‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 13 sur 39 · PARA · texte numérisé non relu

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Lorsque les courses sont finies, les luttes corimencent, et sont bientôt suivies de combats de boxeurs, dans le style maderne. Cet usage détestable est commun en Canada ; cependant rien dans le monde ne doit paraitre plus dégoûtant aux yeux des hommes raisonnables. Au lieu de combattre comme des ennemis qu'une passion violente anime momentanément , ce qui sous tous les rapports serait déjà assez fâcheux , ils s’attaquent comme de vrais dogues , et paraissent ne viser qu'à se défigurer, et à rassasier leurs yeux du sang de leurs adversaires. Le combat commence toujours par un tour de lutte ; car ils ne pensent jamais à faire usage de leurs poings.

Celui qui a le malheur d’être une fois abattu, est presque toujours vaincu. Le principai but descombattans parait être le culeul des éclipses, ou, en d’autres termes, ils cherchent mutuellement à se crever les yeux. Pour y parvenir, ils portent l'index de la main droite dans lès yeux de leur antagoniste , afin de leur fermer lu lumière du jour , (gouge out the daylights) , selon leur expression favorite: s'ils échouent dans leur entreprise, ils ont recours

à Jeurs dents pour s'assurer la victoire ; une fraction de nez, la moitié d’une oreille, un morceau de lèvre , sont les trophées des vainqueurs. La bataille ne finit que lorsqu'un des combattans s'écrie assez ; ce qui arrive trèsrarement , à moins qu'il ne se sente extrêmement affaibli par la perte de son sang , ou par une rude invasion dans ses nerfs optiques où olfactoires , ou dans ceux de l'ouie.

Personne ne tente d'intervenir dans ces féroces querelles ; et ceux qui le feraient , exposeraient eux-mêmes leur vie ; mais du moment que le cri , assez, s’est fait entendre, les combattans se lèvent , si cela leur est possible, etexibent aux yeux des spectateurs leurs formes meurtries et lacérées. Par suite de cette manie barbare, un grand nombre de personnes sont défigurées. N’êtes-vous pas étonné qu'un peuple qui a les plus hautes prétentions à la civilisation , prenne quelque plaisir à ces dégoûtans spectacles , et aux tristes cffets qui en sont les résultats. Cependant je suis informé, de manière à ne pouvoir en douter , qu'ilexiste encore en Angleterre , dans les comtés de Lancaster et d'York, des usages à peu près sem-

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LÈTIRE XXVI: 07

blables. Je ne dois donc pas être surpris que cet exemple soit imité parles Canadiens, dont la civilisation est si peu avancée. Lorsque dans quelque société Américaine j'ai voulu blâmer cet usage cruel, et en démontrer les inconvéniens, j ai rougi, je l'avoue, en entendant ceux qui l’excusaient, s'appuyer sur ce que l'Angleterre en donnait l'exemple : cette manie de boxer est tellement en vogue dans les Etats du Sud, que lorsque les habitans de la Nouvelle-Angleterre ou ceux du Canada, rencontrent un individu qui n’a qu’un œil , et la place de l'autre vide, ils disent qu'il a une marque Virginienne, a Firginian brand.

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LETTRE XXVIL.

Suite des mœurs et des usages du Haut-Ca-

nada. — Défaut d’hospitalité chez les Cana-.

diens. — Visites d'hiver. — Leur avarice et leur cupidité. — Observations du docieur

Horwison, sur ces divers sujets.

Le docteur Houwison dit que les Canadiens sont en général hospitaliers envers les étrangers. Comme je suis de son avis sur plusieurs points, je regrette sincèrement que mon amour pour la vérité me force à ne pas penser comme lui dans cette circonstance , et à courir le risque de voir mes intentions mal interprétées. Vous m’excuserez néanmoins , si vous vous rappelez que j'ai formellement promis de vous donner avec franchise, sur tout ce que j'ai pu

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