‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 30 sur 39 · SO RE · texte numérisé non relu

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bornent, depuis ia destruction du théâtre er 1820, à des bals d'hiver et à de grands diners , les jours de fète. Ces réunions se font dans chaque classe, et il est rare de voir les personnes d’un rang inférieur , admises dans les assemblées de la classe supérieure.

On lit dans les voyages de M. Lambert, tom. 1, pag. 295, le passage suivant : « La société des villes du Canada , a été représentée par quelques écrivains comme fort agréable , fort vive et fort gaie, et se distinguant éminemment par une généreuse hospitalité et par une union amicale , qui ferait croire aux étrangers que ses habitans ne forment qu'une seule familie. Je regrette de ne pouvoir pas en faire un semblable tableau. Quand j'ai visité le Canada , la société y était divisée en plusieurs partis : le scandale était à l’ordredu jour: la calomnie. la médisance, l’envie,semblaient avoir arboré leur drapeau au milieu de ses habitans Les feuilles hebdomadaires étaient remplies de basses plaisanteries, et d’allusions satiriques. Cette gaieté , ce bonheur, que je croyais trouver dans le Canada, avaient entièrement déserté le pays,ou n'avaient jamais existé quedan:

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l'imagination des premiers écrivains. En un mot , la société des villes du Canada ressemble ï celle de la plupart des petites villes la jalousie , la vanité , l’esprit de parti y regnent avec d'autant plus d'empire, que chacun s’y connaît mieux, et que l'origine et l’histoire secrète de chaque famille, offrent plus de matiére aux piquantes plaisanteries.

« Le nombre des femmes galantes, ajoute W. Lambert, est plus considérable dans les villes du Canada, que dans celles de l’ancien Continent , relativement à leur population :

les fréquentes infidélités des hommes et des lemmes , les rapports scandaleux, donnent lieu à de mutuelles récriminations, engendrent l'animosité et détruisent l'harmonie dans les sociétés des premières classes. »

Je vous ai déjà informé que la majorité des habitans de Montréal , est d'origine française , ct par conséquent professe la religion catholique romaine. Indépendamment du séminaire, il y à au moins trente écoles particulières , dirigées par des Irlandais qui tous passent pour avoir beaucoup d'instruction et de connaissances.

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Ici les catholiques et les protestans traitent journellement ensemble sans montrer cet csprit d’aigreur et ces animosités religieuses qui sont si fréquens dans notre malheureux pays.

Ce qui contribue peut-être le plus efficacement à maintenir cet état de choses, c’est que les ininistres de chaque culte sont entretenus aux dépens de ceux qui le professent. Le revenu du clergé de l’église romaine , est établi sur une espèce de dime ou redevance du 26." du produit des terres possédées par les catholiques. Le clergé anglican est entretenu par le gouvernement ; et les pasteurs ou ministres d’autres sectes sont payés par leurs ouailles respectives. Les prêtres de l’église catholique sont des hommes d’un caractère très-respectable et très-loyal, qui ne s'immiscent en aucune manière dans les intérêts temporels de leurs paroissiens, et désirent uniquement de contribuer à leur salut. Ils vivent fort retirés du monde , et on les rencontre rarement, si cc n'est lirsqu'ils vont remplir leurs fonctions sacerdotales. Ils n’ont de rapport avec les laïcs. que ceux que leur ministère rend nécessaires. Leur principal revenu consiste dans les lots et

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ventes ; ou droits de mutation, ce qui en fait un corps très-riche. Ils portent habituellement un large manteau ou robe de soie noire, qui couvre une veste, une colotte et des bas de Ia même couleur , des souliers à boucles, et un chapeau à larges bords. Lorsqu'ils vont dans les rues , ils paraissent toujours ensevelis dans de profondes méditations, et ne font pas plus d'attention aux habitans que s'ils étaient cuxmêmes des êtres d’un autre monde.

Le jour de la Trinité, ils font une grande procession en commémoration de notre Sauveur. Pendant plusieurs semaines avant cette srande fête, elle est le seul objet de conversation entre les catholiques ct les protestans ; et cile est attendue avec impatience par les persounes de toutes les croyances.

Les Canadiens d'origine française, se marient toujours à leurs églises paroissiales, et “énéralement entre huit heures du matin ct midi, À Montréal, (et je crois qu'il en est de méme dans les autres parties dela province) les futurs époux sont accompagnés à la cérémonice par un nombreux cortège d'amis. Comme le plus modeste individu à toujours une calèche

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