CHAPITRE TREIZIÈME
nom de Ruspe. Dans la Notice des évèchés de la Byzacènc , il est question d'un episcopus Ruspensis.
20 février.
A sept heures trente minutes du matin, nous nous mettons en marche dans la direction du sud-ouest. Le territoire que nous traversons d'abord est fertile en oliviers. Chemin faisant, je remarque un assez grand nombre de citernes et de puits antiques.
A sept heures quarante-cinq minutes, quelques ruines au milieu des broussailles attirent un instant mon attention ; elles sont, du reste, si peu considérables qu'elles ne portent pas de nom particulier.
A huit heures, j'examine en passant les débris d'un kasr ruiné, qui s'appelle Kasr-Fninech.
A huit heures trente minutes, nous rencontrons un second kasr, également renversé, dont mon guide ignore le nom.
A neuf heures, un troisième kasr, dont quelques parties sont encore debout, m'est désigné sous la dénomination de Kasr-Bab-Henian.
A neuf heures quarante-cinq minutes, nous faisons halte quelques instants au village de Meloulèche.
A dix heures quinze minutes, je jette un coup d'oeil sur les débris d'un henchir appelé Kasr-Gigel. Ce kasr, presque entièrement démoli , ne présente plus qu'une enceinte circulaire de quelques centaines de pas de tour. Le mur qui l'enfermait était environné d'un fossé. Au dedans, tout se réduit maintenant à un amas confus de décombres hérissés de broussailles. Au sud, près d'un vieux caroubier, gisent à terre deux tronçons de colonnes antiques en marbre, l'une unie, l'autre cannelée.
Plus loin, un autre kasr détruit et moins important s'appelle Kasr-Fodali.
A deux heures, nous faisons halte au village d'Azèque.
A trois heures trente minutes, nous poursuivons notre route vers le sud-sud-ouest.
A cinq lieures trente-cinq minutes, nous arrivons au village de Djebeliana. Là, j'ai l'heureuse fortune de serrer la main d'un Français, de M. Thomas Mattei, Corse d'origine, qui m'offre pour la nuit, sous son humble mais hospitalière demeure, un abri que j'accepte avec reconnaissance.
Après avoir servi sous l'Empire et parcouru ensuite les mers comme capitaine d'un bâtiment marchand, M. Mattei est venu s'établir en Tunisie, où il habite déjà depuis de longues années. Homme de courage et d'aventures, il a accompagné M. Pel lissier dans la plupart de ses explorations. Habitué à la vie simple et dure des Arabes, il a su acquérir sur eux un grand ascendant. En ce moment, une affaire d'intérêt l'avait attiré à Djebeliana, où il possède des oliviers et une petite maison. (Juand il l'habite par occasion, il devient aussitôt le véritable scheik du village, et sa chambre est trop étroite pour contenir, le soir, les Arabes qui viennent alors s'accroupir en cercle autour de lui.
11 me fournit sur les contrées que j'ai l'intention de parcourir, plusieurs renseignements utiles. J'apprends aussi de sa bouche (pie j'ai laissé de côté sur ma route des ruines importantes; ce sont celles de Iiadria, près du bord de la mer, à deux ou trois kilomètres à l'est du Kasr-Gigel. Je prends note immédiatement de cette précieuse indication, et je ne manquerai pas d'aller avant peu la vérifier sur place.
îl février.
A huit heures du matin, je fais mes adieux à M. Mattei et nous nous mettons en marche.
Cinq kilomètres au sud de Djebeliana est le hameau d'El- Kheriba ; il est situé au milieu de belles plantations d'oliviers. Avant de l'atteindre , nous avions rencontré sur notre route