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LETTRE VII. lil
qu'au moment où je fus arrivé à un mille des cataractes , la voûte du ciel était entièrement dégagée de nuages ; le soleil brillait de son éclat accoutumé ; l'atmosphère était remarquable par sa sécheresse et son extrême lucidité. Mais je ne fus pas plutôt dans leur voisinage immédiat, que toute la nature me parut éprouver un changement aussi subit qu'extraordinaire. La terre , jusque-là desséchée et dure, devint humide, et cédait sous les pieds; le ciel, jusqu'alors si pur, prit un aspect sourcilleux , sombre et menaçant ; l'atmosphère sec et rarefié devint épais et humide , et mon imagination s’isolant de ma raison , me transporta dans un monde entièrement différent de celui où je vivais peu d'instans auparavant.
Néanmoins je continuai ma course et je parvins au sommet des hauteurs escarpées qui flanquent ce fleuve imposant. L’accroissement successif de mon élévation ne dissipa point mes précédentes illusions. Je me sentis toujours disposé à douter de mon identité ou de celle du monde. Des montagnes d’eau, vomissant les sons les plus effrayans ; des globes diaprés se précipitant avec une fureurtoujours croissante;
des arcs-en-ciel embrassant de leurs couleurs variées une immensité de pays ; des roches menaçantes, s’avançant au-dessus de ces abi-
mes : tels étaient lestraits les plus frappans des À scènes imposantes dont j'étais entouré dans ce à moment , sans contredit, un des plus remarquables de ma vie.
Pourla première fois je regrettai que les jour- de nées de septembre fussent aussi courtes. Mais mon regret cessa bientôt. Cor avant que la nuit ÿ: eût étendu son voile sombre et noir sur ces : objets admirables dont je ne pouvais détacher mes yeux , l’astre argenté vint me prêter son agréable secours, et donner à ces lieux un À aspect non moins aimable et plus touchant que 4 celui qui m'avait frappé pendant la clarté du à jour. Un calme profond succéda au bruit. Les forêts environnantes parurent plongées dans un profond repos : les vents s'étaient calmés ; les feuilles n'étaient plus agitées par la brise ; la voûte azurée du firmament n'offrait pas dans toute son étendue le plus léger nuage :
tout ce qui m’environnait , animé ou inanimé, À semblait se livrer à un sommeil balsamique et restaurateur.
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leurs 5 Tout était tranquille, excepté les cataractes jches ! toujours en mouvement qui mugissaient avec abi- U leur violence ordinaire et troublaient les eaux 18 des : du bassin qui gémissait, sur une surface touns ce à jours la même. Il n’y eut jamais de plus beau mar- À contraste que celui qui existait alors : le bruit : des eaux et le calme profond de l'air ; l'éclat jour- Ki brillant des flots qui s’élancent par torrens , et Mais ci les ombres impénétrables des forêts environ- nuit # nantes , la teinte noire du gouffre dans lequel r ces à. les ondes se précipitent avec fracas , et l'aspect déta- î riant des cieux parsemés d'étoiles que les rayons rêter 4 de la lune faisaient encore ressortir! Il eut fallu xun î être insensible pour refuser à tant de beautés tque 1 le tribut de la plus vive admiration et celui de é du | à l'hommage le plus mérité au divin ordonna- Les 4 teur d’une aussi imposante création.
