BA UE
JR
NT TER TS AE de tr
cer h
la génération présente n'eûtpu voir commencer l'exécution de cet utile projet. Jamais entreprise nationale d’un si grand intérêt n'éprouva plus de difficultés et ne rencontra plus d'opposition. Les argumens les plus ridicules et les plus absurdes furent mis en avant dans l'assemblée législative de l'état , lors de la discussion du bill : un des membres alla jusqu'à dire «qu'on ne pourrait trouver une quantité d'eau suffisante pour alimenter un canal de cette étendue.
Après avoir visité le canal pendant environ deux heures, je retournai à Oak-Orchard , sans aucun accident.
La route de Léwiston à Rochester est communément appelée la route de la Côte ou chemin alluvial ; elle longe la côte du lac Ontario, depuis la rivière de Niagara jusqu’à celle de Genesee, distante d'environ go milles :le chemin sur lequel passent les voitures, est dans quelques endroits fort élevé au-dessus de la contrée adjacente ; mais pendant environ 4o milles, à partir de Léwiston, cette élévation est à peine perceptible ; en Angleterre une semblable route serait regardée comme à peine praticable pour
= = De PME ES
une brouette. Cependant les diligences qui partent de Léwiston à six heures du matin, arrivent à Rochester à 7 heures du soir et parcourent ainsi en 13 heures une distance de 96 milles.
Les diligences américaines sont construites d'une maniere bien différente de celles de l'Angleterre. Elles sont destinées à porter neuf personnes dans l’intérieur et deux à l'extérieur. £es deux dernières sont placées de chaque câté du conducteur; l’impériale est supportée par huit petites colonnes de bois ; la voiture est ouverte de tous les côtés pour recevoir l’air. Si le temps estmauvais, on s’en garantit en abattant des rideaux qui sont relevés sur l’impériale. Une voiture de cette espèce pèse environ 24 quintaux; elles sont suspendues à deux pieds plus haut que les voitures anglaises. Les chevaux sont de la même espèce et généralement aussi bons que ceux employés au même service en Angleterre ; ils sont attelés de la même manicre. Le prix ordinaire d’une place dans ces voitures est de quatre dollars et demi par cent inilles.
Je demeurai trois jours à Oak-Orchard sans
‘es qui matin, soir et ance de
struites les de er neuf lérieur.
ue côté tée par ure est l'air. Si n abatériale.
ron 24 x pieds es chelement service ne maiins ces ar cent
rd sans
pouvoir me procurer une place dans les voitures publiques qui y passaient chaque jour. Je me déterminai le quatrième jour à prendre un charriot de poste. Sous les rapports de la culture, ie pays, entre Léwiston et Rochester, est encore dans l'enfance. I y a dix ans seulement qu’on à commencé à y former des établissemens. Les maisons y sont construites de la même manière que celles du Haut-Canada et les champs également entourés de palissades. La terre y est légère , sablonneuse , et fort inférieure aux plus mauvais terrains de notre province. Malgré cela, les terres , même non encore défrichées, se vendent huit dollars par acre, tandis que pour un dollar, on a , dans le Haut-Canada, une égale quantité de terre dans le meilleur sol. Tels sont les effets du zèle bien entendu d’une sage administration pour la prospérité du pays confié à ses soins.
À l’époque où je quittaile Haut-Canada, tous les habitans jouissaient d’une parfaite santé. Je fus donc fort étonné de voir des malades dans presque toutes les maisons entre Léwiston ct Rochester; mais il paraît qu'il en est souvent ainsi et l’on supporte ces calamités habituelles,
sans se plaindre, parce qu'il n'est pas au pouvoir de l’administration de les faire cesser.
