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portant occupé par l’armée Américaine pendant la guerre de l'indépendance, est situé sur la rive Occidentale de l'Hudson , près de l’entrée des montagnes. Ce village consiste en quelques maisons, et a de plus une Académie militaire construite dans une plaine assez vaste qui borde la rivière.
On ne peut nommer West-Point, sans se rappeler la fin tragique du major André. Get infortuné jeune homme avait 29 ans lorsqu'il passa en Amérique. Il réunissait, au caractère et aux qualités sociales , les plus aimables des connaissances étendues qui lui avaient mérité l'entière confiance de ses chefs. Il était le favori déclaré de l’armée anglaise. Familiarisé avec l'étude des auteurs classiques de l'antiquité , il possédait aussi dansune certaine perfection , les arts agréables : la peinture , la musique, la poésie. 11 avait, dans sa jeunesse , conçu un violent attachement pour une dame, à qui il adressait ses épitres sous lenom de Délia. I lui consacrait tous les momens qu'il pouvait dérober aux occupations nombreuses du négoce. Par elle, et par elle seule, il connaissait tour-à-tour {a douleur et la joie, l'espérance et
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A NEW-YORCK. 89 la crainte. Mais le mariage inattendu de l’objet de ses affections et de ses chants , avec un rival plus heureux, fut pour lui un coup fatal, qui le décida à chercher dans la vie active des camps, un remède à la blessure que son cœur avait reçue.
Voici le portrait qu’a tracé de lui son biographe :
« Il y avait dans le caractère , comme dans les avantures du major André , quelque chose de singulièrement intéressant. À une grande intelligence, que l'éducation et les voyages avaient encore développée , il joignait des maniéres élégantes, un esprit cultivé . et tous les avantages personnels. Savant sans ostentation , ses sentimens élevés inspiraient l'estime, comme sa douceur et sa modestie lui conciliaient l'affection. Son élocution était agréable; son ton poli et insinuant.
« Il avait acquis , par son mérite, la confiance illimitée de son général. 11 avançait rapidement dans la carrière militaire, et sa réputation devenait chaque jour plus honorable ; mais arrivé aux rangs supérieurs, lorsqu'il pouvait entrevoir de nouvelles espérances dans
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le succès d’un projet avantageux à son parti, dont l'exécution lui avaitété confiée, il fut toutà-coup précipité du sommet de la prospérité , dans l’abime de l’infortune , et perdit, avec la vie, les flatteuses illusions de l'ambition et de
la gloire. »
Dans le cours de sa brillante et rapide carrière , cet officier distingué fut chargé d'une commission qui devait consolider sa réputation , et immortaliser son nom. Il fit avec le traitre Arnold, un traité pour la reddition à l'armée anglaise, du fort de West-Point, et des forces américaines que ce général avait sous son commandement. Les agens de cette négociation étaient , pour l'Angleterre , le colonel Robinson, qui, ayant abandonné le service des indépendans , avait joint l’armée royale à New-Yorck, et le major André : ils avaient de fréquentes communications avec le général Arnold , des bords du Fautour, sloop de guerre qui était alors à l’ancre dans la baie d'Haverstraw , à dix milles au-dessous de Stoney et de Verplanck’s-Point.
Une nuit du mois de septembre 1780 , fut fixée pour le fatal rendez-vous entre Arnold et
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le major André. Sous prétexte de correspondre avec le général de l’armée royale, pour entamer un traité de paix, Arnold avait engagé à son service un citoyen respectable et intelligent, nommé Smith. Un bateau fut dépèché à bord du F'autour, sous la direction de Smith , pour conduire l’agent anglais au lieu fixé pour l'entrevue. Il portait un passe-port pour le colonel Robinson, et un autre en blanc pour la personne qui devait accompagner cet officier. Ce dernier passe-port fut rempli du nom de John Anderson, et sous ce nom, le major André consentit à être transporté sur la rive, d'où il ne devait plus revenir. Le lieu désigné pour l’entrevue était au pied d’une montagne appelée le Long Clos , sur le bord Occidental de la rivière d'Hudson. Arnold était déjà au rendez-vous. Le major, à son arrivée , trouva ce général caché dans un épais taillis , qui fut le lieu de leur conférence. Leur conversation secrète s'étant prolongée jusqu'au jour, le major André jugea qu’il lui était impossible de retourner à bord du Fautour , sans être aperçu des forts de Stoney et de Verplanck’s-Point. Il fut conduit chez Smith, où il changea son