dans 5 Vous savez sans doute que la contrée adjamés ; ‘ cente dans laquelle est située le lac Erié est ise ; : élevée d'environ 300 pieds au-dessus de celle pas Le qui environne l'Ontario : le vaste talus ou ge : S Montagne (ainsi qu'on l'appelle), qui sépare la mé, : contrée supérieure de la contrée inférieure , le et À est sur plusieurs points presque perpendicu-
laire : elle commence au côté nord du lac On-
tario et continue vers la pointe du nord-ouest , jusqu’à l'endroit où elle est coupée par le chemin qui conduit de Yorck à Amersbourg. Ensuite elle se dirige du côté de lorient , et enfin vient borderle détroit ou rivière de Niagara. Les personnes qui visitent les cataractes s’arrêtent généralement à un village contigu, consistant en douze maisons, ou environ, et deux excellens hôtels où on trouve tout ce qui convient aux voyageurs les plus difficiles. Du balcon de celui que l’on appelle le pavillon des chutes du Niagara, on découvre une très-belle vue de la cascade du fer à cheval et de l'ile qui partage la rivière. Il part aussi de cet hôtel un sentier difficile qui conduit au rivage très-escarpé de la rivière , joignant immédiatement Je lieu où était autrefois le plateau du rocher. 11 faut aussi remarquer que la rivière sort du lac Erié à 20 milles environ des cataractes , et que jusqu’au moment où elle n’en est plus
éloignée que de 3 milles , elle coule paisible- -
ment , et. sans que sa surface soit troublée. Alors le lit du courant devient rocailleux , et l'eau est si violemment agitée par sa course rapide sur cette surface raboteuse, que les per-
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sonnes les plus fortement constituées peuvent difficilement s'empêcher de frémir à cette vue. Malgré la rapidité du courant, sa violence ne se déploie que des deux côtés de la rivière et laisse le milieu assez tranquille pour porter les bateaux qui vont aborder à l’île. Cette île sépare la rivière en deux bras, avant que les eaux en soient lancées dans les précipices qui forment les cataractes. À mesure que le courant approche de l’île , il semble redoubler de vitesse. La pensée ne peut rien concevoir d’égal à la force et à la vélocité de ses progrès vers les bords des roches sur lesquels il est poussé, jusqu’à ce qu'il tombe impétueusement dans le lit de la rivière qui coule au-dessous , avec un fracas plus assourdissant que celui du tonnerre. Lorsque les eaux tombent dans ce profond bassin, elles rebondissent en l’air en immenses figures sphériques , blanches comme la neige et brillantes comme des diamans. Ces globes après s'être élevés et avoir paru un moment stationnai:es , éclatent à leur sommet, et lancent des particules d’eau à une hauteur étonnante. Ils se dissipent ensuite et sont rem-
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placés par d’autres qui paraisseut et disparaissent de la même maniere.
De la partie du plateau du rocher qui existe encore et du sentier dont j'ai parlé, le spectateur étonné domine sur une des vues les plus imposantes et les plus romantiques qui existent dans la nature. Les rourans si imposans audessus des cataractes ; — au milieu d’eux , l’île de {a Chèvre, couverte d'arbres dont chacun semble au moment d’être emporté ; —-la cataracte du fer à cheval immédiatement au-dessous du plateau du rocher; — au delà de l’île de la Chèvre, la cataracte du fort Schloper ; — enfin le gouffre effrayant placé au-dessous et lançant perpétuellement des torrens d’eau! tels sont en abrégé les grands objets qui fixent l'attention du contemplateur de ces imposans phénomènes.
Un autre point de vue d’où ces chutes d’eau prennent , s'il cst possible , un aspect plus terrible , c'est le fond de la cataracte. On peut descendre dans ce précipice , au moyen d’une échelle qu’on appelle ordinairement échelle indienne ; pièce d'un méchanisme fort simple.
Elle consiste en un cèdre dont les rameaux
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sont émondés à urie distance du tronc suflsante pour qu'ils puissent remplacer des échelons irréguliers. Après avoir descendu cette échelle dont la hauteur perpendiculaire est de plus de 60 pieds, on avance le long du bord de la rivière couvert de roches brisées , de débris de bateaux et autres corps étrangers , jusqu’à ce qu'on arrive au fond de la chute du fer à cheval. De ce lieu souvent les curieux s’avancent encore à la distance de plusieurs centaines de verges , pour voir un prodigieux amas d’eau souterraine , qui est formé par l’avancement de la cataracte. Mais il faut être doué d'une grande force de nerfs pour oser tenter une excursion aussi hardie ; car la résolution la plus fortement déterminée peut être ébranlée, quand on considère au-dessus de soi le rocher menaçant qui semble continuellement prêt à céder sous les flots auxquels il sert de support et d’aqueduc. Du bord avancé de ce rocher , la masse des eaux est poussée en avant, laissant une vaste étendue d’eau dont la surface unie prend depuis la chute naturelle de la cataracte jusqu'à la base même de la montagne graduellement minée en dessous. Si l’at-
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110 LEVTRE VII.
