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deur, et nous partons accompagnés d'une longue suite de voitures, et, à 7 h, nous entrons au presbytère de M. Shalloe, à trois milles dans les terres en arrière du fort William.
Monseigneur passe deux jours à Sheen et y donne tous les offices d'une mission.
Je vous ferai grâce du détail de ces trois dernières visites, le tout s'étant passé comme à l'ordinaire en pareilles circonstances. Qu'il me suffise de vous dire que ces braves gens se faisaient un devoir et un honneur de rendre à leur évêque tous les services qu’il était en leur pouvoir. Entr'autres, méritent mention honorable M. Fournier à Deux- Rivières, et MM. Hennessy, O’Reil- {y et Mulntyre à Rockliff, A Sheenroro les paroissiens se sont portés
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aux différents offices avec un empressement vraiment édifiant.
Le Fort William est situé à une vingtaine de milles au-dessus de Pembroke, du côté de la province de Québec, sur une pointe qui s’avance dans un lac, où l'œil ravi aperçoit une foule d'ilots charmants qui semblent avoir été jetés cà et là comme autant de corbeilles de verdure. C’est un ancien poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson ; il esi devenu, il y a une dizaine d’'années, la propriété de M. McCuie, qui y a fait élever à la place du vieux magasin, devenu la proie des flammes, une nouvelle bâtisse en brique beaucoup plus considérable.
À une petite distance du fort, dans une prairie d’un gazon court et uni, s'élève la chapelle propre et
blanchie à la chaux ; devant la porte les eaux du lac viennent baigner une grève d’un sable fin, jaune comme une poussière d'or; en arrière la forêt épaisse forme un cercle et une couronne de feuillage.
Ce bois est composé de pins rouges fluets, serrés, élevés; au pied des arbres le-sol est net comme sur la main, il n’y croît pas la moindre petite herbe; là règne au milieu même du jour une demi obscurité mystérieuse, l’air est saturé d’exhalaisons parfumées. C’est sous cet ombrage délicieux que les sauvages ont dressé leurs maisons de toile blanche pour y couler tranquilles les huit jours consacrés à la mission et à la prière.
Le Rév. P. Nédelec n’était pas venu avec nous à Sheenboro, il était
resté au fort William pour préparer ceux qui devaient être confirmés.
Dimanche après-midi, je reçus de lui un billet conçu en ces termes:
‘6 Cher monsieur, j'envoie un jeune homme pour vous chercher. Vous m'avez promis de venir à mon aide, promesse oblige. Votre présence me sera non seulement agréable, mais utile, même presque nécessaire, vû les circonstances. Nous avons eu grand'messe ce matin, l’église était pleine, bonne apparence. Beaucoup de sauvages, 1ls sont venus de presque toutes les rivières des environs.
Bonne volonté, beaucoup de zèle de la part de tout le monde, sauvages, canadiens, irlandais. Nous avons vêpres à 3 h. Dites à Monseigneur que Je l’attends vers 34 h. demain.
Confirmation à 7 h., mardi matin ;
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raison: plusieurs veulent profiter du passage du steamboat pour monter. Respects à Sa Grandeur, des saluts aux confrères, n'oubliez pas M. Robert. Tout va bien, dicife justo cuoniam benè, Le mouvement est donné au dehors et au dedans, l’important est de le maintenir. Sur ce, adieu! Votre tout dévoué en J.-C.
—J. M. Nédelec, Ptre, O. M. I.” Je me rendis à l'invitation. C’est là que j'ai vu de mes yeux ce qu’il faut d'activité à ces bons Pères pour conduire une mission qui ne revient qu’une fois par année et qui ne doit durer que quelques jours. Il s'agit ici de faire le catéchisme en sauvage, en français, en anglais, d'entendre les confessions dans les trois langues, de préparer le chant des messes et des cantiques, de faire réparer le
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linge de l'ég preté et l'or d'activer et
lise, de veiller à la pro- NneMentation du temple,
de diriger le travail de CEUX Qui préparent les chemins, etc.;
sans Compter que, sur ces en trefaites, il peut Vous tomber sur les bras
sé multiplier, voir ici et là, se donner du mouvement, p à tous les besoins,
Lundi, à 34 h. p. m. Monseigneur arrive chez M. McCule, Toute la Mission en Procession se porte à sa rencontre, l'armée attend sous les
oir le Capi-
our faire face
armes, Il est beau de v
taine, digne, solennel, faraud, avec ses galons rouges, son gilet chamarré de nervures bleues, son chapeau au cordon vert, et son bâton de commandant, au bout duquel flottent attachés de longs rubans rouges, verts et blancs. Sa Grandeur est saluée d’une décharge générale, puis le long du trajet un feu de tira:lleurs de temps en temps nous agace les oreilles. Nous nous avancçons bien gardés entre deux files de soldates, le chemin est balisé d’une double et d’une triple rangée de petits cèdres et de jeunes pins. À la porte de l’église une nouvelle décharge ébranle la voûte d'1 temple et nos cerveaux endoloris.
