‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 14 sur 39 · ER SE · texte numérisé non relu

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observer , mon opinion et non celle des autres I est possible d’ailleurs que le docteur Howison et votre correspondant différent sur la signification du mot hospitalité.

Je considère l'hospitalité comme une vertu du premier ordre, dont la pratique a été prescrite par le Sauveur des hommes , et fortement recommandée par tous ceux qui l’ont immédiatement suivi. Quoique je puisse éprouver quelque difficulté à définir exactement ce qu'elle est, je puis dire facilement ce qui n’est pas elle. Inviter un étranger qui se présente à votre porte à entrer chez vous , partager avec lui les bons mets qui sont sur votre table, l’abriter sous votre toit , le faire renoser sur votre lit, pour recevoir le lendemain matin avec ses adieux le paiement de toutes vos attentions, ce n'est pas assurément ce qu'on peut justement nommer hospitalite. Je ne peux non plus accorder ce nom à des échanges réciproques de fêtes qui se répètent fréquemment chez toutes les nations civilisées, dans les hautes classes ; ei dont l'extension aux classes inférieures sert seulement à prouver que l’homme est fait pour vivre en société. Non, la véritable hocnitalité

porte avec elle un caractère plus noble et plus élevé : elle est entièrement désintéressée, et celui qui la pratique n’a d'autre objet en vue que d’adoucir et d'améliorer le sort de ses semblables.

À la vérité , si vous entrez dans la maison d’un Canadien au moment où il prend un de ses repas , il vous invitera à le partager ;, mais cela avec tant de froideur et d’une manière si peu engageante, que si vous n'êtes pas absolument pressé par la faim , il ne vous viendra pas même l’idée d'accepter son invitation.

En lisant ces remarques , vous devrez vous rappeler que je ne parle que de la grande masse des Canadiens, et non de la première classe, où l'on trouve beaucoup d’urbanité et de bienveillance pour les étrangers. Je n’entends pas consigner ici l'éloge du petit nombre de personnes recommandables par qui j'ai été parfaitement accueilli. Mon intention est uniquement de vous faire connaître le pays et de vous peindre la généralité de ses habitans.

J'ai déjà observé que les Canadiens n’aiment point les petites réunions. Il est cependant d'usage en hiver de se réunir au nombre de

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