WEBSTER, N.Y
Photographic
excepter cependant les fonds alluviaux de la rivière de Mohawk, dont j'ai déjà parlé. Partout ailleurs je n'ai vu qu'un terrain léger et sablonneux , sans aucun mélance de cette matière végétale qui couvre la surface de toutes les terres du Haut-Canada. J'ai été souvent étonné , pendant mon séjour dans cette province, de voir émigrer un si grand nombre d’habitans de l'Etat de New-Yorck, pour venir s'établir parmi nous ; mais quand j'ai vu pax moi-même les nombreux encouragemens que reçoit l’agriculture dans les Etats-Unis, j’ai dû reconnaître que la raison qui déterminait les habitans de New-Yorck à changer de contrée, était la grande supériorité du sol du Haut-Canada sur le leur. La différence excessive dans le prix des terres peut être aussi considérée comme une cause déterminante de ces émigrations. Cur, ainsi que je l’ai déjà dit, un acre de terre de mauvaise qualité se vend huit dollars dans l'Etat de New-Yorck, tandis que pour deux dollars, et même pour un, on peut acheter un acre de terre de qualité bien supérieure dans le Haut-Canada. Tels sont, je le répète, les heureux résultats des efforts que
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D'après ce que j'ai vu des Etats-Unis, les avantages qu'ils présentent aux diverses classes d'émigrans sont si faibles, comparés avec ceux que présente le Canada , que je ne puis concevoir comment un homme qui à vécu dans la Grande-Bretagne ou en Irlande , peut concilier avec la prudence et le patriotisme, la préférence accordée à une république ennemie ; à une république qui s'est soustraite à l'obéissance qu'elle devait à la métropole ; tandis qu'on peut trouver dans les colonies anglaises des privilèges beaucoup plus étendus , ct de bien plus grands avantages , indépendamment de la fertilité du sol, et du bas prix des terres. Quant à moi , je préfèrerais le pain de la pitié dans le Canada , au luxe et à l’abondance dans les Etats-Unis. Comment un véritable anglais, qui conserve quelque attachement pour sa patrie et pour les institutions libérales qui la régissent , pourrait-il vivre dans un pays , où, à moins qu'il ne se séquestre entièrement de la société des hommes, il ne pourra passer un jour sans entendre condam-
ner ce qu'il y a de plus appréciable dans la constitution de l'Angleterre , et vilipender les hommes d'Etat les plus respectables.
Après quelques jours de séjour à Saratoga, je partis pour New-Yorck, dans la diligence, avec M. Waring, et deux autres habitans de cette ville : nous laissâmes M. Horton à Saratoga. Noustraversâmes les villages de Ballston, Waterford , Lansingburgkh, et la ville de Troy. La situation de cette dernière ville est trèsbelle. Entource, du côté de l’est, de collines et de vallons délicieux , elle est bordée à l’ouest . par la rivière d'Hudson ; elle offre un aspect fort agréable : sa population est d’environ 8000 âmes.
Nous arrivâmes avant midi à 4/bany, capitale de l'Etat de New-Yorcx. Cette ville est à six mille de Troy : quoique les rues en soient étroites et de peu d'apparence, on y trouve plusieurs bâtimens d’une construction élégante ; mais il Y en a un assez grand nombre d'une structure particulière , qui rappellent au souvenir des spectateurs que les premiers habitans de cette Cité furent les Hollandais. Ces maisons sont presque entièrement construites
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Nous nous embarquâmes à Albany , sur un beau bateau à vapeur nommé {le Chancelier Livingstone. La distance d’Albany à New- Yorck est de 160 milles : le prix du passage , y compris la nourriture et tout ce dont un voyageur peut avoir besoin , est de six dollars.
La rivière d'Hudson ;, sur laquelle nous navigâmes d’Albany à New-Yorck , a été citée par plusieurs voyageurs distingués comme la plus pittoresque et la plus magnifique rivière de toute l'Amérique. Mais je dois l'avouer , le St.- Laurent, à mon avis, a plus de droit à ces deux titres. Cependant, malgré ma prédilection pour le Saint-Laurent, prédilection qui tient peut-être à ce que j'ai vu ce fleuve majestueux avant celui d'Hudson, et à l'impression qu'a dû faire sur mon âme cette première vue , je ne puis me dispenser de reconnaître que l'Hudson possède des beautés qui lui méritent cette réputation classique qu'il a obtenue, et qui l’a fait surnommer le Tibre de l’ Amérique.
West-Point, (Pointe de l'Ouest), poste im-
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