, selon qu'elles appartenaient à des familles plus ou moins considérables ou opulentes. L'entrée en était fermée par de grandes dalles de pierre qui s'appliquaient hermétiquement sur l'ouverture, et que l'on ne pouvait enlever ou écarter qu'avec difficulté, afin d'assurer davantage l'inviolabilité des

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