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t. Et si nous n'avions re fete la séance, dune à faire À nos paquets pour le A du lendemain, il eût sans doute
Le évidemment préméditée, me demandant, “a le potage : : « Êtes-vous allé visiter le cimetière de Nola ? » ét, sur ma réponse négative : « Eh bien! il y a là, déjà, les tombes de seize blancs, etc. »
: 10 novembre.
Les panthères abondent dans la région et, nous ha ne répugnent pas aux visites domiciliaires. Mais on étouffe. dans la case et, plutôt que de manquer d'air en ramenant l'énorme opercule d’écorce, nous dressons nos chaises de d bord en travers de la porte. ;
Dans l’absence de montre, ma vigilance fait du zèle et . me lève beaucoup trop tôt; mais ne lève que moi. La quit est encore trop sombre, il faut attendre ; se recoucher...
Nous partons à l’aube encore ivres d sommeil ; cette . étape, qu’on nous disait très courte, nous a paru interminable entre toutes. Nous n’avons atteint le gîte de MBen-… gué que vers quatre heures, après un court arrêt vers. midi. La quinzaine de kilomètres que j'ai faite à pied, « ce fut avec un effort extrême ; mais je prends de plus en plus en horreur le tipoye, où l'on est inconfortablement… secoué et où je ne puis perdre un instant le sentiment de l'effort des porteurs. Chaque jour nous nous enfonçons un peu plus dans l'étrange. J'ai vécu tout sou a | un état de torpeur et d’inconscience,
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perdant notion du temps, du lieu, de moi-même. Le ciel s’est un peu éclairci vers le soir et, tandis. que j'écris ceci, la nuit monte dans un ciel admirable, Enfin nous échappons à l'oppression de la forêt. Par moments;. ‘elle . était très belle et les arbres gigantesques, aux troncs dont la base semble atteinte d’éléphantiasis, se montraient de plus en plus nombreux. Mais, dans l’absence de rayons, elle semblait toute endormie, désespérément triste. Toutes les feuilles sont luisantes et fermes, analogues à celles du
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c bamp le. conquis sur la forêt qui l’enveloppe de toutes parts, une brusque savane de très hautes graminées, parmi
in pu les er tentants pour eux, et dont le vol serait le plus difficilement vérifiable — ce que, certes, nous ee
t24 VOYAGE AU CONGO …
disparu. Il s'établit, entre nos gens et nous, une confiance et une cordialité réciproques, et tous, sans exception. aucune, se montrent jusqu'à présent aussi Fo pour nous, que nous affectons d’être envers eux’. |
Je continue mes leçons de lecture à Adonte qui fait preuve d'une émouvante application et progresse de jour
en jour; et je mattache à lui chaque jour un-peu. plus. De quelle sottise, le plus souvent, le blanc fait preuve, quand il s’indigne de la stupidité des noirs! Jene les crois pourtant capables, que d’un très petit développe
1. Ce jugement qui pourrait sembler peu müri n’a fait que se con-” firmer par la suite. Et j'avoue ne comprendre pas bien pourquoiles blancs, presque sans exception, tant fonctionnaires que commer çants, et tant hommes que femmes, croient devoir rudoyerleurs. domestiques — en paroles tout au moins, et même alors qu’ils se montrent réellement bons envers eux. Je sais une dame, par ailleurs charmante et très douce, qui n’appelle jamais son boy que «tête de. brute », sans pourtant jamais lever la main sur lui. Tel est l'usage et: « Vous y viendrez aussi, vous verrez. Attendez seulément un. mois. » — Nous avons attendu dix mois, toujours avec les mêmes. domestiques, et nous n’y sommes pas venus. Par une heureuse chance, avons-nous été particulièrement bien servis ? Il se peut. Mais je me persuade volontiers que chaque maître a les serviteurs qu'il mérite. Et tout ce que j’en dis n’est point particulier au Congo. Quel. est le serviteur de nos pays qui tiendrait à cœur de rester honnête, s: lorsqu'il entendrait son maître lui dénier toute vertu ? Si j'avais étémen boy de M. X... je l’aurais dévalisé le soir même, après lavoir entendu | affirmer que tous les nègres sont fourbes, menteurs et voleurs.
— « Votre boy ne comprend pas le français ? demandai-je-un peu | inquiet. ;
— Il le parle admirablement.. Pourquoi ?