Pendant mon séjour forcé à Oak-Orchard, j'assistai à une revue de la milice, et j'eus le plaisir de voir les singuliers effets de l'égalité et de la liberté sur un corps militaire. Depuis le moment où le colonel du régiment invita, (on ne commande pas sur cette terre de la liberté) depuis le moment dis-je où il invita les soldats à se mettre à leurs rangs, jusqu'à la fin de l'exercice, ce fut un colloque continuel entre les soldats et les ofliciers, et entre ceux-ci et leur chef. La conduite iudisciplinée de ces militaires indépendans, me rappela certaines époques de ma jeunesse. La manière peu respectueuse dont on recevait les ordres, les commandemens, ou les invitations (comme vous voudrez les appeler) du colonel , ressemblait assez à ec qui se passe dans une classe d'étude , en l'absence du maitre, lorsque quelque jeune étourdi vient prendre sa place et imitant son ton doctoral, commande le silence. L’apparente soumission à ce nouveau maître est bientôt troublée; les livres et tous les autres objets qui tombent sous la
)JOUVOir
chard, j'eus le ’égalité Depuis invita , de la | invita jusqu'à 1e con-
ers, et uité 11ns, mc sse. La ceevait sinvita- ) du cose dans naître , rendre , COmon à ce s livres sous la
main des élèves volent à travers la chasse , et les grossières épithètes que je me dispense de répèter lui sont prodigués sans ménagement.
Un colonel américain, et spécialement celui que je vis à Oak-Orchard, est précisément dans la même situation que le substitut du professeur, et n'est pas traité avec plus de respect par les soldats que celui-ci par ses compa
gnons d'étudé : rarement consentaicnt-ils à déférer à ses invitations , quoique présentées sous les formes les plus polies, avant de les avoir examinées et discutées. Enfin après avoi passé environ une heure à manœuvrer et arguinenter alternativement , le colonel jugea convenable de se retirer. I remitle commandement à un capitaine. Celui-ci entra immédiatement dans une taverne voisine, et reparut aussitôt devant le front de son bataillon tenant dans chaque maïn une bouteille de Whisky et un verre entre ses genoux. Dans ce brillant appareil ; il adressa à ses soldats un discours fort éloquent; il leur parla avec emphase de leurs privilèges constitutionneis ; il leur rappela leurs héroiques actions durant ia dernière guerre, et leur heureuse délivrance du joug britan-
vV ?
nique. Après cette pompeuse haran:t:, ie capitaine vida un grand verre de whisky , à la santé de ses braves camarades.
Rochester est situé sur les bords du canal Érié : quoique le terrain sur lequel ce village est placé fût, il y a dix ans, un désert entièrement sauvage, il contient aujourd'hui plus de 5000 habitans et c'est un des plus jolis lieux que j'aie jamais vus. Quoiqu'il y ait cinq hôtels fort vastes , dont chacun peut loger de 50 à 0 voyageurs, je ne pus cependant m'y procurer un lit, le soir de mon arrivée. Tous étaient occupés. et je dus me résigner à passer la nuit sur un sopha. Le lendemain je déjeünai dans le principal hôtel, appelé hôtel de la mairie, avec environ cent personnes qui me parurent être gens bien élevés et de bonne compagnie : le déjeùner, comme en Canada , consistait eu un grand nombre de mets de diverses
espèces , pâtés, gâteaux , tartes , etc. Chacun,
après avoir fini son repas, se levait et sortait sans cérémonie. |
Les rues de Rochester sont tirées au cordeau et coupées à angle droit. Les maisons sont construites en briques, et peintes en rouge
12, le y, à la
, canal village nticrelus de js lieux | hôtels e 5o à
y pro- . Tous
passer jenai de la qui me e com- , CONiverses acun, sortait
rdeau sont rouge
avec un pointillé blanc, Cet embellissement , les jalousies vénitiennes , les places, les arcades, les balcons donnent à ce village un aspect délicieux, et prouvent à la fois le goût, l'industrie et l’'opulence de ses habitans.
