‹ Voyage au CongoChapitre 7 sur 48 · ETC · texte numérisé non relu

ETC

l'avant une merveilleuse averse d'étincelles : l dirait un. essaim de lucioles. Après une contemplation prolongée, il” faut me résigner à regagner ma cabine, à étouffer et suer sous la moustiquaire. Puis lentement l'air fraichit, le som meil vient... De curieux cris me réveillent : je me relève et” descends sur le premier pont à peine éclairé par les. lueurs du four où les cuisiniers préparent le pain avec de ‘ grands rires et des chants. Je ne sais comment les autres, … étendus tout auprès, font pour dormir. À abri d'un. amoncellement de caisses, éclairés par une lanterne-tem-« pète, trois grands nègres autour d’une table jouent aux dés ; clandestinement, car les jeux d’argent sont interdits.

s et 6 septembre. à

Je relis l’oraison funèbre d’Henriette de France. A. part ladmirable portrait de Cromwell et certaine phrase du début sur les limites que Dieu impose au développement . du schisme, je n’y trouve pas beaucoup d’excellent, du moins à mon goût. Je relève pourtant cette phrase :

. parmi les plus mortelles douleurs, on est encore A de joie » ; et : « .… entreprise... dont le succès : paraît infaillible, tant le concert en est juste ». Abus de citations flasques. ù

L'oraison d’Henriette d'Angleterre, que je tetS shot ensuite, me paraît beaucoup plus belle, et plus constamment. Ici je retrouve mon admiration la plus vive. Mais due spécieux raisonnement | Imagine-t-on quelqu'un qui dirait aun voyageur : « Ne regardez donc pas le fuyant payssse ls 1 contemplez plutôt la paroi du wagon, qui elle, du MOINS ; ne change pas. » Eh parbleu ! lui répondrais-je,” ne | tout le temps de contempler limmuable, puisque vous.

LE CONGO ne 31 HAE que mon âme est immortelle : : permèttez-moi | d: aimer bien vite ce qui disparaîtra dans un instant.

Pre une seconde journée un peu monotone, nous a passé [a nuit devant la mission américaine de T choumbiri, où nous avions amarré dès six heures. (La nuit précédente le Brabant ne s'était pas arrêté.) Le soleil se couchait tandis que nous traversions le village ; palmiers, bananiers abondants, les plus beaux que j'aie vus jusqu ici, ananas, et ces grands arums à rhizomes comestibles (taros). L'aspect de la prospérité. Les missionnaires sont absents. Tout un peuple était sur la rive, attendant le L lébarquement du bateau ; car ayant d’accoster nous avions longé quantité d’assez importants villages.

… Nous sommes redescendus à terre après le dîner, à la nuit close, éscortés par un troupeau d’enfants provocants et gouailleurs. Sur les terres basses, au bord du fleuve, di innombrables lucioles païllettent l’herbe, mais s’éteignent dès qu'on veut les saisit. Je remonte à bord et m’attarde ï sur le premier pont, parmi les noirs de l'équipage, assis sur une table auprès du petit vendeur de colliers qui somnole, la: main dans ma main et la tête sur mon épaule.

Lundi matin, 7 septembre.

… Au réveil, le spectacle le plus magnifique. Le soleil se lève tandis que nous entrons dans le pool de Bolobo. Sur Pimmense élargissement de la nappe d’eau, pas une ride, pas même un froissement léger qui puisse en ternir un peu la surface; c’est une écaille intacte, où rit le très pur reflet du ciel pur. A l’orient quelques nuages longs que le soleil empourpre. Vers l’ouest, ciel et lac sont d’une même couleur de perle, un gris d’une délicatesse attendrie, nacre

loin, quelques îlots très bas po PR A a une matière fluide... L’enchantement de ce paysage my: tique ne dure que quelques instants; bientôt les contou: s'aflirment, les lignes se précisent ; on est sur terre de non veau. ù

L'air parfois souffle si léger, si suave et da se ment doux, qu’on croit respirer du bien-être. à

abondamment boisées, d’autres couvertes de DaDVELS ‘et roseaux. Un Etrange enchevètrement de branches s 'enfonc

de sa présence par celle des es et 4 bananiers. À Et le paysage, dans sa monotonie variée, reste si attachant j'ai peine à le quitter pour la sieste.

