‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 74 sur 268 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Description tic la ville île Mahédia.

Le khalife de Mahédia m'avait offert l'hospitalité à Darel-Bey, et je commençais à m 'installer dans la chambre qu'il m'avait donnée, lorsque je vois arriver M. Lumbroso, frère de l'un des médecins du bey et agent consulaire de Naples, qui

» Plin., v, 4.

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me prie à plusieurs reprises d'accepter dans sa propre maison un logement plus confortable. Dans la crainte de désobliger mon premier hôte, je refuse d'abord; mais ensuite, vaincu par les instances réitérées et amicales qui me sont faites, je suis M. Lumhroso dans son élégante demeure, qu'il a intérieurement meublée à l'européenne.

M. Portclli, agent consulaire anglais et qui, depuis la mort de M. Arnaud, remplit en même temps les fonctions d'agent consulaire français, arrive bientôt pour me voir chez M. Lumhroso. Après quelques minutes de repos et d'entretien préliminaire, je sors avec ces deux messieurs afin d'aller jeter sur l'ensemble de la ville un premier coup d'oeil; nous nous dirigeons d'abord vers la kasbah.

Cette forteresse, de forme à peu près carrée, est située sur le point culminant de la presqu'île qu'occupe Mahédia. Elle est dans un état complet de dégradation. Ses canons, entièrement rouillés, reposent à terre ou sur des affûts vermoulus. Du haut de sa plate-forme, le regard embrasse toute la presqu'île et par conséquent toute la ville, dont l'étendue fut, dès le principe, délimitée par cette langue de terre; celle-ci s'avance dans la mer de l'ouest à l'est et peut avoir A kilomètres de pourtour : l'isthme qui la rattache au continent a environ 700 mètres de large. Cet isthme était, dit-on, coupe autrefois par un canal qui faisait communiquer ensemble les deux baies de Dimas et de Mahédia. M. Portelli m'a assuré qu'il y a peu d'années, quand on jeta les fondements de la zaouïa Sidi-scheik-Emtir à l'entrée du rebat ou faubourg, il avait lui-même observé les traces d'un long mur qu'il regardait comme celui qui bordait l'un des côtés de ce canal, creusé jadis par la main de l'homme.

Le soleil se coucha tandis que nous nous promenions encore sur les terrasses de la kasbah et que je tâchais de saisir la physionomie générale de la ville. Cette ville, autrefois si importante et si vantée par les auteurs arabes, est

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