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Canada ; elles sont situées dans une partie reculée et peu-fréquentée du pays , au milieu de hauteurs escarpées, couvertes de leurs forêts natives. Comme les Canadiens parlent rarement des curiosités de leur pays, et ne paraissent même éprouver aucune satisfaction à entendre les étrangers les vanter comme grandes, romantiques et pittoresques , il est probable qu'aucun écrivain précédent n'a entendu parler de ces cataractes , sur lesquelles mon attention fut appelée pour la première fois par le colonel Simon, des milices de Gore. Elles sont situées à environ un demi-mille l’une de l’autre, sur deux petites rivières qui se réunissent un peu au-dessous de la cataracte inférieure, et qui après avoir traversé le village de Paradis- Coote , se déchargent dans la baie de Burlington. Ges cascades n’ont d'autre nom distinctif que celui de grande et petite chute.
La grande cataracte tombe du haut d’un rocher élevé de plus de 130 pieds au-dessus du niveau de la rivière : le fond du lit qui recoit ces eaux est composé de roches brisées , dont les pointes inégales produisent une immense masse d'écume, et une espèce de bouillonne-
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ment, d'où sort, par intervalle de deux à trois secondes, une immense colonne d'épaisses vapeurs. Au-dessus de la cataracte, la rivière coule en serpentant à travers une des vallées les plus sauvages et les plus sombres que j'aic jamais vu.
La situation de la petite cataracte est plus romantique encore. Jusqu'à ce que vous arriviez à deux ou trois verges de la chute, il est impossible de l’apercevoir. Des sons effrayans frappent l'oreille ; de brillans arcs-en-ciel charment l'œil ; mais c'est en vain que vous portez partout vos regards pour en connaître la cause cachée. Vous avez atteint le bord même du précipice , avant d'avoir pu apercevoir le moindre filet de ces eaux qui tombent par torrens ; et cela même serait fort difficile , parce que le passage qui y conduit est rendu presque impénétrable par l'abondance des taillis, et le nombre prodigieux d'arbres dont les branches pendantes sont en partie immergées dans le courant, et trahissent leur impuissance en essayant vainement de résister à son impétueusc fureur.
Avant d'arriver à la cataracte , le ruisseau on
DJ19 LETLIRE XIX.
petite rivière coule doucement dans un étroit canal formé sur le vaste sommet d'une éminence rocailleuse , qui est élevée de deux cents picds au-dessus de la campagne environnante.
Par suite de cette particularité, l’éminence, vue à une certaine distance au-dessous des caiaractes, paraît avoir été fendue et complètement séparée des parties environnantes du promontoire. par quelque violente convulsion de la nature. L'ouverture, ou vallée , présente un aspect des plus terribles. Des arbres énormes renversés avec leurs racines, de grands fragmens de rocher, qui semblent avoir été détournés de leur destination originaire, sont confusément épars à ses côtés comme réservés à anéantir le téméraire navigateur qui oserait s'engager dans les caux inférieures. Cette cascade ; quoique formée par une masse d’eau moins abondante que l’autre, tombe d’une hauteur beaucoup plus considérable ; car il y a une distance de cent cinquante pieds entre le bord du rocher duquel l’eau s'élance , et le lit de la rivière qui la reçoit. En hiver, ces cascades paraissent encore plus grandes et plus imposantes qu'en été. Indépendamment de ce
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que l'onde s'élance avec sa rapidité ordinaire, les branches qui y sont plongées se garnissent de glaçons transparens comme du cristal ; les arbres blanchis se courbent sous le poids des brillantes concrétions dont ils sont chargés depuis leur sommet jusqu’à la surface de l’eau ; et fréquemment agités par les courans opposés, ils perdent un grand nombre de leurs rameaux, qui se brisent comme de la glace lorsqu'ils sont dans cet état de congélation.
À un demi-mille de ces cascades, dans unc vallée située entre West-Flamborough et Ancaster, on trouve une source minérale dont les eaux sont si fortement imprégnées d’une solution de souffre, que les bois d’xlentour à une distance considérable , en conservent l’odeur. Les bestiaux de toute espèce aiment tellement cette eau, qu'ils viennent, par instinct, de plusieurs milles, uniquement pour en boire.
Dans le voisinage de Long-Point , il y a une autre source de même espèce ; l’eau en est plus forte, et les pierres qui l’entourent sont incrustées de souffre pur.