Je m'embarquai à Rochester surle paquebot pour me rendre à Utiea qui est distant de 166 milles : le prix du passage dans ces embarations est de six dollars , sans y comprendre la nourriture que l’on y trouve à des prix trèsmodérés , et de très-bonne qualité. Nous traversimces plusieurs villages. Le plus considérable est Canandargua situé à l'embouchure du lac de ce nom : dans ces villages, comme dans tous ceux que j'ai vus aux États-Unis, les maisons sont construites en briques et peintes en rouge ; des saules et des peupliers sont plantés de chaque côté des rues. Ces avenues combinées avec l'élégance, la légèreté et la belle apparence des bâtimens, l’activité des habitans, l'aspect des magasins et des maisons de commerce, tout concourt à donner une idée favorable de l’industrie et du caractère entreprenant des Américains. La principale rue de Canandargua a près de 2 milles de long:
au centre est une place cirrée où sont situés le palais de justice et lesautres bâtimens occupés par les administrations publiques. Ce village est supérieur à tous ceux que j'ai vus soit en Europe, soit en Amérique. En Europe, ou attache une idée de pauvreté au nom de village : il en est tout autrement en Amérique : les villages offrent partout les mêmes apparences d'industrie, de richesse et de goût , que les cités.
On à découvert, il y a peu de temps, à une courte distance de Canandargua une source:
fort curieuse que l’on appelle /a source brûlante. L'eau sort des flancs d’unravin profond et pré sente sur sa surface une flamme rouge qui.
sitôt qu'on en approche du bois, ou toute autre matiere combustible, produit immédia tement une grande clarté. L'eau de cett source cst à la méme température que Peau potable ordinaire, et n’a aucune odeur, ri aucun goût particulier.
Le premier village que nous rencontrâmes ensuite sur le chemin de New-York est A{uburn .
situé à l'embouchure du lac hvaseo. Ce village
contient 1200 habitans et 500 maisons , outre un grand nombre de moulins et de manufac-
situes le
occupés age est Europe, che une il en est villages d'indusés.
s, à une sourC« r'ûlante.
} et pré Ie qui.
Ju touic hincdia le cett ue Peau
eur, lil
ntrâmes Luburu.
e village
s, outre
\anufac-
A NEHW-YORCK. 207
tures. 11 ÿ a aussi une prison destinée à recevoir lescondamnés, etun séminaire pour l'étude de la théologie. On croit généralement que le voisinage du canal qui passe à sept milles au nord de ce beau village, retardera son accroissement, et même occasionnera sa prochaine décadence.
La plupart des passagers qui étaient à bord.
du bateau de Rochester à Utica, étaient des citoyens de New-Yorck , parmi lesquels étaient MM. Waringet Horton, respectables négocians de cette ville, et un jurisconsulte qui nous dit lui-même se nommer le conseiller Childe. Après les premiers momens de la route, lorsque les lieux communs de la conversation entre étrangers furent épuisés , l'entretien se tourna naturellement sur la politique et sur les intérêts civils et militaires des principaux états : des choses on en vient ordinairement aux personnes ; des événemens publics qui ont eu lieu aux hommes qui en ont été les instrumens.
Ainsi à l'occasion de la dernière guerre, on vint à parler du fameux général Jackson. Dans le cours de la discussion sur les qualités et le mérite de cet officier. on m'interpella sur l'opi-
nion que l’on avait de lui dans le Haut-Canada. Je répondis qu'il n'était pas en grande faveur parmi les habitans de cette contrée et j'offris de leur raconter une anecdote qui leur prouverait la vérité de ma remarque : le mot anecdote parut faire un effet merveilleux sur les nerfs de mes auditeurs, et tous écoutèrent en silence mon récit. «Il y a quelque temps, » Messieurs , leur dis-je, un citoyen des États- » Unis vint dans le Haut-Canada avec une » fort belle collection de figures de cire qu'il » exposa à la curiosité des habitans d’Yorck. » Dans le nombre des héros américains dont » les figures se trouvaient dans cette collection, » était celle du général Jackson ; aussitôt que » les habitans d’Yorck furent instruits de cette
circonstance, la considération que l'on avait » pour ce personnage détermina à députer » auprés du propriétaire quelques personnes » pour acheter le portrait de cette Excellence. » Quand on sut le prix qu'il en demandait, » une souscription fut ouverte et chacun s'em- + pressa d'y concourir, ea sorte que la somme » nécessaire fut bientôt réunie : elle fut aussi-
tôt remise au propriétaire des figures; et le
Sanada.
