‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 24 sur 39 · AE EE OST · texte numérisé non relu

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LUTTRE XXIX. 120 Ïl se détermine donc à chercher, pour arriver à l'opulence , une voie plus rapide et plus agréable : pour atteindre ce but , il essaie du jeu , des courses et de divers autres expédiens de cette espèce; et quand il voit que bien loin de lui réussir, ces moyens ne sont pour lui que des élémens de ruine , pour la compléter, il a recours à la taverne. Là , il passe les journées et souvent les nuits , au milieu de la 50ciété la plus abjecte ; ses terres se couvrent de mauvaises herbes ; ses bestiaux sont négligés ; sa famille même n’obtient plus de lui un seul regard d'intérêt. Dans ces circonstances fatales, le négociant, créancier hypothécaire , se présente ; il demande avec instance le paiement de sa dette : il faut vendre la ferme. Avec ce qui lui reste, ses dettes payées, notre Canadien se livre à de nouvelles spéculations , dans lesquelles il échoue : enfin , lorsqu'il lui reste à peine un schelling , il retourne de nouveau dans le désert, et commence le défrichement d’une nouvelle. ferme ; dans le même état de dénuement où il était en défrichant la première ; mais avec des charges de plus, puis-

qu'il doit pourvoir aux besoins d’une famille, Tome Il. 0

composée quelquefois d’une demi douzaine d’enfans.

C'est ainsi que s’écoule l'existence de la majeure partie des habitans du Canada, sans qu'ils obtiennent jamais cette aisance durable et cette indépendance si fortement désirée, qui deviendraient bientôt le partage de tout autre peuple, dans une contrée aussi fertile. Un observateur qui traverserait accidentellement ce pays, voyant tant de belles fermes et d'excellentes habitations , imaginerait sans doute que ses habitans sont dans la position la plus heureuse. Maïs un examen plus approfondi de leur situation réelle le convaincrait du contraire. Je crois pouvoir dire, sans exagérer, que malgré la’ fécondité du sol et la salubrité du climat , qui sont éminemment le partage du Haut-Canada, sur vingt fermiers , on en trouverait à peine un qui, ses dettes payées , possède la valeur d’un schelling. Cet état de choses peut être justement attribué à leur paresse , à leur immoralité , à leur goût pour les spéculations hasardeuses. Après avoir travaillé pendant plusieurs années avec la plus grande activité , ainsi que je l’ai précédemment ob-

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servé , au moment où ils devraient être convaincus par leur propre expérience que le travail et l’industrie sont les seules richesses véritables , ils contractent des habitudes vicieuses, qui causent la ruine de tous ceux qui s’y livrent, comme grand nombre d'exemples la déjà prouvé. Il est vrai qu'on peut citer aussi quelques exemples d'individus, qui, ayant commencé leur carrière de la manière que j'ai décrite, sont bientôt parvenus à une heureuse indépendance; mais ces derniers cas sont rares: ils sont tout au plus dans la proportion d’un à mille.

Il est également déplorable de réfléchir que ceux qui , avec plus de patience et de persévérance à suivre les travaux ruraux , sont parvenus à acquérir une propriété plus considérable , partagent à la fin le même esprit d'imprévoyance , et voyent en général la chûte de leur fortune avant d'être arrivés au terme de leur vie. Ils laissent leurs enfans dans le même état de dénuement auxquels ils étaient personnellement réduits, en commençant leur carrière ; et ceux-ci sont obligés d'aller se créer de nouvelles propriétés dans l'immensité des déserts.

192 LLTCRE XXIX.

Un fermier dont les travaux ont réussi , devient ordinairement un aubergiste, et paï suite un profond spéculateur ; il emploie la valeur de sa propriété à élever de vastes bâtimens, devient uu grand buveur, néglige ses affaires , et trouve bientôt le fond de sa bourse, qui malheureusement pour lui ne ressemble pas à la boîte de Pandore , au fond de laquelle était l'espérance. Quant au vice de l’intempérance, il est généralement reconnu que les dix-neuf vingtièmes des Canadiens qui réussissent à acquérir des propriétés dans leur jeunesse, non-seulement les prodiguent ensuite en liqueurs spiritueuses, mais encore abrègent leur vie par l'usage immodéré qu'ils en font. Je pourrais citer plusicurs exemples de ce funeste abus.

