‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 7 sur 39 · RE Ï · texte numérisé non relu

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60 LETTRE XXIN\.

sieurs millions d'individus de la race humaine. Lorsque nous considérons l’importante vérité de cette assertion , et que nous nous rappelons en même temps que cette maladie, dans ses plus hauts périodes, a été jusqu'ici incurable, nous sommes bien fondés à concevoir de sérieuses alarmes pour l'avenir. Mais on doit espérer que la divine Providence, qui a si merveilleusement détruit, par la découverte de l'innoculation de la vaccine, les justes terreurs qu'inspirait la petite vérole, daignera également nous découvrir des remèdes propres à faire disparaître cette affligeante maladie. »

Dans le Haut-Canada, la sociète se divise en deux classes : la première se compose d'hommes de différentes professions , négocians , officiers civils et militaires, membres du parlement provincial ; et la seconde, des fermiers et des ouvriers , artisans ou laboureurs, qui s associent ensemble en toutes occasions, sans distinction entre eux.

La première classe s'habille exactement de la même manière qu’en Angleterre. Mais les homines sont beaucoup moinsinstruits, et les femmes n’ont pas les manières aussi disinguées;

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elles aiment beaucoup à se trouver dans les assembices publiques, et paraissent prendre peu d'intérêt aux petites réunions de société. Dans l'hiver, seule saison de l’année où on se fasse des visites en Canada, les bals par souscription sont fort à la mode. D'après cela, toute taverne dans le pays, fut-elle dénuée de tout autre agrément, à toujours une grande sall

de bal à offrir aux amateurs. On nomme des comunissaires pour une soirée seulement, où pour toute la saison. C'est à eux à envoyer les billets d'admission aux différens souscripteurs. à donner les ordres pour les différentes dispositions d'agrément , à faire décorer convenablement la maison, et à recueillir le montant des souscriptions , dont le propriétaire de l'hôtel les considère toujours comme responsables. La souscription des hommes est en général de cinq dollars : les dames ne payent rien. Pour cette somme , vous avez le droit de mener avec vous une partenaire et un domestique, et d’être pourvu de vin, de liqueurs , de thé, et d’un souper pour vous et votre belle compagne. Les arrivans , étrangers ou non,

sont admis en produisant leurs billets sans au-

cune présentation. Jusqu'à ce que la danse commence, il règne un silence solennel dans toute l'assemblée : les hommes sont assis d’un côté, les femmes de l'autre. I semble qu'il : “it entre eux une ligne de démarcation qu'on ne pourrait dépasser sans commettre un crime de haute trahison. Lorsque le signal d'ordre pour la danse estenfin donné, les hommes indiquent leur intention de prendre une partenaire, en se placant maussadement devant leur belle antagoniste, et faisant en mème temps une inclination de tête si roide , que vous croiriez, au moment où elle se penche, que l'épine ct la moelle du dos vont se séparer.

Is paraissent aimer beaucoup les contredanses ; et les dames semblent se défier les unes les autres, pour former les figures les plus difficiles. Leurs danses ont peu de pas, et ces pas sont exirémement simples. Lorsque le souper est annoncé, chaque cavalier donne la main à sa dame pour la conduire à table, et retourne aussitôt à la sale de bal, où ils attendent tous que les dames aient fin: leur repas. Alors il se fait un échange d’appartemens.

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