e faveur t j'offris r prou- Dt anec-
sur les èrent en temps , es Étatsec une ire qu'il d'Yorck.
ins dont lection , itôt que de cette on avait députer rsonnes ellence.
andait , n s'em-
somine il aussi--
“: etle
» général Jackson enlevé de l'honorable com- » pagnie où il se trouvait, fut remis entre les + mains de quelques vigoureux Canadiens, » aux acclamations unanimes d’un grand nom- » bre de spectateurs. Mais dans quelle vue, » et à quelle intention pensez-vous qu'on eut » acheté cette figure? Était-ce pour la placer » dans quelque lieu bien apparent de la cité où » elle aurait reçu les hommages de ses admi- » rateurs? non:on était dans l'été, et les rayons » du soleil l’auraicnt eu bientôt fondue. Une nuit » fut donc assignée pour célébrer le triomphe du » héros; et à l'heure indiquée, il fut amenésur » le lieu de la fête, élevé au bout d'un grand » bâton et brûlé à la vue de tout le peuple. »
La plupart de mes auditeurs rirent beaucoup de la conclusion de mon histoire ; mais M. je conseiller Childe, que j'ai su depuis être un fougueux républicain et de plus un déiste, fut fort scandalisé du sacrifège commis par les Canadiens, et plus encore de voir ses compairiotes en rire. Il dit qu'il ne pouvait comprendre comment des kommes qui jouissaient de l'indépendance que ce grand et magnantïme héros (le général Jackson avait si puissamment
contribué à maintenir, pouvaientoublier l'estimable bienfait qu'ils devaient à sa valeur, ct entendre gaiement le récit des insultes faites à son nom. Le conseiller mit tant de chaleur dans cette discussion, que ceux qui paraissaient le plusdisposés à le contredire, crurent qu'il était plus prudent de céder et de laisser M. Childe faire l’apothéose de son héros , plutôt que d’exaspérer son caractère qui était naturellement bon. Nous cûmes , dans la suite , l’occasion de nous convaincre que c'était un homme d’un esprit agréable , bon compagnon, et nous lui donnâmes le plaisant sobriquet de général Jackson, qui lui demeura pendant tout le reste du voyage. La contestation de M. Childe et ses compatriotes qui d’ailleurs avaient, comme lui , une haute idée des prouesses militaires de
Jackson, portait sur les prétentions de ce généra]l à la présidence des Etats-Unis. Personne, à l'exception de M. Childe, ne voulait lui reconuaitre les qualités nécessaires pour cet éminentemploi. Mais M. Childe paraissait prendre à tâche et regarder comme flaffaire la plus
importante de sa vie de proner l’universalité des talens de son personnage favori.
rl'esticur, ct y faites haleur parais- ‘rurent laisser , plutôt aturell'occa- 10mine et nous général le reste ilde et ‘omme ires de ce gésonne, recont émirendre a plus rsalité
Quoique L ‘ira eoutienne plus de 4000 habians, on ne l'appelle pas moins un village. Il est situé sur le rivage sud de la Mohawk, et prés du lieu où était autrefois le fort Schuyler. C'est un lieu très-commerçant , et on ne doute pas qu'il ne prenne un accroissement rapide en population et en richesses. Le canal qui traverse ce village, et plusieurs autres avantages dont il jouit, concourent à en faire un des lieux les plus favorables au commerce dans l'état de New-Yorck.
Je montai, à Utica, dans une diligence avec MM. Waring et Horton, pour aller aux sources de Ballston et de Saratga , À environ 80 milles. Dans le cours de ce voyage, où l’on suit presque toujours les bords de la Mohawk, nous eùmes la vue de la délicieuse vallée, appelce le Herkimer et les Plaines Allemandes ; vallée qui fut autrefois le théître de la gucrre et du carnage , et qui est aujourd'hui couverte «de toutes les beautés et de tous les trsors de la culture.