J] n’y a pas de pays dans le monde où l’on trouve plus de facilités qu'en Canada pour acquérir une honnête aisance et une entière indépendance ; ct cependant un examen impartial de la condition actuelle de ses habitans, démontrera clairement que dans l'acceptation anglaise de ces mots, il n'existe pas beaucoup d'individus dans cette cathégorie, du moins

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LETIRE XXIX. 19

dans le Haut-Canada. La tendre sollicitude d’un père pour le bien être futur de sa famille, est rarement sentie par un Canadien : il a commencé, dit-il en lui-même, sans le secours de personne ; et ponrquoi Ses enfans n'agiraient-ils pas de même ? Pourqwoi n'obtiendraient-ils pas ainsi les mêmes succès qui ont été son partage, et qui doivent se perpétuer tant que le sol conservera sa fertilité, et qu'on pourra acheter desterres à des conditions modérés et faciles à remplir ? L'indépendance d’un tel individu n’a point de fondement stable ; parce qu'un pays si fertile et si peu peuplé, présente tant de chances de succès , qu’un homme n’y envisage jamais l'avenir avec effroi ou inquiétude, et qu'il ne trouve aucune occasion de déplorer son imprévoyance jusqu'au moment où sa santé et ses forces commencent à décroître : alors son indépendance si vantée ressemble au roseau brisé qui ne peut plus se soutenir. Les Canadiens n’ont pas de justes notions sur cette indépendance réelle qui fait la gloire d'un Anglais.

Au lieu d'avancer graduellement vers la civilisation , ce qui serait extrêmement facile, le peuple de cette belle province parait rétro-

grader chaque jour dans tout ce qui contribue à répandre quelque charme sur l'existence. Ce n'est qu'avec un chagrin réel que j'ai traité ce sujet ; je n’y réfléchis jamais sans une douleur aussi sensible que profonde. Bien connaître la véritable situation des habitans de cette province si richement dotée , et réfléchir au bonheur dont ils pourraient jouir, s'ils étaient sous la salutaire influence d’une instruction morale et religieuse, ne peut qu’affecter douloureusement l’âme de tout véritable ami de l'humanité.

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mi de de l'esprit. — Défaut général d'éducation. —

Ses causes. — Mesures législatives pour l'en-

couragement des écoles.

Doués , comme le sont les habitans du Haut Canada , d’une grande intelligenee naturelle , ils se croient en état de lutter avec avantage dans le monde , sans avoir besoin de posséder un grand fonds d'instruction : si un fermier est en état de dire combien un boïisseau de Winchester contient de livres de blé, si l’ouvrier en mécanique peut démontrer la différence qui | existe entre un carré long et un triangle équilatéral, et si le négociant sait faire des addi-

tions et des multiplications , ils croient les uns et les autres avoir acquis toutes les connaissances nécessaires à leurs professions resped-tives. Il résulte de là , que la littérature et tous les avantages qu’elle procure sont inconnus en Canada, où l’on s'occupe plus de défricher les terres, que de cultiver l'esprit. L Ainsi les bienfaits inapréciables de l’éduca- À tion dont jouit une population éclairée , ne peuvent encore , de plusieurs années , être res. sentis dans le Canada. La grande masse du peuple y est dans l'ignorance la plus complète de tous les élémens d'instruction. Il y a peu de Canadiens qui sachent lire et écrire : les parens très-ignorans eux-mêmes, et n'ayant pas le :

moindre goût pour la littérature , ne connais-

sant pas son utilité, n’ont aucunement à cœur | seu de voir leurs enfans plus instruits qu'ils ne ) cul l'ont été eux-mêmes ; ils ne croient pas à cet 1 sec axiôme d’un grand philosophe , qui a dit que 1 éta la science est la véritable puissance. Gonvaincus À les qu'il vaut mieux que leurs fils apprennent à cor fendre du bois, et leurs filles à filer, que d’ac- : à n quérier quelque instruction , ils regardent D qu

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LETTRE XAXX. 19

rait être consacré à l'éducation. Aussi pendant une résidence de plus de cinq ans dans le Canada , je n'ai vu que deux personnes ayant des livres en main ; encore l’une d'elles consultait alors un livre de médecine sur une maladie dont elle était attaquée. On doit convenir, il est vrai, que les livres sont aussi rares dans plusieurs parties du Canada , surtout dans l’intérieur, que les pommes sur le sommet des montagnes couvertes de neige.

Plusieurs circonstances se réunissent pour mettre les Canadiens dans l'impossibilité de donner de l’éducation à leurs enfans , lorsmême qu'ils en auraient la volonté et les moyens. La difficuité de se procurer des bras, difficulté dont j'ai déjà parlé , force le fermier, nonseulement à se consacrer exclusivement à la culture de ses terres, mais aussi à réclamer les secours de ses enfans , aussitôt qu'ils sont en état de l'aider. En Canada, on fait travailler les petits garçons dès l’age de 7 à 8 ans, et ils continuent ensuite pendant le reste de leur vie, à moins qu'ils ne se livrent à cette indolence que j'ai précédemment décrite , et qui est quelquefois portée jusqu’à les détourner de toute

profession honorable. Les bœufs et les chevaux sont si bien dressés, et d’ailleurs si peu vigoureux, qu'un enfant peut les conduire. Ainsi un enfant de dix ans est presque aussi utile à son père, que peut l'être celui de dix-huit ; mais lors même qu’un père aurait assez d’aisance pour se passer du travail de ses enfans, les écoles sont généralernent trop éloignées de sa maison pour qu'il puisse les y envoyer. La résidence au milieu d'une population rapprochée et bien organisée, offre autant d’avantages que l’on éprouve d’inconvéniens, lorsqu'on est condamné à passer sa vie dans des pays peu habités et presque déserts.