mosphère est épais , il est encore plus dangereux de s'engager dans cette entreprise hardie: car il n'est pas rare en pareil cas de perdre la respiration , en avançant plus loin sous la voûte rocailleuse. Malgré cet inconvénient et tous les dangers auxquels sont exposés ceux qui se hasardent à une grande distance sous ce roc , les pêcheurs de ces contrées y demeurent souvent plusieurs heures , sans paraître y craindre aucun malheur. La rivière, immédiatement au-dessus des cataractes , fournit une plus grande quantité de poissons qu’ils r'en pourraient trouver dans toute autre pièce d’eau d’une même étendue. Des serpens de diverses espèces abondent aussi sur ces bords. L'aspect de ces animaux, combiné avec tant d’autres objets effrayans ; le mugissement de la cataracte; l'agitation des eaux de la rivière, concourrent puissamment à augmenter la terreur du curieux étonné en contemplant ces lieux si imposans et si nouveaux pour lui.
Toute la largeur du précipice ou des cataractes, y compris l'ile qui intervient, est de 1339 verges : la plus grande masse d’eau tombe sur le côté canadien de la rivière; et d’après
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la forme prise par les eaux avant qu'elles ne s'élancent du haut des rochers , elle est désignée sous le nom de cataracte du fer à cheval: elle s'étend depuis le rivage jusqu'à l'ile intermédiaire , dans une distance de 600 verges.
La cataracte du fort Schiloper qui est sur le côté américain présente une nappe d’eau de 350 verges de largeur; etla petite cataracte s’étend à travers le bord des roches, au-delà de 140 verges : la quantité d’eau lancée par ces trois cataractes est évaluée à 169,344,000 gal- Jons par minute.
On raconte plusieurs accidens arrivés à des personnes qui , à différentes époques, ont été entraînées au fond des cataractes, en tentant de traverser la rivière qui est au-dessus. Mais je crois que la seule anecdote bien authentique de cette espèce , relative aux désastres des premiers temps , est celle d’un Indien. Ce malheureux enfant de la nature, s'étant enivré de liqueurs fortes , après avoir été à la pêche, attacha son canot à un rocher, à quelques milles au-dessus des cataractes , et se couchant sur l'avant , se livra au sommeil. Par suite de quelque accident inconnu , le canot fut déta-
ché de ses amarres , et flotta aussitôt vers le bas du courant. Aussi long-temps que la surface de l’eau continua à être unie, l’Indien bien éloigné de soupçonner le danger qu’il courait , ne fut point troublé dans son sommeil. Mais lorsque sa fragile embarcation entra dans les eaux des cataractes, et fut agitée par les mouvemens violens des flots , il s’éveilla soudain , comme d'un songe effrayant , terrifié par les mugissemens des cataractes dont il approchait rapidement. Apercevant alors tout le danger de sa situation, et revenu de son premier étonnement , il saisit sa rame et fit les plus violens efforts pour se soustraire à la destruction dont il était si émineiaoment menacé. Lorsque l'inutilité de ses efforts pour arrêter la course rapide du canot, l’eut convaincu que toutes ses tentatives seraient sans fruit, il abandorna sa rame , s’enveloppa avec beaueoup de sang froid dans sa couverture , et appliquant pour la dernière fois, sur ses lèvres , la bouteille de whiski , il s’étendit tranquillement , comme si tout danger avait cessé. Peu de momens après , il fut précipité avec sa barque, au fond des cataractes: depuis,
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personne ne vit aucun vestige nide lui, ni de son canot.