La chapelle, toute reluisante de blancheur et de peinture nouvelle, a été ornée avec soin; des couron-
nes de verdure pendent à la voû Ji l'autel ressort au milien d’une paru- ji
ont été 1 goût des feuilles d'au- JE omne de toutes les Couleurs, rouge vif, rouge tendre, rouge incarnat, rose, pourpre, jaune, vert, verdâtre, vert d'émeraude, vert pré, etc; enfin toutes les teintes et toutes les
nt mariées dans la a plus délicate des
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une certaine espèce de mousse. Je le déposerai dans notre musée, au milieu des antiquités, avec cette inscription: Goupillon en ‘queues de rat,” don généreux du Rév. Père Nédelec.
Les sauvages sont au nombre, je crois, d'environ trois cent. Dans cette mission, comme dans toutes les autres, il y a eu prière du soir, confirmation, grand'messe à 10 h., bénédiction papale, et cet après-midi à 3 h., adieux en langue sauvage ; c’est probablement la dernière fois cette année que Monseigneur parle algonquin.
Maintenant, nous sommes à attendre l’arrivé du steamboat qui doit nous transporter à Pembroke, mais nous pouvons attendre longtemps sans ennui. Nous nous trouvons ici
Je : vraiment q{ }
au ; dame McCule ont reçu Monseigneur tte \ *vee une cordialité et une politesse ue toute irlandaise, ce qui n’est pas peu ère dire, De plus, le Docteur Faure, curé de Pembroke, et M. Marion, je prêtre de l'évêché, ainsi qu'un cerans tain nombre de citoyens de Pemles broke, sont venus Jusqu’ici au devant on- de Sa Grandeur; et en pareille bé- COMpagnie l’ennui n’a Pas d'entrée Sat : possible.
7e : Je touche, avec un certain regret, ois À au terme d’un VOYage qui ne devrait QU rle Pas finir si tôt. Je viens de passer ju | Un Mois dans ur, milieu bien agréain. ble, Pendan: treize Jours le Canst oit TOUS à promenés sur les lacs et les aie __ rivière ; neuf fois NOUS avons dressé ps notre tente sur le 8azOn des prairies !
toi Où sur les galets du rivage, Je re- |
viens tout refait, tout renouvelé.
Au grand air de la forêt, les poumons se dilatent, l'appétit s’ouvre et s'étend, la poitrine se fortifie.
Devant les tableaux de cette nature vierge qui se déroulent sous nos yeux avec une richesse si prodigue et une si grande variété, l’esprit se repose, le cœur rajeunit, l’imagination s'enrichit. J'ai été grandement édifié de ce que les missions nous ont fait voir, et le spectacle de tant et de si généreux sacrifices remonte le courage et l'énergie. J’ai fait dans ces régions lointaines des connaissances dont le souvenir me sera toujours un charme. De plus, je dois l’avouer peut-être à ma confusion, le champ de mes connaissances géographiques s’est agrandi et de nouveaux horizons se sont ou-
verts devant moi. Je n'avais pas d'idée que l’on pût récolter d'aussi belles moissons au nord du lac Témiscamingue, et j'étais sous l'impression que tout ce pays était couvert de montagnes arides et incultes, tandis que, au contraire, c’est une contrée plane et unie comme la vallée du Saint-Laurent, et elle m'a paru tout à fait propre à la colonisation, débouché providentiel que le bon Dieu nous réserve dans l’avenir pour le surplus de notre population.
En vérité, je dois de bien grands remerciements à Monseigneur l’évêque d'Ottawa qui m'a procuré le plaisir d’un beau voyage, et qui n’a cessé pendant tout le trajet de m’entourer de bonté et de bienveillance.
Demain soir, je l’espère, j'aurai le plaisir de vous serrer la main, et
de vous entretenir, non plus sur un papier toujours trop parcimonieux, mais bien en de bonnes et larges conversations. C
Je demeure en attendant, avec la plus haute considération, Monsieur le Grand-\*‘1ire, votre très dévoué et très obéiss:t serviteur.