Lorsque la province du Haut-Canada était encore dans son enfance, le gouvernement suprême manifesta le désir de s'occuper du bonheur des colons, en appelant l'attention du général Simcoé, premier lieutenant gouverneur, sur l'établissement de plusieurs éc les dans les différentes parties du pays. Cela paraît résulter d’une lettre adressée par le dur de Portland , au général Simcoé, en 1796. Il y est dit que le général s’efforçait de satisfaire aux désirs du gouvernement de S. M. Dans la

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session de 1797, la législature provinciale présenta un mémoire au général Simcoé, pour supplier Sa Majesté de consacrer une certaine partie des vastes domaines de la couronne à former un fonds pour l'instruction et l’entretien d’une bonne école grammaticale dans chaque district. En réponse à ce mémoire, le duc de Portland, alors un des principaux secrétaires-d’état , instruisit la législature que S. M. accédait à ses vœux. En conséquence, la concession fut faite ;mais comme jusqu'alors, il avait été très-facile de se procurer des terres sans les acheter , cette concession produisit peu de résultats ; et depuis lors, les choses sont toujours restées dans le même état.

Pendant plusieurs années , il n’y a eu dans tout le Haut-Canada que deux écoles qu’on puisse citer : celle de Kingston, dirigée par l'honorable et révérend docteur STRACHAN, écossais très-instruit, et une autre à Niagara, sous la direction de M. Coxerez, anglais, qui passe pour être tiès-versé dans les mathématiques.

En 1807, il fut rendu un statut provincial pour établir dans chaque district un séminaire, dans lequel on serait obligé d'apprendre les

mathématiques, classiques et pratiques. Le lieutenant-gouverneur y attacha un certain nombre d'instituteurs, avec des appointemens annuels de cent livres sterling. Maintenant ces écoles commencent à être en activité : nous pouvons assurer que le pays retirera de grands avantages des connaissances que ces écoles devront nécessairement répandre , malgré la médiocrité des appointemens des instituteurs, qui, sans doute , ne tarderont pas à être augmentés dans une juste proportion avec les dépenses et les besoins de la vie.

En 18:14, il fut rendu une autre loi pour l'établissement d'écoles communales dans chaque territoire ; mais ce bill contient une clause qui détruit en grande partie l'effet de‘la mesure , en ce qu'il déelare qu'il y aura une école dans chaque ville ou village , et autre lieu , où on peut réunir vingt élèves. Vingt-cinq livres sterling devaient être affectées à la dépense de chaque école. Admettez maintenant qu'à cette époque la population fut de cent mille âmes , on peut supposer que le cinquième est composé d’enfans susceptibles d’aller à l'école. II faudrait donc une somme de vingt-cinq mille

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livres sterling pour réaliser ce plan, et c’est trois fois plus que la somme à laquelle s'élevait le revenu provincial à cette époque. Le fait est que le bill manqua totalement son effet. Il y avait aussi une autre clause portant que le salaire proposé serait donné à des instituteurs anglais : ce qui excita tant de jalousie parmi les Canadiens, qu'un grand nombre d’entre eux aima mieux n'avoir aucune école, que de les voir sous l'inflence des Européens , et surtout des anglais.

État de la Religionet de la morale dans le Haut- Canada. — Coupable habitude de jurer. — Causes de la démoralisation de plusieurs Coions. — Réflexions sur ce sujet. — Conduite des prédicateurs méthodistes. — Bruyantes assemblées de ces sectaires. — Leurs réunions en plein champ. — Graves inconvéniens qui en sont les suites. — Moyens employés par

quelques pasteurs pour les éviter.

Je suis forcé de vous apprendre, quelque regret que j'en éprouve, que la religion est encore plus négligée en Canada, que la plus

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simple éducation. C’est un sujet que je n’aborde qu'avec une extrême répugnance, parce que je sens combien il est au-dessus de mes forces. Mais je n'en suis pas moins déterminé à dire très-impartialement ce quejesais, et à attester ce que j'ai vu.