habit militaire pour un vêtement bourgeois ; et vers le soir il partit avec un passe-port du général américain , accompagné de Smith luimême. Ils passèrent la première nuit de leur voyage, chezM.Mac-Koy , à environ 8 milles du lieu d’oùils étaient partis. Le lendemain, ils continuèrent leur route,et arrivèrent à Pine-Bridge, où ils traversèrent la rivière de Proton , l'une des branches del'Æudson. Ils n'avaient jusquelà rencontré aucun obstacle dans leur marche, et André se sépara de son guide, après avoir pris des renseignemens sur le chemin qu’il devait suivre. Mais à peine eut:il fait quelques milles, qu'il fût arrêté par trois soldats de milice qui étaient à la découverte entre Jes avant-postes des deux armées , près de T'arry-Town. Ils saisirent la bride de son cheval, au moment où il passait dans un sentier étroit. Le major, au lieu de montrer le passe-port du général Arnold , leur demanda qui ils étaient , et à quelle armée ils appartenaient? Îls répondirent à celle qui est là bas. Le major, ne soupçonnant aucune fraude , et croyant qu'ils indiquaient l'armée anglaise, leur répondit et moi ausst; il leur déclara qu'il était officier anglais , et les
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A NEVW-YONCK, 285
pria de le laisser passer , parce qu'il était chargé d’une commission importante. On lui donna bientôt à entendre qu’une simple prière ne suffirait pas pour le faire relâcher. André voyant leur mauvaise volonté, leur offrit une belle montre d'or; mais son empressement même à faire un pareil sacrifice pour obtenir la liberté, ne fit qu'’accroître les soupçons des soldats qui l'avaient arrêté, et ils résolurent de l’amener à l'écart pour l’examiner avec plus d'attention. Ils ne cherchèrent pas long-temps sans découvrir des papiers écrits de la main d’Arnold, que le major avait cachés dans ses bottes , etqui étaient relatifs à la défense et aux forces du fort de West-Point.
Aussitôt que les soldats Américains eurent fait part de cette découverte aux autorités compétentes , elles dépêchèrent sur-le-champ au général Wasingthon, pour l'informer de ces faits, et le major André écrivit en même temps au général Arnold , pourse plaindre de ce qu’on l'avait arrêté, et de ce qu’on le détenait prisonnier. Par suite de quelque méprise du messager qui portait les dépêches au général
Wasinghton , Arnold fut instruit de ce qui a
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se passait quelques momens avant que l'avis en füt parvenu à Washingthon. Aussitôt qu'il cut lu les lettres, il monta sur le cheval du messager, et descendit au galop une pente rapide qui le conduisit au bord de la rivière. Il sauta aussitôt dans un des bateaux qui étaient toujours prêts en cet endroit, et ordonna aux rameurs de descendre la rivière et de le conduire à bord du F’autour. Dans cet intervalle, le général Wasingthon avait reçu ses dépêches; et à peine Arnold avait-il passé les pointes de Stoney et de Verplanck, quand le colonel Hamilton arriva dans ce dernier lieu avec ordre de l'arrêter. |
C'est le 23 septembre , que le major André fut fait prisonnier ; et le 29 du même mois, un Conseil d'officiers généraux , nommés par Wasingthon , déclara que le major André, adjudant-général dans l’armée Anglaise , devait être considéré comme espion ,et le condamna, en cette qualité, conformément aux lois de la guerre , à subir la peine de mort.
On objecta contre cette sentence, qu'André ayant été reçu dans le camp des Américains, comme parlementaire, et sur la demande du
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général Arnold , commandant du district , il avait eu droit à lui demander un passe-port et un sauf-conduit pour son retout. La sentence aurait été annulée, si les Anglais avaient consenti à remettre Arnold entre les mains des Américains ; mais le général de l’armée royale ayant refusé d’adhérer à cette demande, André fut exécuté le 2 octobre 1780, à Tappan , autrement appelé Orangetown, où ses dépouilles mortelles furent péposées.
Ainsi périt à la fleur de l’âge, et au milieu de sa carrière , un brave ct infortuné militaire, doué de tous les dons de la nature et de l’éducation, admiré et estimé de ses compatriotes ; victime de son zèle ardent pour la gloire et le bonheur de son pays, et d’une ambition louable, qui le faisait courir après de nouveaux lauriers. Par une réminiscence bien honorable à la mémoire de ce brave oflicier, le gouverne ment Britannique a fait, il y a peu de temps, transporter ses restes en Angleterre, où ils ont été placés dans les souterrains destinés aux tombeaux de la famille royale. Quand la tombe fut ouverte, en Amérique, on trouva la tête du jeune héros entourée des racines d'un cy- Towr I.
290 VOYAGE près qui croissait à côté. Cet arbre a dit-on , été transporté en Angleterre, et embellit le jardin particulier de Georges IV.
