CHAPITRE NEUVIÈME
Ailleurs, les ruines d'un édifice très-considérable ont attiré mon attention ; elles sont désignées par les Arabes sous le nom de Heufra-m'ta-Sedjen (le fossé de la prison). En réalité, c'était jadis un amphithéâtre. Il avait trois cent quarante pas de tour; l'arène mesurait cinquante pas de long sur trente-deux de large. Les galeries sont complètement détruites.
A quelque distance de là, une autre grande construction jonche de ses débris le sommet d'un monticule; les Arabes l'appellent El-Kasr (le château). Cet édifice a pu effectivement, par sa position élevée et par la solidité de sa masse, servir à protéger la ville.
Au sud de l'emplacement de cette antique cité est un petit village appelé Lemta, et dont le nom rappelle celui de Leptis. Il renferme cinq cents habitants. On y voit les ruines d'un château connu sous la dénomination de Kasr-Sultan-ben- Aghlab. Il consiste en une enceinte rectangulaire bâtie avec des blocs d'un assez puissant appareil et flanquée aux angles de petites tours rondes. En me dirigeant vers ce village , je rencontre, gisante dans un champ, une belle statue de marbre blanc mutilée : la téte, les bras et les jambes manquent. Elle représente un guerrier romain : la poitrine est recouverte d'une cuirasse parfaitement sculptée, sur le devant de laquelle sont figurés deux griffons; au-dessous de la poitrine est un ceinturon qu'ornent des têtes d'hommes et d'oiseaux mêlées ensemble.
VOYAGE EN TUMSIE.