Dans l'été de 1822, un pareil accident arriva à deux malheureux blanes: il parait que quelque temps auparavant, une partie de l'ile des Chèvres qui sépare les cataractes, avait été habitée et cultivée : quelques-uns de ceux qui y résidaient, au moment de quitter leur dangereux séjour , étaient occupés à transporter leur mobilier sur le rivage du Canada. La journée était extrêmement orageuse , et le courant de la rivière par conséquent plus violent qu’à l'ordinaire : quatre hommes avec deux bateaux étaient occupés à embarquer les meubles ; lorsque le premier voyage fut terminé, deux d’entr'eux, craignant le danger résultant de la furie avec laquelle le vent soufflait dans la direction du courant , résolurent de ne pas en courir le hazard , jusqu'à ce que la tempête fut appaisée : ils firent part de cette résolution à leurs camarades qui se moquèrent d’eux, vantèrent leur propre courage et retournèrent à leur dangereuse occupation. Mais peu de momens aprés , ils furent précipités au fond des cataractes et mis en pièces. À quelque
122 LETTRE VII temps de là , on retrouva dans la rivière, au pied des cataractes, une table qui avait été placée dans la même embarcation , ct à laquelle on ne reconnut aucun dommage.
On dit que dans une soirée calme, le bruit des cataractes peut être entendu des hauteurs de Burlington , à une distance d'environ 50 milles : mais je dois dire que je n’ajoute point foi à cette assertion , à moins que le vent , qui est un excellent moyen de transporter les sons, ne souffle exactement dans cette direction.
Les eaux font un bruit qui pourrait être entendu beaucoup plus loin, si, au lieu de tomber dans un gouffre profond entouré de tous côtés de rochers dont la hauteur perpendiculaire est au moins de 300 pieds , et qui empéchent les sons de se propager , elles tombaient sur une plaine horizontale assez élevée pour que les sons se répandissent sans interruption dans les contrées adjacentes. Pour mieux expliquer ma pensée, je vais citer deux exemples : si on laissait tomber une pierre d’une dimension donnée , de la surface de la terre , dans un puits de 100 pieds de profondeur, le bruit ne serait pas distinctement entendu par une per-
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LETTRE VII. 125 sonne éloignée de 20 verges de l'ouverture du puits: mais si la même pierre était lancée du haut d’un clocher, seulement à la moitié de cette élévation , dans un citerne dont l'eau serait au niveau de la surface de la terre , le bruit occasionné par la chute de la pierre serait distinctement entendu à une distance cinq fois plus étendue que la première.
La hauteur perpendiculaire de la chute du fer à cheval , du bord du rocher duquel l’eau s’élance, jusqu’à la surface du bassin qui la reçoit, est de 140 pieds , et de ce bassin au lit inférieur de la rivière , de 6 pieds, ce qui forme une profondeur de 204 pieds : si on y ajoute 48 pieds , différence de niveau dans le cours de la rivière pendant environ un demi mille immédiatement au-dessus des cataractes, on aura dans cette courte distance une différence totale de 272 pieds entre l'élévation du lit supérieur et celle du lit inférieur.
Avant que le pays fut habité le long des bords du Niagara , on aurait pu voir un grand nombre de bêtes féroces , d'oiseaux et de poissons lancés en pièces au fond des cataractes, et d'innombrables oiseaux de proie planant
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sans cesse au-dessus de leurs carcasses putrifiées. Mais depuis que cette partie du pays est bien peuplée , à peine trouve-t-on quelque chose dans le lit de la rivière au-dessous des cataractes , excepté des poissons , et quelques poules d’eau , qui descendant au milieu des courans, ne peuvent plus reprendre leur vol, et sont précipitées dans le terrible abime.
On suppose en général que les cataractes se prolongeaient autrefois jusqu’à Queenstown , etcette supposition me paraît très-plausible. L'état des bords de la rivière est une forte présomption en faveur de cette opinion , et le reculement constant et progressif des cataractes, observé par les personnes qui habitent dans leur voisinage , ne tend pas moins à confirmer cette conjecture.
