CHAPITRE TREIZIÈME
Chcba. — lla*-Capotidiab , jadis fopni-Yada. — Emplacement d«i camp de Héli&iirc et de Jnslinianopoli*. — Emplacement présumé de llmpao. — Meloiilëche. — Ka*r-f!i(;el. — Azèqne. — Djcbcliana. — Incbilla, probablement l'ancienne U*illa Arrivée à Sfax.
A onze heures quinze minutes, nous remontons à cheval et nous continuons à nous avancer il travers une plaine couverte ça et là d'épaisses broussailles.
A midi , j'examine en passant un petit village antique entièrement ruiné, appelé aujourd'hui Khcrl>ct-l}iriu. Des ruines peu importantes jonchent un espace circulaire d'environ six cents pas de tour.
A deux heures, nous arrivons à Chel»a. Les abords de ce village sont plantés d'oliviers et de figuiers gigantesques. Laissant mon bagage en cet endroit et prenant un guide du pays, je pousse une exploration jusqu'au promontoire connu maintenant sous le nom de Ras-Capoudiah , le Caput-Vada de l'antiquité.
A huit cents pas de Cheba, vers l'est, je rencontre quelques débris romains. Plus loin, dans la même direction, d'autres vestiges de constructions untiques et plusieurs citernes attirent mes regards. La pluinc où nous cheminons est cultivée en céréales ou en fèves. Au bout d'une heure de marche, nous parvenons devant une enceinte jadis fortifiée. Elle était environnée d'un mur flanqué aux quatre angles d'une petite tour ronde. Au centre s'élève une grande tour carrée appelée parles Arabes Bordj-Khadidja. Sa hauteur est d'envi ron trentecinq mètres. Elle est flanquée à l'ouest d'une tourelle engagée dans la construction ; la partie inférieure est en talus. On monte dans ce bordj au moyen d'une échelle qui permet d'atteindre le premier étage; puis, un escalier tournant conduit à une plate-forme crénelée et pourvue de mâchicoulis.
J'ai trouvé dans cette tour un poste de six soldats : en cas d'atta<|tic, ils n'auraient qu'à retirer à eux l'échelle mobile dont j'ai parlé.
Procope 1 nous apprend que Bélisaire débarqua en Afrique près du promontoire Caput-Vada, dont le nom, quoique corrompu, se reconnaît facilement dans le llas-Capoudiah des Arabes. La presqu'île que termine ce cap fut aussitôt occupée militairement par le général de .lustinien, qui s'y rctrancha et la coupa par un fossé, afin de la séparer du continent. Il fortifia les deux extrémités de son camp par deux ouvrages avancés dont l'un est l'enceinte où s'élève le Hordj-Kliodidja , et l'autre, situé plus à l'ouest, est une seconde enceinte dont les murs sont complètement détruits.
Quant à la ville de .lustinianopolis, qui remplaça plus tard ce camp, et qui fut fondée pour consacrer le souvenir de l'heureux débarquement et des victoires des troupes impériales, il n'en existe plus que l'emplacement, ses maisons, ses édifices et ses remparts ayant été presque entièrement effacés du sol.
A cinq heures trente minutes, je reviens à Chcba, où je passe la nuit.
Près de ce village était peut-être l'ancienne ville de Ruspae, placée par Ptolémée non loin du promontoire Brachodes (Bp«yw3yj; dfxfis).
Shaw identifie ce dernier promontoire, dont le nom indique qu'il était entouré de bas-fonds, avec le Caput-Vada de Procope, dénomination latine analogue à la précédente, qu'elle ne fait que traduire. Si cette identification est fondée, la ville de Ruspae doit se chercher dans le voisinage de Cheba. Shaw la fixe à Sbiah, où quelques ruines peuvent en effet avoir appartenu à cette antique cité.
Elle est mentionnée dans la Table de Peutinger sous le
I Hell. Fa m/., I, c. 15.