Si on connaît l'arbre par ses fruits (et je sais que c’est le seul moyen de juger sainement de sa santé ou de sa vigueur ), le Canada offre un tableau affligeant du peu d'efficacité de l'évangile sur les mœurs et les coutumes de ses habitans. Siune indifférence presque totale sur l'observation religieuse du sabbat , si un penchant incorrigible à jurer souvent sur le nom de Dieu, si la constante habitude d’horribles imprécations et de blasphêmes abominables , si une violation journalière de toute décence et un mépris bien marqué pour tout ce qui porte le caractère de la vertu; si toutes ces circonstances réunies offrent l'empreinte d’un peuple dégénéré et dépravé, le Haut-Canada doit présenter à l’homme capable de réflexion un aspect bien douloureux.

J'étais venu dans cette contrée avec de fortes

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préventions en faveur du caractère de ses habitans: mais à mon grand regret, j'eus bientôt découvert que les Canadiens étaient plus dé-

pravés dans leur morale , plus dégradés dans leur conduite, plus dépourvus d’affabilité dans leurs actions, qu'aucun autre peuple que j'aie eu occasion de connaître. Sans être exposés à aucune tentation extraordinaire qui les porte à dévier du sentier de la justice et de la vertu , on les voit constamment, et presque sansexception, marcher dans la route de l’impiété et des vices. Quoique d’un tempérament naturelle-

ment froid et flegmatique , ils vivent en géné-

ral dans des habitudes crimineles , que l’on pardonnerait à peine à des hordes sauvages, et qui ne peuvent être excusées chez des peuples déjà en pleine jouissance des bienfaits de la civilisation.

L’habitude de jurer est plus ou moins commune à toutes les nations ; mais je dois dire que dans l'espace d’une semaine j'ai plus entendu jurer en Canada, que dans vingt ans en Irlande : cette habitude est poussée au point de faire craindre que quelque terrible commo-

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tion de la nature ne vienne imposer un éternel silence à ces langues blasphématrices, qui semblent ne proférer des paroles que pour combler la mesure de leurs iniquités : et cela sans avoir aucun motif qui puisse leur servir d'excuse.

Il n'existe dans aucune partie du monde, un exemple aussi frappant que celui qu’on trouve dans l’Amérique du nord, de la vérité de cet adage des philosophes : « Les hommes »placés dans la décroissance de la civilisation »sont toujours plus vicieux et plus brutaux que »ceux qui sont placés à l’autre extrémité et »qui cherchent à s'y avou 1. » Les hommes bien nés et bien élevés, q:'i ‘at, dans les premiers temps de leur vie, fait partie des hautes classes de la société dans leur pays natal, et qui ont ensuite été obligés de les abandonner, soit par inconduite, soit par suite de malheurs non mérités, oublient bientôt leurs anciens élémens , s'ils se confondent avec les classes inférieures de la société nouvelle dont ils sont entourés ; et acquiérent une teinte extraordi naire de férocité qui donne quelque probabilité à la première partie de l’adage. Mais il doit

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s’'écouler un grand nombre d'années, avani que l’assertion relative à la seconde classe puisse complètement s'accomplir. Ceux qui, dans leur pays natal, ont fait partie des classes inférieures et qui se trouvent ensuite placés au point correspondant opposé, nese montrent cependant ni moins vicieux , ni moins brutaux que leurs supérieurs déchus de leur ancienne existence. Mais, dégagés de la contrainte qui leur était autrefois imposée par les habitudes d’une population avancée dans la civilisation, ils paraissent user très-amplement d’une liberté qui les exempte de toute obligation morale, et

semblent demander avec insolence : Quel est le maître qui a le droit de nous commander ?

Notre langue n'est-elle pas à notre entiere disposition. Une pareille génération d'hommes ne peut recevoir de salutaires amendemens , que par le secours et la puissante influence de Ja

religion; mais les enfans deviendront sensiblement meilleurs à mesure que les idées se rectifieront , et que de sages institutions améliorerout successivement l'état de la société. Une observation des plus importantes et qui ne saurait échapper à l’homme qui réfléchit,

avani classe x qui, classes | placés ontrent brutaux ncienne inte qui abitudes ilisation, 1e liberté orale, et Quel est mander ?

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LETIRE XXXI. 147

c'est que les mauvaises liaisons corrompent le soût , etaltèrent le cœur aussi bien que l'esprit. Je ne l’ai que trop souvent reconnu dans ces contrées. Les émigrans des différentes parties de l’Europe, qui, pendant leur séjour dans leur pays natal, étaient remarquables par la rigidité de leurs principes et la rectitude de leur conduite , à peine arrivés en Canada, sont bientôt atteints par la contagion : ils embrassent avec autant de chaleur que d’empressement les opinions dominantes chez les habitans du pays. Je n'entends pas dire qu'il en soit ainsi de tous les émigrans qui arrivent en Canada : loin de moi cette pensée ! j'espère charitablement et je crois même fermement que plusieurs ont échappé à cette contagion et ont conservé leur intégrité primitive.