Entre les cataractes et le fort Erié, on ne trouve qu'un petit village contenant environ une douzaine de maisons, avec plusieurs magasins militaires et deux ou trois tavernes. Il est situé sur le bord occidental de la rivière W'elland, et tout auprès on trouve une petite construction militaire appelée le fort Chppawa.
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Le fort Brié est situé sur un terrain élevé, au bord du lac dont iltire son nom. Pendant la dernière guerre , ce poste à êté très-fortifié, et joint, par des ouvrages de plus de 1100 verges d'étendue, à {a Montagne du serpent sur laquelle est placée une forte batterie.
Le lac Eric est entre le 41.° et le 43.° degrés de latitude nord , et entre le 70.° et le 82.° degrés de longitude ouest : sa longueur est de 231 milles, et sa largeur de 63 milles et demi. Les rivages du nord sont peu variés et offrent dans toute leur étendue un aspect à peu près uniforme. Les ports y sont rares et peu sûrs. La longue pointe du promontoire du nord est une langue de terre, étroite, qui s’avance vers l'est, à portée du territoire de Walsingham,, un peu moins de 20 milles ; sa largeur n'excède pas 180 verges.
À la pointe du Dinde qui s’avance de la terre ferme vers le promontoire , on a préparé un local pour en faire un arsenal de marine : de là à Amersbourg , rien ne vient interrompre l’uniformité de la côte, si l’on n’en excepte
le,rondeau, petit lac d'environ 9 milles de long,
et 3 de large qui communique au lac Erié per unétroit passage. |
Amersbourg est situé à environ 35 milles audessus du rivage criental de la rivière du détroit , et contient près de 100 maisons : pendant la dernière guerre, c'était un poste frontière et un dépôt naval: mais les ouvrages militaires , l'arsenal et les magasins furent détruits parles Anglais en 1813, lorsque les forces supérieures des Américains les contraignirent de les évacuer.
À 14 milles au-delà d'Amersbourg , en suivant le cours de la rivière, on trouve la ville de Sandwich qui contient environ Go maisons, avec une église , une prison et un palais de justice. Elle est située dans une très-belle partie du pays, et immédiatement vis-à-vis la ville du Detroit qui appartient aux Etats-unis.
De Sandwich au lac Saint-clair , la qualité du terrain, est, dit-on, inférieure à celle de toute la province : on n’y voit point de terres cultivées, excepté quelques petites pièces dans l'intérieur autour des différentes stations de {a compagnie du nord-ouest. Le lac Saint-Clair
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forme presque un cercle dont le diamètre est de 36 milles.
Le lac Michigan , situé entre le 42.° et le 45.° degrés de latitude nord , et entre le 84.° et le 87.° de longitude ouest , a 262 milles de long, 55 de large , et 750 de circonférence.
Le lac Huron est entre le 42.° et le 47.° degrés de latitude nord , etentre le 80.°et le 85.° degrés de longitude ouest. Il a 218 milles de long , 100 milles de large , et sa circonférence est de 812 milles.
Le lac Supérieur , situé entre les 46.° et 48.° degrés de latitude nord, et les 84.° et 88.° de longitude ouest , est d’une immense étendue.
Se longueur est de 381 milles , sa largeur de
1G: ulles, et sa circonférence de 1152 milles.
.… sac des Bois est-très petit. Son angle nord-ouest n’est pas à moins de 1826 milles
de Québec.
Description du Cœænada.— Milice de la province supérieure. — Aspect général du pays. — Manière de peupler les provinces intérieures. Rareté des montagnes et longueur des hivers dans le haut Canada. — Les districts les plus améliorés. — Grande varielé du sol. — Manière de cultiver après le premier défrichement et de vérifier la qualité de la terre.
Le haut Canada est situé entre le 42.° et le 45.° degrés de latitude nord, et entre les 73.° et 95.° de longitude ouest. Il est limité à l’ouest par le bas Canada; au nord-ouest par la grande rivière ou l'Ottawais; au nord par le territoire de la compagnie de la Baïe d'Hudson; au sud et au sud-ouest par les Etats-unis d'Amérique , ou plutôt par une ligne imaginaire commençant au village de St.-Regis, environ à 55