À peu de distance de Sehenectady, on à construit un beau pont sur la Moawk: il 9 et est fortifié. Schenectad)
997 pieds de long,
272 VOYAGE est une des plus anciennes villes de l'Amérique. Elle fut brûlée par les Indiens en 1680 , et : souffert beaucoup d'un second incendie en 1819. Le collège de l'Union est le principal édifice public : il est construit entièrement en briques. Il n'était pas tout-à-fait achevé quand je l'ai vu. Deux cents jeunes gens font leurs études dans cet établissement : ils paient ännuellement 130 dollars , environ 29 liv. sterl., et 15 schellings.
Schuylersvilie, petit village , qui ne contient que quarante maisons, est célèbre comme ja résidence de Philippe Schuyler, écuyer, fils, je crois, du dernier général Schuyler ; mais il est encore plus célèbre comme le lieu où le général Burgoyne se reudit à l'armée Améri- *aine au mois d'octobre 1957. L'endroit même où il mit bas les armes, est remarquable par les ruines d'un petit retranchement ; et est montré par les Américains aux étrangers, avec un sentiment d’orgueil qu'ils semblent vou-
loir faire partager aux Anglais même. J'avoue
qu'en voyant cette place, je n'ai pu me dé-
fend;e d’une vive émotion , mais qui n'avait rien de commun «avec l'air triomphant que
rique.
, et die en incipal ent en quand + leurs nt än- sterl..
ontient mime jà r. fils, mais il u où le Ainéritmême ble par et est rs, Avec it vou- J'avoue ne dén'avait nt que
montrent les Amr'icains. A six milles de Schuylersville, est la maison où mourut le général Fraser, blessé dans une des actions qui précédèrent la reddition de Burgoyne, et x peu de distance, la colline où il fut enterré pendant que les deux armées se battaient; le bruit de l'artillerie accompagnait les chants funèbres, et les boulets tombaient au milieu du cortège. Cette maison, alors occupée par la baronne de Reidsell, femme d'un des officiers supérieurs de l’armée anglaise , est aujourd’hui une taverne.
Le premierendroit que nous visitâmes , après avoir quitté Schuylersville, fut Saratoga , lieu fameux , principalement par ses nombreuses sources minérales , ét comme rendez-vous de la bonne compagnie pendant l'été. Lorsque j'arrivai à Saratoga, la saison était avancée ; la plupart des étrangers s'étaient retirés ; cependant il v avait encore un assez grand nombre de voyageurs dans toutes les auberges. Je descendis à l'hôtel du Congres, qui est le plus considérable : 1! consiste en un beau Râtiment de deux étages; son front a 196 pieds d’étendue ;et les deux ailes, placées aux extrémités. Tour I 18
474 VUYACE
ont soixante pieds de profondeur. Sur le devant de l'hôtel, est une très-jolie place , qui communique à un fort beau jardin et à un petit bois de pins, dépendant de l'établissement. On dit que cet hôtel peut recevoir et loger commodément deux cents personnes , qui toutes déjeunent, dinent et soupent à la même table. Vingt domestiques au moins y sont continuellement occupés au service des étrangers. Dans cette terre de liberté et d'indépendance, un homme comme il faut ne daigne pas prendre la peine de découper un plat; ce qui rend le service des domestiques, pendant les repas , extrêmement pénible. L'usage à table, dans les parties des Etats-Unis que j'ai visitées, cest que chacun des convives, au moment où il est assis, porte les yeux à droite et à gauche, pour découvrir le plat qui lui convient le mieux; il l'indique aussitôt à un domestique , qui lui apporte le plat devant lui, et après qu'il s'est servi un morceau de son choix, va lè replacer au lieu où il était. Cet usage entraine beaucoup de confusion.