Parmi les objets qui attirèrent mon attention dans ce voyage, je dois citer la chaîne de montagnes appelée l'ishkill, où simplement les Hautes terres. Elles se prolongent sur les deux rives de l'Hudson, l'espace d'environ vingt milles , et ont, dans quelques endroits, seize milles de profondeur. La plus haute de ces montagnes a environ 1560 pieds d’élévation. Sur la côte Sud, à l'entrée de ces montagnes, en venant de New-Yorck, on voit le vieux fort de F’erplanck’s-Point, et sur la rive opposée , celui de Stoney-Point. À dix milles plus avant, sur la rive septentrionale de l’'Hudson , cest le fort Montgomery. Pendant tout ce trajet , les tableaux les plus variés captivèrent tellement mon attention, que j’arrivai à New- Yorck , sans avoir éprouvé le moindre ennui, et, pour ainsi dire, sans m'être aperçu que j'étais en voyage.
À notre descente du bateau , je m'informai où était l'Hôtel de la Cité, et m'étant procuré un porteur pour mon bagage, je m'y rendis
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avec un de mes compagnons de route. Dans les rues, par lequelles je passai, je remarquai avec plaisir une grande apparence de propreté et d'élégance dans les bâtimens. Les maisons sont, en général, construites en briques et peintes en rouges avec des lignes blanches sur le wortier qui les unit.
L’ÆHôtel de la Cité est un fort vaste bâtiment de cinq étages. Il contient soixante -treize chambres. C’est le meilleur hôtel de la ville, ct il est fréquenté par les personnes les plus considérables du pays. La salle à manger est grande, commode et bien meublée. Mais les chambres à coucher , comme presque toutes celles de l'Amérique, ont des lits sans rideaux et des draps en toile de coton : elles sont sous tous les autres rapports, absolument dénuées de meubles, et fort inférieures à celles qu'on trouve dans les plus modestes auberges de l'Europe.
Tout le monde se réunit à des heures fixes pour les repas : le déjeùner à huit heures ; le diner à deux heures après midi ; à sept heures le thé ; et le souper à onze heures du soir. Les comestibles sont de fort bonne qualité à l’ex-
202 VOYAGE ception des végétaux, qui sont d'une qualité médiocre, peu abondans, et qui généralement manquent dans le pays. Là , comme dans tous les autres lieux des Etats-Unis, où j'avais passé , chaque convive se sert lui-même. Il indique au domestique le plus à sa portée le plat qui lui convient, et se le fait apporter. Avant d’avoir vu cet usage pratiqué à New-Yorck , je m'imaginais qu'il était seulement particulier aux auberges où je m'étais précédemment arrêté 3 mais je suis maintenant convaincu qu'il est général sur le continent Américain. La dépense pour la table et le logement est de dix dollars par semaine : le vin ct toute autre espèce de liqueurs se paient séparément. Ce serait envain que vous attendriez pendant votre diner un verre d’ale ou de bierre : on n’y sert aucune boisson de cette espèce ; on y boit généralement de l’eau mêlée avec des liqueurs spiritueuses : pour en obtenir, il faut appeler le garçon, lui dire son nom et le numéro de l'appartement qu'on occupe dans l'hôtel, et lui donner l’ordre de vous apporter à boire. Il transmet cet ordre
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au comptoir ; alors l'on vous apporte l'espèce et la quantité que vous avez demandées.
Les Américains ont à peine avalé le dernier morceau , qu'ils quittent la table, sans aucun égard aux règles de politesse et d'étiquette qu'on observe en Europe, et qu'ils regardent comme destructives de la liberté et de l’indépendance. Ils se rendent immédiatement dans la salle commune pour y fumer leur cigarre.
Les édifices publics de New-Yorck sont nombreux ; mais tous sont construits d’une manicre fort simple, etaucun ne mérite une mention particulière, si ce n’est l’hôtel-de-ville , bâtiment vaste, d’une architecture élégante et construit en marbre blanc. Cet édifice est consacré à l’usage du Conseil commun, des cours de justice et des divers bureaux attachés à ces départemens. Il y a aussi plusieurs appartemens pour la commodité des membres de ces tribunaux ou administrations. J’assistai à une audience d’une des cours de justice : je fus fort étonné de voir les juges , les conseillers, les jurés et les spectateurs tous vêtus de la même manière. Il me semble que cette uniformité de costume, ces fracs et ces redingotes, qui
ne permettent pas de distinguer les magistrats et les gens de lois des autres assistans, font perdre aux premiers une partie de la condition et du respect auxquels leurs lumières et leur sagacité leur donnent des droits.
