‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 15 sur 39 · ART · texte numérisé non relu

ART

cinq ou six familles qui montent dans leurs traîneaux et parcourent dix qu douze milles pour se rendre chez quelqu'une de leurs connaissances. Là on prend le thé, on raconte quelque anecdote scandaleuse , et on reyient chez soi le même soir. Ces sortes de visites qui ne sont ni attendues ni provoquées, ne seraient pas très-agréables dans des contrées plus sociables et-plus hospitalières. La soudaine arrivée de vingt ou trente convives , même dans quelques-uns des châteaux les mieux disposés pour recevoir une société nombreuse , accasionnerait, je pense, un peu d’embarras au maître et à la maîtresse de Ia maison. Mais il n’en est pas de même en Amérique. Dans cette terre d'abondance , tout homme doué d’une honnête industrie , est en tout temps armé de pied en cap pour recevoir convenablement de pareils hôtes. I] est pourvu avec tant de profusion de tous les biens de la terre, qu'il suffit à un fermier d’être prévenu une heure à l'avance pour pouvoir offrir à un nombre considérable de convives une table dont les mets satisferaient un prince. Le baril de fleur de farine est rarement vide : le saloir n'est jamais dépourvu

LETTRE XXVIT.

de cochon. La voliére est toujours bien approvisionnée. Les pâtés, les tartes, les confitures. sont des mets de tous les jours ; et mille autres petites friandises sont toujours disponibles pour décorer le banquet.

Il n’y a pas de peuple sur la terre, qui se nour-

risse mieux que les Canadiens, soit en bois- 1 sons , soit en comestibles. On peut dire avec vérité, qu'ils vivent d’une manière somptueuse. : à

11 n'est pas rare que leur déjeûner se compose de douze ou quatorze ingrédiens différens, tous de la nature la plus hétérogène : thé verd, le porc frit, ruyons de miel et saumon salé, concombres confits et patisseries , poulets bouillis et

servation dont la justesse est confirméc par

tarte aux pommes , mélasse d'érable et puddings p de pois, gâteaux au gingembre et choux-croutes, EM se trouvent sur presque toutes les tables. Le È v dîner ne diffère en rien du déjeûner, et le repas 1 P de l'après-midi qu'on appelle le souper n’est DM LL pas moins substantiel. F1 p Il n'est peut-être pas de passion qui, portée à (à

à un certain degré chez un peuple, indique IL mieux le défaut d'éducation ou de connais- M d sances que ne le fait l’avarice. C’est une ob- c U :

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