Ou de graminée
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D 0 LE rAC rcAD, | 209
pre qu xls soient fanés pour la nt — très « palmiers ‘eau » ; et, derrière moi, le plus étrange mélange d’herbes et pets qui se puisse rêver ; de nouveau cette énormité, cette informité, cette Don cette absence de parti pris, de dessin, d'organisation qui m'affectait à l'excès dans la première partie de notre voyage et qui est bien la caractéristique majeure de ce pays. Mais ici cette perplexité de a nature, cette épousaille et pénétration des éléments, ce Dending du glauque et du bleu, de l'herbe et de l’eau, est ; étrange et rappelle si peu quoi que ce soit de nos pays (sinon peut-être certains étangs de la Camargue ou des environs d'Aigues-Mortes) que je n’en puis détacher mes regards.
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jusqua près de midi, abrités entre des îlots de papyrus, que le vent soit un peu calmé. Le vent n’est du reste pas très fort — il paraîtrait à peine brise auprès du sirocco, du Ru Les touffes de papyrus sont d’un admirable ton de vert roux ; la mer du Tchad d’un glauque blondissant. On énlève les deux baleinières de nos côtés pour les attacher à pote remorque...
je, Après trois heures environ de traversée, voici les îles de Pautre bord. Les papyrus alternent avec des buissons à Eu ; jaunes, à peine plus élevés que les papyrus (des papillonacées, semble-t-il ?) où grimpent parfois de grands Hsrcone mauves — et des roseaux gigantesques, semblables ceux que nous appelons « l’herbe des pampas », porteurs de grands panaches gris de chanvre, de la “ie grande beauté.
1 En panne depuis le lever du soleil, nous devons attendre,
admire l'effort de tant de végétaux des contrées équatol riales, vers une forme symétrique et comme cristalline, insoupçonnée dans nos pays du Nord où Baudelaire se
parler du « végétal irrégulier. » | Päpyrus, palmiers, cactus, euphorbes-candélabrée .s développent autour d’un axe et selon un rythme PRE |
Nous avons jeté l'ancre devant une île ch la passé sur laquelle comptait le capitaine, pour gagner Bol, s'étant trouvée obstruée. Le soir tombait. Nous avons mis pied à terre, mais sans nous écarter beaucoup du pointd’atterrissage, car en un instant nous eûmes les jambes pleines de petites graines très piquantes, qu’on ne peut même enlever sans risquer de s’enfoncer douloureusement leurs dards dans. les doigts, où ils se brisent et déterminent des abcès.: Du reste le paysage n’offre aucun intérêt, sinon, dans cette vaste pelouse sèche que nous parcourons, un végétal bizarre, plante devenant arbuste, à feuilles très larges, d’un gris verdâtre très délicat, épaisses, tomenteuses (je veux d couvertes d’une épaisse peluche). La fleur est d’un ass beau violet pourpre, mais très petite. us à
Nuit pas trop froide ; mais l’équipage va dormir aupr de grands feux, à cause des moustiques. Arrêt dans. île, peuplée de chèvres blanches. On ne comprend. ce qu'elles peuvent trouver à manger, car le sol n’est qu'u: arène aride, semée parcimonieusement de cette étra
1. Cette insupportable petite graminée, le «cram-cram », abonde da les plaines de Fort-Archambault et dans toute la région du Tchad; sa graine, pilée dans des mortiers de bois et débarrassée. de
enveloppe hérissée de minuscules harpons, fournit une sorte dé semo: de la qualité la plus fine : le « kyebs ».
D ubdas que je décrivais tout à l’heure, dont le feuillage vert-de-gris fait avec la blancheur des chèvres une harmonie exquise, Quantité de chèvres sont attachées par: une patte à un pieu fiché dans le sable. Ce sont celles, je crois, que l’on se propose de traire, qu’on ne veut point laisser téter par les chevreaux. Non loin, quelques cases, qui semblent plutôt des abris provisoires ; quelques :
MR LE vrac TCHAD. rt
indigènes d'aspect misérable et hargneux. Le capitaine du
navire a grand peine à obtenir de l’un d'eux qu’il nous accompagne pour nous piloter parmi les îles. Pourtant on nous apporte quatre œufs et une jatte de lait. Le capitaine prend un Cabri ; on peutpresque dire s’en empare de force ; pourtant il Lie cent sous en échange ; mais le vendeur réclame encore deux francs que le capitaine se résigne à donner. C'est la première fois que je vois un indigène défendre son prix, ou même « faire » son prix. On nous avait bien dit que les habitants de la région de Bol étaient « rétifs ». Ailleurs, quoi que ce soit et si peu qu'on leur donne, ils acceptent sans protestation. Avant-hier, un de nostirailleurs, (le sergent) payait cinquante centimes un poulet, dans le petit villagé où nous nous étions arrêtés. Je lui ai dit que Cétait un prix d’avant-guerre et que désormais il devrait payer le poulet un franc. Il se laisse convaincre, et retourne avec moi pour donner la piècette complémentaire. Comme il y met de la bonne grâce j'offre de couvrir ce débours ; mais il refuse les cinquante centimes que je lui tends et, comme ; jinsiste, en fait cadeau à un enfant qui passe. I estassez naturel que les indigènes, dont on ne paie que cinquante centimes un poulet, voient débarquer les blancs avec terreur’ et ne fassent rien pour augmenter un commerce si peu rémunérateur.