À une petite distance des Caiaractes de Niagara , il y a une source encore plus cu-
rieuse ; elle émet un gaz hydrogène, tellement pur, qu'aussitôt qu’on approche une torche , elle prend feu sur-le-champ. Elle est visitée par un grand nombre de personnes, qui désirents’assurer par elles-mêmes deses propriètés inflammables : mais je n’ai pas oui dire qu'il ait été fait pour l’analyser aucune tentative par des gens capables de bien remplir ce but.
On a découvert au milieu de /a Tamise, non Join de {a Delaware , une source beaucoup plus remarquable qu'aucune de celles dont je viens de faire mention. On peut recueillir tous les jours de cette curieuse source, ou plutôt de la surface de la rivière, directement au-dessus d'elle, plusieurs mesures d'huile minérale ; elle a une odeur très-désagréable , et un grand rapport de couleur avec les huiles d'Angleterre. Ceux qui en ont fait l'épreuve, la considèrent comme un remède très-efficace contre les rhumatismes : on s'en sert intérieurement et extérieurement, et quoique souvent administrée sans précaution et sans mesure , On n’a jamais reconnu qu'elle produisit aucun effet nuisible.
Les sources salées abondent dans toutes les parties dela province supérieure; mais jusqu'ici,
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il y en à peu que l'on ait cherché à convertir en sel. Les Canadiens aiment mieux acheter des Américains cet article de première nécessité, que de le manufacturer eux-mêmes. On dit que le manque de capitaux est la cause de cette répugnance de la part des Canadiens; mais j'en doute beaucoup, quoique bien eonvaincu qu'il faudrait des sommes considérables pour monter en grand des manufactures de sel, établissemens qui deviendraient un objet d'utilité publique, en mème temps qu'ils donneraient des bénéfices honnêtes à ceux qui les formeraient. Mais le peu de personnes qui possèdent des capitaux suflisans pour entreprendre de pareilles opérations . les emploient toujours dans d’autres branches de commerce ou d’industrie, qui probablement leur procurent des avantages plus immédiats sans être plus certains. Dans un grand nombre de pays, les individus qui les habitent, agissent comme s'ils ne faisaient pas partie d’un corps collectif, et ne consultent que leurs propres intérêts, sans avoir égard à ceux de la communauté dont ils sont membres. Sous ce rapport, le Canada
est plus malheureux que les pays environ-
nans :il ne s'y est pas encore formé de ces réunions d'hommes animés du désir d'opérer le bien public. Le gouvernement provincial du Haut-Canada paraît ne s'occuper des colons en aucune manière , excepté pour leur établissement et pour le défrichement de leurs lots ; il ne daigne ni leur porter secours, ni favoriser aucun plan qui ait pour objet l’avantage futur et la prospérité de la province, comme dépendance de la Grande-Bretagne. Si le lieutenantgouverneur et le conseil reçoivent cinquante dollars de chaque malheureux , émigrant pour cent acres de terre (qu'il avait cru lui être généreusement et gratuitement accordées par Sa Majesté ) , ils n'en dorment pas moins d’un sommeil tranquille , et mangent d’un aussi bon appétit que si la province qu'ils administrent, au lieu de tomber dans un état d’insoivabilité totale, était au moment de rivaliser avec la mère patrie , pour l’agriculture, les manufactures et les arts. Tandis que les habitans des Etats-Unis, aussi attentifs à leurs propres intérêts qu'à ceux de la république dont ils font partie, consacrent tous leurs efforts à l'amélioration intérieure de l'union, et employent tous
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les moyens qui sont en jeur pouvoir pour se rendre indépendans des autres nations , les habitans du Haut-Canada, dans un pays beaucoup plus favorisé de la nature, négligent enticrement toutes les mesures qui pourraient tendre à en faire un asile également agréable, et pour ceux que le malheur poursuit, et pour les hommes entreprenans qui viennent y travailler à augmenter leur fortune.
Pendant la dernière guerre entre la Grande- Bretagne et les États-Unis, le sel ne se vendait pas en Canada moins de cinquante dollars le baril , et si une autre guerre avait lieu , il est très-probable que les Canadiens seraient forcés de l’acheter à un prix beaucoup plus élevé ; parce que la population de la province est presque le double de ce qu’elle était alors , et que la quantité de sel qu’on y fabrique maintenant est moindre qu'elle n'était en 1811.