Pendant tout le repas, on n'entend que Îes
cris : garcon portez-moi ceci ; garcon portez
le dc-
e , qui t à un ablisseevoir et onnes ; nt à la moins Y vice des et d'infaut ne uper un stiques , ble. L’u- Unis que 'ives , uu à droite qui lui tôt à un devant rceau de il était.
nfusion.
que es
[ porlez
A NEW-=YORCK. 279 moi celu ; en sorte que les domestiques et les mets sont dans un perpétuel mouvement. On n'observe dans ces maisons, même dans celles où se trouve la meilleure compagnie, aucune étiquette , ni cérémonie.
Un homme n'a pas plutôt achevé son repas, c'est-à-dire, satisfait son appétit, qu'il quitte la table , et va sur la place fumer un cigarre. Les Américains mangent extrêmement vite, et à peine un homme qui mange modérément et avec moins de précipitation , a-t-il eu le temps d'achever son diner, que la table est déserte et desservie. Je n'ai parlé jusqu’à présent des étrangers qui se trouvaient à Saratoga, que comme s'il n'y avait eu que des hommes : je ne dois pas oublier de dire que beaucoup de dames vont aussi visiter ces sources ; mais peu , je crois, y vont à raison de leur santé. A l'hôtel du Congrès, il y en avait plusieurs à l'époaue où je m'y trouvai, et j'avais le plaisir de les rencontrer souvent le matin, à une source voisine qu'on appelle aussi la Source du Congres. Elles étaient dans l'usage de boire chaque jour une petite quantité d'eau; et comme elles me paraissaient maigres et décolorées, je croyais
qu'elles prenaient ces eaux comme remède contre la jaunisse ou contre quelqu'autre in-
commodité; mais quand j'arrivai à New-Yorck ,
je reconnus que presque toutes les femmes
avaient la même pâleur, sans que cela fût un
signe de maladie.
À peu de distance de la source du Congrès, sur le revers Occidental d’une vallée qui borde à l'est le village de Saratoga , est une autre source qu'on appelle {a Haute- Roche. Le ro-
cher dans lequel cette source est renfermée , est de forme conique ; il a neuf pieds de diamètre à sa base, et sa hauteur est de cinq pieds. L'eau ne s'élève à présent que jusqu'à deux pieds au-dessous du bord supérieur du rocher , ce qui, dans l'opinion commune, est attribué à la chûte d’un arbre, qui, en tombant, à fait une crevasse par laquelle l’eau s'écoule , ce qui l'empêche de s'élever jusqu'à l'ouverture naturelle, comme elle le faisait primitivement.
La plupart des autres sources minérales qui ont rendu les environs de Saratoga si fameux, et qui y attirent tant de’monde , sont placées entre la source du Congrès et celle du Haut-
: remède autre inw-Yorck,
fenimes la fût un
Congrès, qui borde ne autre re. Le ronfermée ,
s de diade cinq e jusqu'à érieur du iune, est en tomelle l’eau r jusqu'à sait pri-
rales qui fameux, t placées u Haut-
À NEW-YOBCR. 2
Rocher. Les deux principales sont celle d'Hamilton, et celle de Monroe. On y a construit des bains vastes et commodes, qui sont trèsfréquentés pendant, l'été, plutôt par partie de plaisir que par raison de santé. Ces eaux sont cependant salutaires et efficaces dans un grand nombre de maladies.
Avant de continuer le récit de mon voyage à New-Yorck , je dirai encore quelques mots de la contrée, située entre Lewiston et ratoga. Si on la compare avec le Haut-Can. a, sous le rapport des situations pittoresques, sans doute elle doit l'emporter. Le Haut-Canada est un pays plat ; et celui-ci est au contraire coupé par des collines et des vallées qui contribuent
à varier l'aspect monotone qu'il présenterait
dans son état actuel de culture. Mais si on les compare sous le rapport de la fertilité du sol , et des productions dont ils sont susceptibles , les terrains cultivés ou encore en friche du Haut-Canada auront certainement la préférence. Dans tout le cours de mon voyage, depuis la rivière de Niagara jusqu'à Saratoga , je n'ai pas remarqué un seul acre de terre qu'on puisse qualifier de terre excellente ; je dois en
Le <= — zu > O0 Lu Œ u À = OR un +
23 WT .T MAIN STPEET (716) 872-4503