Avant mon départ pour le Canada, j'avais beaucoup entendu parler de la piété des méthodistes Américains et des glorieux effets qui aient résulté de leurs réunions et des sermons prononcés en plein champ : mais pendant une longue résidence dans le pays, j'ai vainement cherché ces traits de sainteté par lesquels on m'avait assuré que la conduite de ces sectaires

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149 LETIRE XXXI.

était si éminemment distinguée. Pour dire Ia vérité sur leur compte et rendre à chacun ce qui lui est dû, ils ne sont hypocrites que quand ils sont dans un lieu consacré au culte : dans toute autre situation, ils sont sans déguisement, et s’'avouent ouvertement sectateurs de Mammon. Dans les premiers temps de mon séjour dans le pays, j'avais l'habitude de me rendre à leurs réunions : mais après avoir vu avec dégoût la grossièreté, et je pourrais dire l'impie irrégularité de leur conduite dans ces assemblées , je me déterminai à ne plus les fréquenter. Je n'oublierai jamais les premières impressions dont mon âme fut pénétrée à la première assemblée de cette espèce que je vis en Canada.

Voyageant dans le comté de Talbot, surla côte nord du lac Érié , à la fin de 1818, je m'arrêtai à une taverne, fatigué d’une longue journée de voyage dans undésert aride, et dans l’intention d'y passer la nuit. Au moment où j'y entrai, quelques-uns des habitans de la maison se préparaient à aller entendre prècher un méthodiste. Étranger, isolé, dans ce lieu, l’âme affectée à cette époque d’une pénible anxiété,

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je témoignai le désir de les accompagner.

J'appris que l'assemblée devait se tenir à quatre milles; nous y arrivâmes, environ une heure avant le coucher du soleil. En entrant dans la maison , je fus frappé du souvenir des paroles de notre Sauveur sur le désordre qui régnait dans le temple de Jérusalem ; car tous ceux qui étaient déjà assemblés fumaient du tabac, causaient entr'eux ct faisaient fréquemment entendre des éclats de rire très-déplacés en pareil lieu. Je fus tres-surpris de ce que je voyais et entendais; je regardai autour de moi sans pouvoir découvrir aucun individu qui ressemblit le moins du monde à un membre du clergé. À la fin , un homme vêtu d’un habit brun et d’an pantalon gris, se plaça derrière un fauteuil et entonna un hymne : les chants commencèrent immédiatement, mais en formant la musique la plus discordante qui eut jamais déchiré mes oreilles : elle était parfaitement en harmonie avec la conversation qui avait précédé. Le ministre commença ensuite la prière ,et tous les assistans se joignirent à lui. D'abord le ton de leurs voix ne fut que médiocrement élevé ; mais il devint graduellement

190 LEITRE XXXI.

plus fort par l'effet del'émulation générale. Après que cinq minutes se furent écoulées , le bruit s'accrut à l'excès. Bientôt la moitié des auditeurs parut être dans un accès de rage. Les yeux étaient fixément dirigés vers le toit de la maison et ils s'écriaient d'une voix de stentor: Le voilà qui vient ! Le voilà qui vient ! L’extérieur de ceux qui criaient de cette manière , manifestait un tel effroi, que je commençai à partager la terreur générale et à craindre quelque apparition surnaturelle : je dirigeai donc aussi mes yeux vers le ciel : mais découvrant point d'ouverture par laquelle une descente püût s'effectuer, je me tournai naturellement vers la cheminée, m'attendant à chaque instant

à jouir de la noire présence de Sa Majesté Sa- Li tannique. Nous fûmes tous également trom- k pés ,; ou si un émissaire de Pluton fut réelle- | ment sur le point de nous rendre sa visite , il en aura été certainement détourné par l'ex- h trême eonfusion qui régnait dans l’assem- :

blée ; car une semblable apparition n'eut pas : lieu , du moins sous la forme mortelle. Les un

assistans qui s'étaient mis à genoux se rele-

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vérent, et prenant leurs chaises par le dos, ils les lancèrent contre le plancher, avec la fureur de véritables maniaaques. Dans le nombre, une femme surtoutsemontra réellement frénétique:

elle arrachait alternativement ses cheveux et frappait contre la terre son malheureux corps , comme si elle eût cherché à découvrir par ces expériences le plus cruel mode de châtiment qu'elle pouvait s’infliger : tantôt on la voyait étendue sur le plancher, tordant ses mains et s’arrachant les cheveux : puis elle se rcelevait et jetait les bras autour d'une de ses voisines , la rénversait avec violence , et la retenant dans cette posture , elle lui demandait pourquoi elle ne criait pas? Et ces interpellations avaient quelquelois lieu , er post facto; car la pauvre femme criait déjà assez fortement, par suite des contusions douloureuses qu'elle avait reçues dans sa chute.