D’après la conduite tenue par l'assemblée des états du Haut Canada, il paraitrait au moins sous quelques rapports, qu'ils sont déterminés non-seulement à ne rien faire pour l'avantage et le bien être de la colonie , mais encore à comprimer tous les efforts qui peu-
vent être tentés individuellement par les habitans pour l'amélioration de leur situation et de leurs intérêts. M. MEnnir de Z'welve-Mile- Creek, prèsde Niagara, découvrit, il y a quelques années, une source de sel dans son domaine :
comme il ne possédait qu'un petit capital, il commença des travaux proportionnés à ses moyens ; en peu de temps, il parvint à manufacturer chaque jour une quantité assez considérable de sel ; mais convaincu que la source pouvait fournir assez d’eau pour en faire une quantité beaucoup plus grande , ils’adressa à la législature à l'effet d'en obtenir des secours. À cette époque le sel américain payait un droit de cinq schellings par boisseau; mais peu de temps après, pour l’encouragement spécial de M. Merrit et de tous ceux qui pourraient faire de semblables entreprises, la législature dans sa sagesse réduisit le droit, sur le sel importé, à trois schellings neuf pences.
Dans la dernière session du parlement provincial, un de ses membres (M. Wilson de Wentworth ) proposa un bill dont l'objet ctait d'encourager les manufactures de sel dans le Haut Canada. Avant la présentation de ce bill.
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la chambre était convaincue de la nécessité d'encourager cette fabrication ; et si je ne me trompe, ilfutunanimementrésolu d’accorderdes encouragemens. Mais étrange inconséquence !
les mêmes hommes qui, quelques heures auparavantavaientsi promptementreconnula nécessité d'accorder des encouragemens à cette branche d'industrie comme"ale, refusérent d’allouer la modique somme de mille livres sterlings pour un objet si important, lorsqu'on leuren présenta la proposition en forme. Bien qu'il ne pût en résulter aucune gêne pour le gouvernement , d’après le mode indiqué par l’auteur de la proposition , elle n'en fut pas moins rejetée. Et cependant il a été calculé que les habitans du Canada paient annuellement aux États-Unis d'Amérique, pour le sel seulement, plusde cent mille dollars en espèce, qui doivent être prélevés dans des provinces où l’argent est plus rare peut être que dans toute autre partie du monde.
On fabrique maintenant du sel en petite quantité près de Niagara ,à Saltfleetetà Barton, à la tête du lac Ontario et à la baie de Quinte dans le district de l'intérieur. Mais la quantité
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qu'on en fabrique sur tous ces points est d’unc si petite importance, que si les Américains mettaient un embargo sur cet article, le prix en augmenterait de cinq cent pour cent dés le premier mois. La méthode pratiquée pour se procurer une quantité d’eau suffisante impréwnéc de matière saline, est de creuser dans le voisinage de la source de sel. Quelques-uns sont obligés de creuser jusqu’à deux ou trois cents pieds de profondeur pour en obtenir une quantité assez abondante; mais quoique l’onsoit généralement obligé de creuser dans le roc, la dépensede cette opération n'est pas aussi considérable qu'on pourrait l'imaginer: au moyen d’une fraise ou d'un touret de sixpouces de diamètre, trois hommes peuvent dans un jour, creuser à cinq pieds de profondeur un rocher de pierre à chaux.
On trouve dans plusieurs parties du Haut Canada, principalement dans la grande rivière Ouse, le gypsum ou sulfate de chaux. Quoiqu'il n’améliore pas extrêmement les terres sur lesquelles on le répand commeengrais, parce qu’il
s'évapore aisément , il contribue beaucoup à augmenterla quantitéetle poidsd’une récolte de
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grain, immédiatement après qu'on l'a employé. Mais les seuls terreins auxquels cet engrais soit véritablement utile sont ceux d'une nature légère et sablonneuse. Une petite quantité suffit pour un acre, lorsqu'elle est convenablement distribuée sur sa surface. Si on l’emploie comme engrais dans une terre destinée pourune récolte de maïs, il suffira d’en jeter, dans chaque trou, avec le grain, la contenance d’un verre à vin; et si on veut s’en servir dans une terre destinée à recevoir du bled ; quatre ou cinq boisseaux mélés avec la semence suffisent pour un acre.
On a aussi découvert des lits de marne , de terre de pipe et de blanc d’Espagne.
On trouve, sur les bords du lac Gananoqui et dans quelques autres parties de la province, du plomb noir ct de l’ocre jaune.
