CHAPITRE SEPTIÈME. 10J
liers, dont chacun conduit jusqu'au sommet de l'édifice. Il est si large, que la porte d'entrée est ù une grande distance de celle par où l'on sort. »
Ce monument a de même subi une destruction complète. Le docteur Darth 1 pense néanmoins que les ruines connues aujourd'hui sous le nom de Hadjar-Maklouba (la pierre renversée) sont un reste de ce monument.
Ces ruines sont à 900 mètres environ de la porte Bab-el- Gharbi. Là, en effet, on remarque un plateau de forme rectangulaire et long de 200 pas. Il était entouré d'un mur très-solide. Deux énormes masses de maçonnerie composées d'un blocage très-dur, et désignées par les Arabes sous le nom de Hadjar-Maklouba parce qu'elles sont renversées, y attirent l'attention. Elles faisaient sans doute partie de deux tours séparées par une courtine, ce qui me porterait à croire que cette enceinte était celle d'un château destiné à protégée la ville du côté de l'ouest.
De ce même côté, et non loin des ruines que je viens de signaler, on distingue celles de grandes citernes antiques. Ces citernes sont divisées en huit réservoirs parallèles, dont sept existent encore en partie, et le huitième est détniit. Ils ont chacun 110 pas de long sur 8 de large, et sont coupés vers le milieu par des constructions modernes.
Vers l'ouest encore de la ville actuelle, et certainement en dehors de l'enceinte primitive, s'étendait l'ancienne nécropole. Cette nécropole a été fouillée à plusieurs reprises. De nombreuses chambres sépulcrales taillées dans un tuf assez tendre y rappellent, par leurs dispositions intérieures, les caveaux funéraires de la Palestine et de la Phénicie. Ces chambres sont presque toutes bouchées et obstruées. Des fouilles entreprises dernièrement sous la direction de M. Espina ont mis à jour une fort belle tombe de famille ornée
1 Wanderungtn durch die Kilstenlander, etc., p. 153.
d'une mosaïque romaine qui représentait le labyrinthe de Crète et le Minotaure , avec ces mots : « Hic inclusus vitam perdit. »
Ces tombeaux, dont la première origine est sans doute fort ancienne, ont dû, comme la ville elle-même, changer plusieurs fois de possesseurs, et servir peut-être jusqu'à l'époque arabe. Depuis lors, la nécropole musulmane occupe un emplacement différent, au nord et au nord-ouest de la ville. Les tombes en sont tenues avec assez de soin et de temps en temps reblanchies à la chaux; quelques-unes sont construites avec des matériaux antiques.
Dans l'intérieur de la ville, une grande citerne publique qui sert encore aux besoins des habitants passe pour antique. Elle est soutenue par douze piliers surmontés d'arcades plus modernes. D'autres citernes antiques existent sous plusieurs maisons particulières.
Non loin de la porte de la mer, ou Bab-el-Bahr, s'élève en dedans des remparts un château appelé Kasr-er-Ribat. Il est à peu près carré et flanqué de trois tours sur chaque face; elles sont construites, ainsi que les murs qui les relient, avec des blocs très -réguliers qui semblent annoncer une époque antérieure à l'invasion arabe. La tour principale domine les autres d'environ 20 mètres; elle est ronde, et se fait remarquer par l'élégance de ses proportions architecturales.
Ayant obtenu du khalife la permission d'entrer dans ce château, nous ne pûmes néanmoins, M. Espina et moi, pénétrer au delà d'un double vestibule orné de quelques colonnes de granit que surmonte un chapiteau corinthien, d'origine byzantine probablement. Au delà, en effet, commence une enceinte sacrée qu'il ne nous a pas été donné de franchir.
El-Bekri fait mention de cette vaste construction dans le passage qui suit :