L'assemblée se prolongea pendant plus d’une heure avec le même tumuite. On chanta ensuite un autre hymne qui termina cette farce religieuse. De retour à la taverne avec les jeunes gens que j'avais accompagnés, je demandai quels étaient les motifs qui avaient pu induire

ceux qui composaient cette réunion à se conduire d'une manitre si irrespectueuse et si extraordinaire : ils me répondirent avec beaucoup de gravité, que leurs assemblées se tenaient toujours de la même manière et qu'ils ne s’y plaisaient que quand l'esprit agissait sur eux aussi puissamment.

Il serait très-inutile d'entreprendre d'expliquer une pareille conduite par des motifs raisonnables ; car on ne peut certainement rien y trouver qui ressemble à la raison. Comment pouvons-nous donc la qualifier ? pourrait-elle provenir de Ja conviction imprimée dans l'âme par l'esprit sain, qu'ils étaient en proie aux passions et à l'iniquité? non : ce n’est pas ainsi que s'exprime une douleur bien sentie. Mais le plus ignorant des prédicateurs désespèrerait du succès de son sermon, s’il ne venait frapper les orcilles de ses auditeurs d’un bruit pareil à celui du tonnerre; et les auditeurs eux-mêmes sont trop souvent accoutumés à confondre les gémissemens et les lamentations avec les véritables signes de l’effusion de Ja grâce.

Les réunions en plein champ sont aussi très-

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communes en Canada: j'en ai entendu parler favorablement en Europe par des personnes qui, sans chercher à se convaincre de la réalité deleurs bons résultats, avaient jugé de leur utilité par le nombre de conversions qu'on leur disait avoir été opérées de cette manière. J’ose dire néanmoins que le démon est bien plus vénéré que Dieu dans la plupart de ces campemens modernes ; ils ont ordinairement lieu dans l'automne, et un voyage de cent milles est considéré comme une bagatelle , lorsqu'on l'entreprend dans un but aussi louable. On forme alors des campemens réguliers : des familles entières quittent les plaisirs que peut leur offrir l'intérieur de leur résidence pour le bonheur inappréciable de passer huit à dix jours à entendre un bruit eontinuel, semblable à celui du tonnerre, de la part de ceux qui y prêchent l'évangile américain. Là vous pouvez voir des hommes de tous les pays et de toutes les croyances, réunis ensemble ; et pourquoi ? «pour adorer en commun le souverain des cieux », disent les défenseurs de ces réunions. Mais Ô charité ! toi qui couvres du voile du mystère un si grand nombre de péchés , peux-

tu, si indulgente que tu sois, étendre ton

vaste manteau sur ces réunions irrégulières (pour ne pas me servir d'expressions plus sé-

vères et sans doute plus méritées). Soutiendrat-on que les protestans et les catholiques , les juifs et les athées, les arméniens et les calvinistes, tous individus d'opinionset de croyances différentes, ajournent momentanément leurs discussions ; et qu'oubliant les points sur lesquels ils diffèrent , ils se réunissent ainsi pour adorer dans les mêmes formes, le même Dieu, et pour manifester par de saintes côntorsions la puissance de cet esprit dont la majeure partie, dans les autres circonstances de leur vie, semble nier même l'existence.

On forme, comme je l'ai déjà observé des campemens réguliers : il est rare qu'une réunion de cette espèce dure moins d’une semaine. Un grand nombre de personnes portent dans ces lieux des provisions prêtes à cuire; mais celles qui neveulent pas se donner cet embarras peuvent en acheter dans le camp : on y trouve aussi à un prix modéré de l'aile, du porter, de la bierre et du cidre; néanmoins la vente des liqueurs spiritueuses y est expressément dé-

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LELTRE XXXL. 155

fendue. Chacun doit se munir de sa bouteille d'eau-de-vie, proportionnée dans sa dimension à l'étendue de son gosier, ou à l'urgence présumée de sa soif. Les tentes forment une espèce de carré creux ,; au centre duquel se place le prédicateur entouré de ses auditeurs ; un grand nombre d’autres orateurs se tiennent près de lui ; et aussitôt que celui qui parle a épuisé son sujet, ou ses poumons , il est remplacé par un autre de ses frères, auquel succède un troisième. Aussitôt que l'orateur prend la parole , commence une scène de la plus horrible confusion et qui est vraiment révoltante. Rien dans le monde ne peut égaler la variété des

tons, des gestes et des grimaces , que chacun affecte avec la plus complète hypocrisie comme des signes visibles et extérieurs des émotions intérieures que produit l’éloquence pastorale du prédicateur. Il faut en convenir, il est bien affligeant de voir ainsi la grâce divine, si licencieusement mise en scène.

in voyant les Américains ainsi réunis dans un camp, vous vous imagineriez que c'est de l'eau de-vie et'non du sang qi coule dans leurs veines; mais dans toute autre circonstance vous

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156 LÉTIRÉ XNXI.

serez porté à supposer que les cavités de leur cœur sont converties en glacières.