KE « « Les blancs, quand ils viennent, ils prennent tout et ne donnent
Nous rencontrons le Léon Blot, accosté près d’une Pet île. À bord, nous voyons le vieux pilote qui jadis a Frs
Le
rien », disaient les gens d’un autre village, tout étonnés de nous voir payer les œufs qu’ils nous A POOTTERS | ë
J'ajoute en hâte que ces mauvais ‘blancs sont l'exception, ou tout at | moins qu’il en est d’autres. Lorsque le nouveau Gouverneur Général, Antonetti traversa la région, en février 1924, il estima qu'il n’était pas décent de maintenir les prix d’avant-guerre, et de payér le potllet moins, d’un franc. Il doubla de même le salaire et la ration des nu employés par la Cie de l'Ouham et Nana.
Mais je pourrais citer tel cas où le blanc de passage déchira la mer= curiale où l’administration avait inscrit un prix minimun des denrées,” irrité de voir ces prix supérieurs à ceux qu'il prétendait sufhisants. La’ lésinerie de certains blancs à l’égard des indigènes est incroyable Madame X..., femme d’un administrateur à Fort-Lamy, se plaignait dt ne pouvoir trouver de poisson. — « C’est peut-etre que vous marchan dez trop. Essayez donc de le payer le prix qu’on en demande.» A grande surprise du marchand, elle se décida enfin à donner deux franc pour un « capitaine » superbe (c'est le meilleur poisson du Chari)… lendemain et les jours suivants les pêcheurs affluaient chez elle, pi
Cette même personne était surnommée « Madame cinquante ce times » par les indigènes, parce que chaque fois que son mari lui disai — « Donne donc un franc à cet homme » Pour un service rendu, elle . fouillait dans un réticule et n’en sortait qu'un demi-franc. ="
C’est elle qui jetait à son chien les restes de viande, plutôt que de les laisser finir par ses boys. 2
En 1921, les Européens payaïent, à Fort-Lamy, cinq francs} par mois la location d’une vache. L’indigène était tenu de remplacer la vache l’Européen estimait qu’elle ne donnait plus assez de lait. J'ai plaisirà vo Marcel de CARE s'indigner avec nous de ces abus. Je La ee au marché :
— Combien ce poisson ? demande-t-il.
— Un franc.
— Combien un indigène leût-il payé ?
-— Deux francs cinquante,
— Tu sais bien que je n’aime pas que tu me fasses un pe de Fra ais.
— Oh ! Un Français ne l’aurait payé que cinquante centimes. » all (Voir appendice au chapitre VII). nr
MÉB LAC TCHAD 0 213
Gentil à travers le lac. Marc prend sa photo, et par enthou- (Isiasme, nous lui donnons un gros matabiche, qui lui fait (venit le sourire aux lèvres et des larmes aux yeux.
M Le vieux, que nous avons emmené de force comme ‘pilote, ne s'attendait évidemment à rien recevoir, car, lorsque je li glisse un matabiche dans la main, son visage, renfrogné ‘jusqu'alors, se détend. Je le plaisante sur son air maussade: Ab se met à rire, prend une de mes mains dans les deux F iennes et la presse à maintes reprises avec une effusion émouvante. Quels braves gens ! Comme on les conquerrait “vite | et quel art diabolique, quelle persévérance dans Vincompréhension, quelle politique de haine et de mauvais vouloir il à fallu pour obtenir de quoi justifier les bruta- Jités, les exactions et les sévices :.
» Sitot que le vent s'élève, de gros paquets d’eau lavent le pont. On ne sait où se tenir.
À Je renonce à traduire Mark Rutherford. L'intérêt que j'y prends reste un peu trop particulier.
… Je plonge dans le Second Faust avec le plaisir le plus vif. Il me faut avouer que je ne l’avais encore jamais lu tout
Les îles sont de plus en plus vastes et plus nettement hors
de l’eau. Le sable paraît et s'élève faiblement en dune. En “plus des papyrus, des roseaux et des faux-baguenaudiers de a rive, on voit reparaître les mimosas et les palmiers doums. Mais, sur une île en particulier, pourquoi quantité de
WT. Conrad parle admirablement, dans son Cœur des Ténèbres de fx Pextraordinaire effort d'imagination qu’il nous a fallu pour voir dans
ces gens-là des ennemis. »
SR REC AN ET DT PEN pe L7 à AR 1% AU NL CET * De) RMC AN VENTE FER MPAUE APE) RSS EL Eok Fou sh LS CRE ESE \ \ “70e ANSE
à quoi? Peut-être les Eu les ont-ils pont à à le base, encombrée de vieilles feuilles qui rendaient inatteignables les fruits ? 4 La quantité d'arbres morts ou mourants m étonne denis le début du voyage. if se
Arrivée à Bol vers le milieu du jour. 1 LR ARR Etrange aspect des petits murs d’enceinte du postes crénelés, aux angles amollis, Emoussés — tout cela val plus haut qu’un homme, de sorte qu’on pourrait, de l’extérieur, presque passer la tête entre les crénaux; couleur galette de maïs. Une voûte de petit fortin à lextrémit ë droite ; rien à gauche. el
Le Maire est non loin sur la droite ; quelques cases misérables. Très peu d'habitants. À peu près tous, hommes et femmes, sont vêtus. Du sable, presque uniquement agrémenté par cette étrange plante gris-vert' dont, enfin je puis voir le fruit: un beignet énorme, bivalve, tenant suspendu en son centre, au milieu d’une matière feutrée, filigranée, un paquet de graines. Celles-ci forment une cotte autour des duvets qui les coiffent et leur permettr nt de prendre l'essor. Rien de plus ingénieux et de. si bizarre. Les graines sont d’abord si étroitement juxtaposé s, à la manière des tuiles d’un toit, que l'on ne soupço tien de ce duvet qu’elles protègent ; on ne voit d’ab qu'une FArR PACE NE COQUE analogue. d’aspect à celle letchis, Dès qu’on presse cette coque, elle crève; les grail es se disjoignent, laissant paraître un trésor soyeux près dugq el l'aigrette des pissenlits paraît terne, un émerveillement,