Admirable coucher de soleil, que double impeccablem: { au lisse. D’ épaisses nuées obscurcissent se Pat

qualités les plus profanes et qui lui paraissaient 1e pl vaines, que l’orateur sacré doit sa survie dans/la mém ire

Je m'attendais à une végétation plus oppressante. FRA se, : il est vrai, mais pas très haute et n'encombrant ni r eau ai

LE CONGO 33 du Congo d’une manière si harmonieuse qu'il semble que l’on circule dans un parc d’eau.

Parfois quelque arbre étrange domine le taillis épais de la rive et fait solo dans la confuse symphonie végétale, Pas une fleur ; aucune note de couleur autre que la verte, ün vert égal, très sombre et qui donne à ce paysage une tranquillité solennelle, semblable à celle des oasis monorchromes, une noblesse où n’atteint pas la diversité nuancée de nos paysages du Nord 1.

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… Hier soir, arrêt à N’Kounda, sur la rive française, Etrange et beau village, que l'imagination embellit encore;

car la nuit est des plus éni L’allée de sable où lon saventure luit faiblement. Les cases sont très distantes les tunes des autres; voici pourtant une sorte de rue, ou de place très allongée; plus loin, un défoncement de terrain, “marais Ou rivière, qu'abritent quelques arbres énormes d'essence i inconnue ; et, tout à coup, non loin du bord de } cette eau cachée, un petit enclos où l’on distingue trois “croix de bois. Nous grattons une allumette pour lire leur inscription. Ce sont les tombes de trois officiers français. Auprès de l’enclos une énorme euphorbe candélabre se donne des airs de cyprès.

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. Terrible engueulade du colon « Léonard », sorte de colosse court, aux cheveux noirs plaqués à la Balzac,

* 1: Dans sa très remarquable relation de voyage, Auguste Chevalier, quiremontait le Congo en août (1902), peint au contraire cette partie

de la forêt comme très fleurie. Même dans la région équatoriale, la

“saison des fleurs ne dure qu’un temps assez court.

Lorsque nous traverserons le Caméroun au printemps, nous admi rerons des champs couverts de grands amarillys, que nous n’aurions pu voir quelques jours plus tard ou plus tôt.

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qui retombent par méches sur son rie affreusement ivre et, monté sur le pont du dun

réssaisir, On tremble pour le oi sil y parvient. c'est à je ne sais quel Portugais qu'il en a etvers. leq 1] jette ses imprécations ordurières. Nous le suivons dan: nuit, sur la rive, jusqu’en face d’un petit bateau que si nous comprenons bien, ledit Portugais vient de lui ac éter, mais qu'il n’a pas encore payé. ou « Il me doit quatre-vingt-six mille F6 ce a cette ordure, ce Ppportugais. C'est même pas.un vrai Pa: tugais. Les vrais Portugais, ils restent chez eux. Il ya espèces de Portugais, les vrais Portugais ; et puis les Por tugais de la merde; et puis la merde de Portugais. Lui, c'est‘de la merde de Portugais. Fumier! Ordure! Tu ne dois quatre-vingt-six mille francs. » Et il recomme répétant et criant à tue-tête les mêmes phrases, exactem les mêmes, dans le même ordre, inlassablement. |

négresse se suspend à son bras; c’est sa « ménagère » »,.

du Brabant. Il veut Ladies avec le con aS 5 comme celui <i, très terme, lui refuse le chape

bout du pont, É pauvre commente à qui je vais compagnie, tout tremblant et les larmes aux Jeux, :

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