Si l’on peut juger des sentimens religieux des habitans de New-Yorck, par le nombre des édifices consacrés au culte divin , nous devons en avoir une très-haute opinion ; il y a dans cette ville quatre-vingt-deux églises ou temples de diverses, sectes. Mais ma résidence, dans ce pays, a été trop courte pour que j aie pu apprécier l'état de la morale et de la religion chez ses habitans.
Plusieurs écrivains ont reproché à la ville de New-Yorck, la malpropreté de ses rues.
Quant à moi, pendant mon séjour, je les ai trouvées , au contraire , extrêmement propres. Je n'ai remarqué rien de désagréable dans son enceinte, si ce n’est la liberté accordée aux cochons de parcourir la ville. Les boutiques dans les rues principales et spécialement dans Broadway , m'ont paru disposées avec goût, et présenter un aspect aussi agréable que varié.
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Ils m'ont paru , au contraire, fort recherchés dans leur costume , et je n'ai vu ni dans Portland-Pluce , ni dans aucun des autres lieux où se réunit la bonne compagnie, de gentlemen plus élégamment vêtus et d’un extérieur plus agréable. Ils ont la taille haute et élancée : mais ils sont, la plupart, mal faits. Ils diffèrent en cela des dames qui, quoique assez grandes, ont généralement la taille et les formes fort élégantes. En revanche ils l'emportent sur le beau sexe par la couleur de leur teint : les femmes y ont généralement la peau jaune, ce qui leur donne un air malade cet le regard triste. Les dames se promènent , dans les rues, seules :
rarement on les voit accompagnées de quelque cavalier. J'ai remarqué en général dans toute l'Amérique , que les hommes n’ont pas pour les dames cette attention et cette courtoisie qui distingent les Européens. Peut-être cette absence de galanterie tient-elle à leur idées d'indépendance et de liberté ; ou bien à ce que presque tous les hommes occupés d'affaires commerciales ou politiques , n'ont pas le temps de chercher à plaire. Quoiqu'il en
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200 VOYAGE soit, on peut dire que sous ce rapport, les Américains sont fort en arrière de nous.
Les principaux lieux destinés aux amusemens publics, sont e théâtre et les jardins du Wauxhall. Le théâtre est un bâtiment d’une agréable simplicité : les décorations et les embellissemens n'ont rien de bien recherché, mais sont supportables. I] y à dans la troupe dramatique, plusieurs comédiens anglais, qui sont écoutés avec plaisir et dont on apprécie le jeu. Les jardins du wauxhall n'ont, avec ceux de Londres, de commun que le nom; et la comparaison n'est pas en faveur de ceux de New-Yorck.
La prison publique est un vaste bâtiment d’architecture dorique. Il est situé, à environ un mille et demi de la ville, sur une hauteur, dans un lieu qu'on appelle Greenwich, près des bords de l'Hudson. On ne reçoit, dans cette prison, que les individus condamnés à plus de trois ans de détention. Ceux qui doivent subir une moindre peine sont placés dans des prisons d'un ordre inférieur. Les prisonniers sont vêtus ct nourris dans l’établissement. On les emploie pendant la durée de leur réclusion , à des
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travaux pénibles. Dans le cours de l'année 1814, il entra dans la prison de Greenwich, deux cent treize condamnés , dont 173 Américains, 15 Irlandais , 13 Anglais, 3 natifs de la Nouvelle-Ecosse, 3 des Indes-Occidentales, un Français, un Allemand, un Portugais, un Suédois, un Hollandais ct un Ecossais. Cette énumération de condamnés dans l’espace d’une année, prouve en faveur des Ecossais, bien plus que ne pourrait le faire un grand nombre de volumes. En effet, le nombre des Ecossais établis dans l’état de New-Yorck est beaucoup plus considérable que celui des Anglais et des Irlandais réunis. On doit attribuer cette différence aux excellens principes moraux et reli-
gieux que les Ecossais reçoivent dans leur
enfance.
Je craindrais d’être inexact, si je dennais des détails plus étendus sur les habitudes, les mœurs , le commerce et la législation de l'état de New-Yorck. Ma courte résidence dans ce pays, ne m'a pas permis de m'instruire complètement sur ces divers points. Je me suis borné à dire ce j'ai vu et ce qui m'a plus particuliérement frappé.
Après deux mois d'absence , je rentrai dans le Canada : je revis l'établissement de mon père. Je me retrouvai dans le sein de ma famille avec ce sentiment de plaisir qu’on éprouve à revoir des objets qui nous sont chers et avec lesquels l’on vit dans cette douce intimité, dans cette parfaite union, qui font le charme de la vie domestique.
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