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caractéristique des langues indiennes, qui se retrouve dans toutes, leur a fait donner, par un écrivain américain , l’épithète très convenable de polysynthétiques.
Ou regarde le dialecte mohäk comme le plus pur de la langue iroquoise, Les cinq autres nations comprennent facilement ce qui est écrit en mohàk , quoique chacune ait un idiome particulier. Il paraît que l’iroquois n’a pas été analysé d’une manière critique comme le Lénapé ; mais, autant qu’on a pu le constater, il lui ressemble par la plupart de ses particularités grammaticales , notamment par celle d’être aussi polysynthétique. Cependant il reconnaît dans les noms la différence du masculin et du féminin.
Le floridien est moins connu que les deux autres langues; et, quant aux dialectes qui se
parlent à ouest du Mississipi , on n’a pas encore
des informations certaines sur leur nature.
Les premiers renseignemens qui nous ont été donnés sur la religion des Indiens sont fabuleux et incomplets. Lorsque les hommes rouges eurent découvert le véritable caractère des étrangers arrivés parmi eux, ils leur donnèrent l’épithète de peuple maudit; et bientôt, comme
d’un consentement unanime, ils refuserent de leur communiquer toute notion qu’il fut en leur pouvoir de cacher. Ils furent surtout jaloux des recherches relatives à leur croyance religieuse , et sur aucun autre point ils ne se montrérent aussi fermement disposés à tromper et à induire en erreur les curieux qui les interrogeaient. Ce ne fut par conséquent que lorsque ci: missionnaires, qui habitérent long-temps parmi eux, eurent acquis complétement leur confiance, qu’ils furent en état de pénétrer leur système religieux , et de déméler les contradictions des premiers voyageurs.
La croyance des Indiens est remarquable par sa simplicité; et rien de ce qui tient à leur caractére ne les élève autant au-dessus des païens de tous les siècles et de tous les pays. La théologie des anciens Égyptiens , même d’après l’aveu des Grecs et des Romains, était remarquable pour son absurdité. Les superstitions de l’'Hindoustan, qui, de nos jours, ont été l’objet de recherches profondes, sont le comble de la barbarie et de l’impureté. Au contraire, les superstitions des pauvres Indiens de Amérique septentrionale qui n'avaient pas d’Alphabet, et qui,
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si nous en croyons quelques raisonneurs , étaient même dépourvus d'idées, se distinguent par un degré de simplicité et d'humanité qui mérite à un haut degré notre admiration.
L'unité de Dieu est reconnue par les Indiens; ils croyent aussi que Dieu est un esprit, et ne peut se représenter par aucun symbole visible ; et ils agissent en conséquence. Sur ces deux points, la religion des Indiens laisse à une distance immense, derrière elle, les doctrines polythéistes de l’antiquité. Ils oflrent leurs prières et leurs adorations au bon Manitou ou grand esprit, qu'ils regardent comme le créateur et le conservateur suprème de l'Univers, auquel tous les êtres animés ou inanimés sont entièrement et perpétuellement sujets :ils le concoivent revêtu de tous les attributs de perfection et de bienveillance qu'ils sont capables de se figurer.
Quoiqu'ils reconnaissent ainsi, à un certain degré, l'unité et la spiritualité de Dieu, ils croient qu’il a confié à plusieurs divinités inférieures le gouvernement des affaires terrestres, et que chaque homme a un esprit ou génie tuté-
laire qui le guide et le protège. Ils adressent à
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ces esprits subalternes une sorte d’adoration inférieure, pour implorer leur protection par des sacrifices; mais, en même temps , ils affirment que le grand esprit est en définitive l’objet de ces pritres et de ces offrandes.
Indépendamment de ces esprits inférieurs, auxquels ils attribuent un caractère bienveillant, ils croyent qu’il en existe une autre classe dont les inclinations et l’influence sont mauvaises. Ils supposent que ces malins esprits ont à leur tête un pouvoir supérieur, qu'ils regardent par manière de prééminence comme le mauvais Manitou. Toutefois ils le considèrent ainsi que ses agens comme entièrement soumis à l’autorité du grand esprit.
Ils joignent à cette croyance un rituel , auquel ils se conformaient jadis avec la plus grande exactitude. Ils avaient des époques de réjouissance et d’actions de grâces publiques, par exemple, aux saisons de la récolte et de la chasse : les vieillards de la tribu y remplissaient les fonctions de prêtres. Ïls avaient aussi un service religieux particulier , auquel le père de famille présidait.
Les Indiens ont aussi parmi eux une classe
d'hommes qu'ils regardent comme des prophètes
ou des devins. Ils supposent que ces gens sont doués de pouvoirs surnaturels, et capables de pronostiquer et même de diriger en partie les événemens futurs. Leur croyance à la puissance de ces jongleurs est peut-être la partie la plus faible de leur caractère. Les discours d’un de ces hommes opèrent si puissamment sur l’esprit des Indiens , qu'ils paralysent complétement son énergie ; et comme plusieurs prophéties ont été accomplies, le mal dont le devin menace est souvent arrivé par la terreur qu'il a occasionée.
Autrefois les Indiens soignaient avec une attention particulière l'éducation de leurs enfans. Dès l’âge le plus tendre, ils leur inculquaient la croyance de la providence toutc-puissante du grand esprit, et leur enseignaient à lui adresser des prières et des actions de grâces. Avant de permettre aux jeunes gens d’aller à la chasse ou à la guerre, on les soumet à une sorte d’initiation. On suppose que, pendant cette cérémonie, le symbole du génie ou de lesprit, sous la direction duquel ils sont placés, se révèle à eux. Cette cérémonie est accompagnée de jeûnes et
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VOYAGE AU CANADA: 199 d'exercices qui durent pendant plusieurs jours ; et il n’est pas surprenant que des idées superstitieuses soient excitées dans leurs esprits durant l’épuisement mental et corporel que produit une suile prolongée de pénitences rigoureuses.
Cette esquisse rapide, et par conséquent imparfaite du système théologique des Indiens , peut faire juger que, bien qu’erronné, il offre des traces distinctes d’une croyance plus pure. Il ne semble guère possible que les ancêtres des Indiens aient pu être idolâtres ; il est bien plus probable que leur système théologique üre son
origine des traditions reçues du temps des patriarches, mais obscurcies.
Les détails dans lesquels je viens d’entrer sur la langue et la religion des tribus indiennes, sont principalement tirés de lexcellent ouvrage de M. Jean Heckewelder, missionnaire morave de l'établissement de Bethléem , en Pensylvanie. Ce livre se distingue par un caractère de candeur , de sagacité et de jugement très remarquable. M. Heckewelder a passé une grande