— Vous ne craignez pas que ce qu il vous entend dire... ?
— Ça lui apprend que je ne suis pas sa dupe. »
À ce même diner, j ’entendais un autre convive affirmer que toutes les femmes (et il ne s’agissait plus des négresses) ne songent qu'à leur plaisir, aussi longtemps qu'elles peuvent mériter nos hommages, et qu'on n’a jamais vu de dévote sincère avant l’âge de quarante ans.
Ces Messieurs certainement connaissent les indigènes comme ils
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ment, le cerveau gourd et stagnant le plus souvent dans une nuit épaisse — mais combien de fois le blanc semble
prendre à tâche de les y enfoncer !
: 11 novembre.
Enfin une étape courte; partis vers six heures, nous ï arrivons deux heures et demie plus tard, après une assez
belle traversée de forêt, à Sapoua. Réapparition du palmier- > liane.
….. Fait la route à pied. Sapoua, triple ou quadruple village, de plus d’un kilomètre de long, dans un grand espace de savane, semé de grands palmiers rôniers — encerclé lointainement par la forêt. Quantité d’enfants; certains exquis, “que nous retenons près de nous. Un joueur d’instrument bizarre : une calebasse, qu’on tient entre les jambes, au milieu d'un bambou, comme un arc tendu sur six(®?) “cordes. Il chante avec beaucoup de subtilité, de délicatesse, de nuances, ce que notre interprète traduit : « J'ai tellement
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connaissent les femmes. Il est bien rare que l’expérience nous éclaire, Chacun se sert de tout pour s’encourager dans son sens, et précipite - tout dans sa preuve. L'expérience, dit-on... Il n’est pas de préjugé si absurde qui n’y trouve confirmation.
… Prodigieusement malléables, les nègres deviennent le plus souvent ce . que l’on croit qu ils sont — ou ce que l’on souhaite, ou que lon craint qu'ils soient. Je ne jurerais pas que, de nos boys également, Ponn’eût pu faire aisément des coquins. Il suffit de savoir s’y prendre, et le colon est pour cela d’une rare ingéniosité. Tel apprend à son - perroquet : « Sors d'ici, sale nègre l» Tel autre se fâche parce que son boy apporte des bouteilles de vermouth et d’amer lorsque, après le repas, il lui demande des liqueurs : — « Triple idiot, tu ne sais pas encore ce que c’est que des apéritifs |... » On l’engueule parce “qu'il croit devoir échauder, avant de s’en servir, la théière de porcelaine dont il se sert pour la première fois ; ne lui a-t-on pas enseigné “en cflet que l’eau bouillante risque de faire éclater les verres? Le “pauvre boy, qui croyait bien faire, est de nouveau traité d’imbécile devant toute la tablée des blancs.
de chiques dans mon pied, que je ne peux plus marcher. ». Vers le soir je traverse la savane accompagné de quatre enfants, et gagne la lisière de la forêt. Bain général dans: les eaux couleur de thé d’une claire rivière à fond de sable. blanc. D’autres enfants m’apportent une quantité de jolis petits hannetons. J’admire combien, quoique de même espèce et de même sexe, ceux-ci peuvent différer les uns: des autres. Au muséum, l’on m'avait déjà montré divers, exemples de cette diversité, à laquelle ne semblent avoir. droit que les mâles. Serait-elle paresse aux ee tropicales ? 5 Il fait une chaleur étouffante.
Arrivée du manioc pour nos porteurs. Vingt-quatre. petits paniers, portés par vingt-quatre petites filles. Sur chaque pain de manioc, une poignée de chenilles frites; quelques cannes à sucre. « Ily en a pour $ francs», dit le caporal ; j'en donne le double — car j'ai compris depuis hier, que l’on fait payer au blanc un prix établi fort au dessous de la valeur réelle. C'est ainsi que le poulet, pour, lequel le blanc donne 1 franc, est payé 3 francs par l'indi, gène. Un de nos porteurs, hier, nous demandaït d’acheter à sa place un poulet, que lui paierait trois fois plus cher”.
On nous apporte des crevettes de rivière; très grosses, semblables à du « bouquet », n'étaient les pattes de devant, extrêmement longues et terminées par de très petites | pinces, Cnites, leur chair reste molle et gluante. LE
12 novembre.
Cette nuit, médiocre tam-tam, commandé par nous ; que,
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