J'ai toujours considéré ces assemblées immenses etconfuses, consacrées aux cérémonies religieuses, comme tenant à un système encouragé par les prédicateurs eux-mêmes ; soit par le désir de complaire au peuple , soit pour substituer un culte errant à un mode de prier plus sédentaire. Dans tous les nouveaux établissemens des États-Unis et de l'Amérique anglaise, les pasteurs judicieux de chaque secte, lors même qu'ils ont une congrégation fixé dans le licu de leur résidence, considèrent comme une partie essentielle de leurs laborieux tra-

vaux de visiter les cantons négligés qui sont placés le plus à leur portée, et de venir, à des époques déterminées, prêcher la parole de Dieu à leurs habitans. Cette méthodeest infiniment préférable à ces réunions en plein champ dont il ne peut jamais résulter que des désordres et des abus.

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LETTRE XXXIT.

Emigration. — Avantages du Haut-Canada.

— Situation des concessions du gouvernement.

— Augmentation des droits mis sur les con-

cessions. — Combien cette mesure est impoli-

tique. — Les Colons préférent acheter aux pro-

priélaires des terres à plus bas prix. — Désap-

pointement du grand nombre d'émigrans , en

trouvant un droit imposé sur les concessions.

— Insufjisance de cinquante acres pour fuire

vivre un pauvre Colon. — Dépréciation de

la valeur des produits de l’agriculture. —

Montant des importations et exportations.

C'est une tâche trés-diflicile que celle de faire connaître les avantages qu'offre le Canada aux différentes classes d’émigrans de la

1)Ù LETIRE XXXIL.

Grande-Bretagne et de l'Irlande : pour bien s'en acquitter, il faut être parfaitement instruit de tous les détails relatifs à ces contrées , et apporter beaucoup d'attention à un pareil travail. C’est donc avec hésitation que j'entreprends de traiter un sujet aussi grave, qui a déjà souveñt été discuté par des personnes plus capables et plus instruites que moi ; mais qui n'en à pas moins besoin d’un nouvel examen également impartial et approfondi.

Je suis loin de réunir toutes les notions qui seraient nécessaires pour remplir complètement ce but important ; mais une longue résidence dans le Canada m'a mis à même de bien examiner les ressources présentes , les avantages particuliers et les privations auxquelles sont exposés les individus qui vont former des établisssemens dans ces pays nouvellement

habités. je dirai avec franchise tout ce que je sais, sans rien y ajouter ni diminuer. C'est tout ce qu'on doit raisonnablement attendre de moi.

Quoique le climat du Haut-Canada tende vers les deux extrêmes de froid et du chaud,

ilest, comme ie l'ai déjà observé, très-beau

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ons qui nplèteue réside bien s avanquelles ner des lement € que r. C'est tendre

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Den

LETTRE XXXHL. 196

et tres-favorable à la culture des grains et des légumes , et à la production des plis beaux fruits. Bien qu'il soit mal cultivé, le sol ne le cède en fertilité à aucune partie de l’Amcérique de la même étendue : Toutes les espèces de grains que produit ia mére-patrie, sont cultivées ici avec le plus étonnant succès ; et plusieurs des fruits et des autres végétaux qu'on ne recueille en Angleterre et en Irlande, qu’à la suite de dépenses et de travaux immenses , atteignent en Canada , sans le secours de l’art, un degré de perfection inconnu dans la plupart des pays septentrionaux.

Les exportations des deux provinces s'élèvent

annuellement à environ sept cent mille livres sterling. ÆElles consistent principalement en bois, potasse, bœufs, cochons. bled et fourrures. Les imporiations qui se composent com-

munément de produits des manufactures anglaises et de liqueurs des Indes Occidentales, montent à près de douze cents mille liv. sterl. paran. Le revenu du Bas-Canada , qui consiste presque enticrement en droit sur les marchandises importées, excède cent mille livres stering par an

160 LÉCIRE XXXIL

Nous ne payons pas de dimes et nos taxes sont fort légères ; on n'exige de nous ni rente de quint , ni rente de la couronne , ni aucune espèce de redevance à quelque titre que ce soit. Nous sommes sans contestation les héritiers du sol; nous ne reconnaissons point de seigneurs féodaux ; nous ne devons obéissance qu'à nos propres lois, allégeance et respect qu'à notre souverain sous lequel nous nous glorifions de vivre. Ces avantages inappréciables et la facilité de se procurer des terres à un prix modique semblent inviter l'industrie à venir se fixer dans cette heureuse contrée.