Les Mines de fer sont très-abondantes dans plusieurs districts. Il n’y a néanmoins dans le Haut Canada que deux fonderies de fer ou de métal ; une dans le voisinage de Zongue Pointe, sur les bords du lac Erié et l’autre dans le territoire de Marmora , disirict intérieur. La première dont les opérations sont maintenant fort étendues a été établie par une petite com-
pagnie d'Américains de l'état de New-York ; la seconde appartient à M. Charles Hayes de la maison W. et R. Hayes en Bridge-Street à Duszin. Quels seront les résultats pécuniaires de cette entreprise, c'est ce qu'on ne peut encore décider. Si les bras n'étaient pas aussi rares , je ne douterais pas de ses succès ; mais dans un pays où le moindre manouvrier ne voudra pas travailier dans une manufacture de cette espèce, à moins de quarante livres sterlings par an, outre la nourritureet le logement, lapers pective des bénéfices pour les entrepreneurs est très-douteuse. Une chose est certaine cependant, c'est que si quelque espèce d'entreprise doit réussir dans le Canada, c'est celle-là. Les chaudières à potasse et à sucre , les poëles et autres ustensiles de fer sont très-recherchés. La seule question à résoudre est de savoir si les négocians qui importent ces articles d'Europe pourront les
donner à aussi bas prix que ceux qui les fabriquent en Canada. Pour répandre quelques lumières sur ce sujet, je mt bornerai à faire mention du prix de ces objets à Niagara qui est situé à 200 milles environ plus avant dans
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Climat du Canada. — Effet de la gelée sur le corps humain. — Maladies. — Aurore Boréale et autres phénomènes atmosphériques.
Comme la grande différence qui existe entre le climat du Canada ct celui des contrées situées sous la même latitude en Europe, à fourni à un grand nombre de savans matière à des spéculations philosophiques, je n’essaierai pas d'expliquer ce phénomène, puisqu'après tout ce qui à été écrit sur ce sujet, la cause de cette différence semble avoir échappé aux recherches les plus actives et les plus profondes. Plusieurs écrivains attribuent la rigueur du climat pendant l’hiver aux vents du nord-ouest qui dominent d’une manière étonnante et à l'étendue immense des lacs qui couvrent une si grande partie du Haut-Canada. Il paraîtra évident à tout homme qui voudra réfléchir que la
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leur du rd-ouest te et à tune si îtra évir que la
rigueur du climat pendant l'hiver ne peut être attribuée justement à l'influence des lacs puisque les parties de ce grand continent, voisines de la mer, jouissent d’un climat beaucoup plus tempéré que les contrées méditerranées qui se trouvent situées sur la même latitude, quelque soit leur éloignement. Les pêchers réussissent fort bien, et donnent des fruits en parfaite maturité le long de l'extrémité nord-ouest du lac Ontario , par 43 degrés 50 minutes de latitude et sur la côte septentrionale du lac Érié: et à la petite distance de 55 milles de ce dernier lieu, par 42 degrés 20 minutes de l':itude , ce fruit ne peut être cultivé sans le secours des serres chaudes. J'ai souvent vu là ncige épaisse de trois pieds à un degré au sud du rivage septentrional de l'Ontario. tandis qu'à la même époque elle n’excédait pas six pouces dans Je voisinage même du lac.
Tousles argumens qui ont été produits jusqu’à présent à l’appui des diverses théoriesinventées pour expliquer la rigueur particulière du climat de l'Amérique sepi::'rionale, comparativement avec la température des contrées Européennes sous une latitude correspondante ,
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320 LÉVIRE XX.
paraissent tellement contradictoires, et tellement susceptibles de réfutation ou du moins d’objections, que je me borneraïi à un simple exposé des faits : vous pourrez, à loisir, en tirer les conclusions qui vous paraîtront le plus en harmonie avec la raison et la philosophie.
On peut néanmoins faire encore une remarque avant de quitter entièrement ce sujet.
Aucun homme capable deréflexion ne peut douter que, dans toute cette région élevée, le climat n’éprouve une altération matérielle , à mesure que le pays est plus découvert, et que cette amélioration ne s'opère graduellement , dans une proportion exacte avec les progrès des arts de la civilisation. Environ les dix-neuf vingtiémes du Haut-Canada suut encore couverts d'immenses forêts, et ceux qui ont eu l'occasion d'observer les changemens salutaires opérés dans la partie habitée, depuis qu'elle a reçu quelque culture , peuvent juger sainement des grands effets qu’on pourrait espcrer d’un défrichement complet de tout le pays. Je ne veux pas parler des divers avantages qui résultent sensiblement des grands défrichemens , habilement dirigés : tels que la dininu-
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eut doue climat mesure ue cette it, dans des arts vingtiécouverts eu l'ocalutaires s qu'elle r saincit espcle pays.
