‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 77 sur 268 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Mnrmol 1 nous donne sur cotte ville des détails précis et intéressants, mais il se trompe en l'identifiant avec Hadrumetum, puisque c'est à Sousa qu'il faut, sans aucun doute, placer cette capitule de la Byzacène. Quelle est donc la cité antique à laquelle a succédé la moderne Mahédia? Show*, réfuta nt l'opinion de de Thou qui voyait là Aphrodisium, ajoute :

« Cet endroit (Sallecto), ou bien El-Médéa, doit avoir été le château ou la maison de campagne où l'on dit qu'Annibal s'embanpia après s'être enfui de Carthage. »

Voici le passage de Tite-Live * qui a suggéré cette conjecture au savant voyageur anglais :

« Ou n m equi, quo in loco jussi erant, pro*sto fuissent, nocte via cita regionem quamdam agri Vocani transgressus (Hannibal), postera die mane inter Acillam et Thapsum ad suam Turrim pervenit. Ibi eum parata instructaque remigio excepit navis.... Ko die in Circinam insulam trajecit. »

El-Mahédia est effectivement située au sud de Thapsus et au nord d'Acilla.

• Sir Grenville Temple* et M. Pellissier* ont adopté sans réserve l'opinion de Shaw. M. Barth fl , au contraire, incline vers celle du comte Castiglioni, qui, se fondant sur une ressemblance de nom entre Zouïla , le principal faubourg d'El-Mahédia, et la ville antique de Zella, mentionnée par Strnbon 7 comme ayant beaucoup souffert pendant la guerre de César en Afrique, pense (pie cette dernière ville a été remplacée par celle qui fut bâtie par l'imam El-Mahdi. Pendant que de la kasbah d'El-Mahédia j'examinais cette

1 Afrique de Ma r mol, trad. «le Perrot d'Ablanrourt, t. H, p. 502.

* Voyages de Shaw, t. I* r , p. 2W (trad. française). 3 Tite-Live,!. XXXIII, r. 74.

* Excursion* in the Afediterraneatt , t. I er , p. 1-J7. 6 Dftcriplioii de la Ite't/eitcc de Tutti*, p. 236.

* Wanderuntjrn durcit die Ktlstenlattdcr des Mittelmeers , p. 164.

1 XVII, p. 575.

cité, dont MM. Lumbroso et Portelli me désignaient les principaux points et les édifices encore debout; pendant qu'aussi je repassais dans mon esprit les divers souvenirs que l'histoire a attachés à son nom et à ses ruines, le soleil, qui venait de disparaître à l'horizon , nous força à la retraite, et nous rentrâmes chez M. Lumbroso, remettant au lendemain une exploration attentive et détaillée.

16 et 17 février.

Je commence par visiter la paroisse catholique. C'est une humble et pauvre chapelle renfermée dans l'enceinte d'une petite maison particulière. Elle est desservie depuis quatre années par le R. P. Félix de Ferrare, moine capucin, et elle a été fondée elle-même il y a neuf ans. La population catholique de la ville, en y comprenant trois familles de Moukenine, bourg éloigné de vingt kilomètres vers le nord-ouest, se monte à cent quatre-vingts personnes et consiste en Maltais, en Italiens et en quelques Français.

A neuf heures du matin, je pars avec M. Lumbroso, M. Portelli et le R. P. Félix pour aller examiner les ruines de Bordj-Arif, situées à quatre kilomètres à l'ouest de Mahédia. Nous traversons d'abord le quartier appelé simplement El-Rebat, c'est-à-dire le faubourg, et ensuite la localité désignée sous le nom de Zouïla, dont j'ai déjà parlé, et qui jadis avait toute l'importance d'une ville. J'y remarque un grand nombre de jardins, séparés les uns des autres par des haies de cactus. Au milieu de ces jardins, et principalement à droite et à gauche de la route, règne une suite de maisons dont les trois quarts tombent en ruines.

Au bout de quarante minutes de marche à cheval, nous arrivons à une colline tufeuse qui a été autrefois exploitée comme carrière. Elle est excavée intérieurement. On y pénètre par une ouverture qui donne entrée dans une galerie

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