Mais indépendamment des inconvéniens que j'ai précédemment exposés, il en est d’autres encore qui doivent être pris en considération par les emigrans , s'ils veulent avoir une idée exacte des avantages que ce pays paraît leur offrir. La situation des terres qu’on peut obtenir du gouvernement, la difficulté de les mettre en culture, et les dépenses énormes que le défrichement exige ; la rareté et l’éloignement des marchés pour la veute des produits ; le prix élevé des journées de travail ; celui des marchandises d'Europe dont les

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fermiers peuvent avoir besoin : voilà les objets importans que doivent connaître , et sur lesquels doivent mûürement réfléchir ceux qui se déterminent à quitter leur pays natal pour aller se fixer dans une terre étrangère.

Quant à la situation des terres dans le Haut- Canada, tous ceux qui se proposent d'en obtenir du gouvernement, doivent se résigner à aller s'établir au milieu des déserts et des forêts sans bornes qui ne leur offrent guère d’autres avantages que celui d’un sol fertile et d’un climat favorable à la végétation. Ces terres sont généralement éloignées de toutes les rivières navigables, et à une trop grande distance des marchés pour que les cultivateurs puissent espérer de pouvoir convertir en argent, l’excédant de leurs produits sur leur consommation. Cet inconvénient , ‘il est vrai, subsiste également pour tous les établissemens dans leur première enfance et se prolonge rarement au-delà de leur minorité.

À l'époque où l'on commença à coloniser cette contrée, les bords du Saint-Laurent ct des lacs Erié et Saint-Clair furent choisis par les premiers arrivans, comme il était naturel de

Tour FE lt

s’y attendre, et devinrent leur propriété. Les bords des rivières qui se jettent dans ces lacs, et les contrées adjacentes , ont été successivement occupés, et sont complètement peuplés depuis la fin de la dernière guerre. En sorte qu'il est maintenant impossible de.se procurer (autrement que par voix d'achat}, dans aucune partie du Haut-Canada, des terres avantageusement situées; mais cet obsiacle est de peu d'importance, excepté pour la classe la plus pauvre des émigrans. ‘Ceux qui portent leurs amis dans leur poche, peuvent acheter des terres dans les territoires les plus agréables et les plus favorisés, et cela à un prix moins élevé que celui des terres qu'ils obtiendraient par concession du gouvernement au milicu des forêts. Cette assertion pourra surprendre ceux qui ne connaissent pas le pays, et blesser peut-être quelques-uns de ceux qui le connaissent bien : mais elle n’en est pas moinsexacte, etil est facile de le prouver jusqu’à l'évidence par des argumens qui ne sont pas susceptibles

d'être réfutés.

Avant l'administration du lieutenant gouverneur actuel , toute personne qui se présen-

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tait pour demander des terres , obtenait une concession plus ou moins étendue suivant sa volonté, en payant les droits mentionnés dans le tarif ci-après :

Acres. liv.st, schel, den.

900... + 8 8 9 300 12 13 1 1/2 400... + 16 17 6 500... 000-691 1 10172 600: 00000, 925 6 3 700: 00 °20 10 7 1/2 800..-....00.. 33 15 O0 900 +... + + +. + 57 9 & 172 1OOUeree eee eo + 42 3 9 1100 ee... + 46 8 1 1/2 1900 es... 50 12 6

Au mois de janvier 1819, ces droits furent élevés aux sommes ci-après ; et l’on alloua à la classe pauvre des émigrans cent acres seulement.

Acres. liv.st. schel. den, 100 soc... 5 14 1 200.0 re + + 16 17 6 300: esse ss 24 11 7

fon... 32 5 500... 0 + + 59 13 600. +... ....47 18 OOo. ess + 55 17 BSoOreeesssreeese « 63 2 900. eee +70 16 1000-78 10 1100.86 4 1200... ee .09 18

Aujourd’hui, comme si les malheureux émigrans pouvaient se procurer de l'argent plus facilement qu’autrefois, les droits ont été énormément accrus, ainsi qu'on peut le juger par

le tarif ci-dessous , et le pauvre obtient seulement cinquante acres de terre gratis.

Acres. liv.st. schel. den, 100: 12 O0 Ce]

200. oser. 30 300. + eee. + 60 400: -............ 75 500.000 00 + + 125 God: 8 + 0 0 dé + + 0: 100 mOOre see 179

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