TOME II
satisfaisante à un de ces trois-la. Jusqu'à présent, on n’a découvert aucune aflinité entre eux, excepté dans leur construction grammaticale qui est un peu singulière. Mais peut-être commettrions-nous une erreur en décidant que ces nations n'avaient pas, dans le principe, une origine commune. Elles ne connaissaient pas l’usage des lettres, par conséquent leurs idiomes étaient sujets à des changemens continuels ; et d’ailleurs ces langues, regardees comme primitives, n'ayant été que depuis peu de temps réduites à ce petit nombre, il ne semble pas improbable que des recherches ultérieures ne les limitent encore davantage.
Ces langues sont l’Iroquois, le Lénapé et le Floridien. La première est la source des dialectes parlés par les six nations dont il a été question plus haut , et par d’autres peuples qui, autrefois, vivaient au nord du fleuve Saint-Laurent. La seconde était celle des Delavares et d’autres Indiens qui occupaient la plus grande partie de l’intérieur des États-Unis: la troisième est celle des Criks et des peuples des États méridionaux, ainsi que de la Floride.
Le Lénapé semble s’être étendu beaucoup plus
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que les deux autres, et, autant que nous pouvons en juger , était plus riche et plus systématique. Sa grammaire est remarquable par sa singularité, et contraire à toute idée que nous pouvons nous former d'avance d’une langue non écrite, parlée par des chasseurs errans. Au lieu de la division des noms en geures, elle ne reconnaît que la division des choses animées et inanimées ; et celte classification passe aussi dans les verbes. Elle à un singulier, un duel et deux pluriels, un particulier et un général, Dans les verbes, la variété des modes et des temps paraît avoir surpassé celle des Grecs ; leurs flexions sont modifiées, non-seulement par des pronoms aflixes et préfixes, comme en hébreu, mais aussi par d’autres qui ont une signification adverbiale et conjonctive. De plus, le verbe se combine avec les noms, les adjectifs et les pré positions, avec une facilité inconnue dans les langues européennes; de sorte qu’une idée très compliquée, qui, dans les idiomes modernes, exigerait une circonlocution, se contracte, en Lénapé, de la manière la plus intellisible, en un seul mot, qui exprime la personne, l’action, le lieu , le temps et la circonstance, Ce trait
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