ages qui éfrichedininu-
LETTRE XX. Dé
tion de la vermine ct de: insectes vénimeux ; la disparition des vastes marais ; les grandes dimensions qu'ont acquises toutes les productions végétales partout où ilest permis au soleil d'exercer d’une manière illimitée sa vivifiante influence; l'augmentation visible d’aisance ct de commodités,obtenue par le colon ‘tant pour lui et sa famille que pour son bétail, pendant les rigoureux froids de l'hiver et les extrêmes chaleurs de l'été, partout où les forêts ont disparu sous les efforts de l'industrie humaine. Ces effets immédiats de la culture, ainsi que plusieurs autres avantages qui pourraient être plus particulièrement détaillés sont évidens dans toutes les parties cultivées du Bas-Canada. Mais on peut les voir dans une plus grande perfection , quoique sur un champ moins vaste, dans tous les nouveaux établissemens de Ja province supérieure, région plus élevée et plus méridionale. Cette amélioration anticipée du climat n'est pas purement hypotétique. On peut la prouver par la seule circonstance du dessèchement complet de plusieurs ruisseaux qui portaient autrefois leurs eaux dans les riviéres ou les lacs contigus et qui ont entiére-
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ment disparu depuis que les arbres qui les ombrageaient ont été abattus. J'ai vu moi-même plusieurs exemples de courans ainsi desséchés, lorsque leurs principales sources ont été détruites par le défrichement de cette immense étendue de terres appelées l'établissement Talbot; etdes faits semblablessont connus detoutes les personnes qui se sont occupées avec quelque soin de la culture américaine et qui ont examiné ses nombreux résultats sur divers points. Les naturalistes ont parlé de la puissante influence que les arbres exercent dans l'ancien continent pour la conservation de la fraîcheur et de l’humidité des terres environnantes ; mais combien plus grands doivent être les effets de cette influence en Amérique où la distillation et l'irrigation sont maintenues dans une constante activité par des millions de grands arbres dont le sommet s'élève à plus de deux cents piéds au-dessus de la surface de Ja terre ;: et plus encore dans une région comme le Haut-Canada qui s'élève à mesure qu'on s'éloigne des rives de l'Océan. Ces arbres comparables à des colonnes majestueuses doivent être de puissans conducteurs du fluide
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atmcsphérique, et leur chute estla suppression dure source féconde d'humidité. Je laisse à d'autres le soin de décrire les conséquences remarquables de pareils changemens introduits par les arts de la civilisation.
Dans le Bas-Canada, l'hiver commence à peu près au 20 octobre; et la neige, depuis cette époque jusque vers le 16 avril séjourne sur la terre. Ces deux mois, ainsi que je lai déjà remarqué, sont les plus désagréables de l'année pour les voyageurs. Durant cette période , le froid est violent; le thermomètre marque, en général, de 10 degrés au-dessus , jusqu'à 30 degrés au-dessous de zéro; dans le Haut-Canada et surtout dans les parties occidentales, l’hiver commence rarement avant le milieu de décembre et la neige disparait ordinairement à la fin de mars. La différence de climat entre les deux provinces est néanmoins plus sensible par sa durée que par les degrés de froid ou de chaud. Dans le Haut-Canada, les étés sont plus longs et aussi chauds que
‘dans la province inférieure ; mais les hivers,
quoique plus courts, sont presque aussi rigoureux en proportion de leur durée.
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Le froid de l'hiver, quoique rude, ne produit pas d'effets nuisibles à la constitution humaine, excepté ceux que l'on peut éviter au moyen de légères précautions. Mais on voit souvent dans le Haut-Canada un grand nombre de maladies, engendrées par l'extrême chaleur de l'été. qui retiennent, pendant plusieurs mois, sur le lit de douleur un grand nombre d’habitans: malgré cette circonstance, je ne puis regarder ee climat comme véritablement malsain. Les maladies contagieuses ou dangereuses sont peu connues dans le pays, et je crois qu'il y a peu de personnes qui aient quelques objections à faire contre cette province sous le rapport de la salubrité. Cn ne peut nier que tous les fortes elées n'aient souvent des résultats fâcheux ; inais je pense que de dix personnes qui ont été elécs dangereusement, il y en a neuf qui ne peuvent imputer leur malheur qu'à leur imprudence ou à leur inattention. Si un homme
s'enivre dans une taverne au point qu'en re-
tournant chez lui il soit forcé de se coucher sur la route et s'y endorme, il ne peut, avec justice, imputer la perte de ses bras ou de ses jambes à la rigueur du froid. Il est vrai que
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