VOYAIE AU LAC LONC
lef sur les intérêts de notre santé, un avocat pour veillér sur les intérêts de notre fortune, un fort à-bras pour veiller sur les intérêts de notre vie, : un Chapelain pour veiller sur les intérêts de notre âme, une ménagère pour veiller surles ia-: térêts de uotre cuisine, et, je me garderai bien de l'oublier,un historien pour veiller snr lesintérêts : de notre gloire. Certes, avoir une plume à son service, ce n'est pas un petit avantage ; Alexandre sur Je tombeau d'Achille en faisant allusion à Homère ne s'est-il pas écrié : ‘* O hien heureux jeune homme d’avoireu un tel chantre pour éterniser les ;exploits.” . De la main droite nous saluons le Sault-au- : Récollet avec ses flots bouillonnants, ce cher Ste- Thérèse, Ste-Scholastique le chef-lieu du district ’ judiciaire et Lachute avec son gracieux raysage ;’ de la main gauche nous saluons Ste Xose avec : sa rivière charmaute remplies d'îles coquettes, ‘ St-Augustin et Grenville ; des deux mains nous saluons la montagne aux flancs pittoresques du Calumet, où se rencontrent les trains dé Montréal et d'Ottawa, et où l’on nous accorde quinze minutes pour iuncher. Le voyage a commencé sous des couleurs brillantes d'espérance, de beau soleil et de gaité.
Nous nous promenions, M. Thérien et moi, sur la plate-forme, ayant d'un côté le train pour Montréal et de l’autre le train pour Ottawa. Je dis à M. Thérien : «Je ne voudrais pas aujourd’hui prendre le train to Mauro.—Je ne vous comprends pas, que voulez-vous dire ?— Au mois de mars dernuer, je fs un voyage à Qtlawa, avec : notre doyen M. Léon Charlebois Un soir nous’ : assisiâmes à uue séance tout-à fait agréable et intéressante au ponsionnat des sœurs de la Congrégation. Entr'autres dialogues, il y ee avait
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un intitulé : The train to Mauro. Une dame américaine, pos précieuse, attendait dans une gare en étudiant son journal, lorsque soudain arrive, parleuse, tapageuse, une bonne vieille ysanne ne connaissant ni Îles cérémonies ni les gures, avec sa fille qui les connaissait encore moins. Elle s'informe, avec un déluge de pa:
roles, à la bonne franquette, de l’heure à laquelle devait partir le train {o Mauro ; maïs prononçant mal elle disait le train to-morrow. La dame, du bout des lèvres, lui répond que ce sera après le coucheret le lever äu soleil. Non, dit la vieille, oui, dit la dame, non, oui, oui, non, le quiproquo dura longtemps au grand amuse mert des spectäteurs. La jeune fille eut faim ; la vieille mère, pour trouver ses galettesau fon de son sac, sortit tous ses effets les uns après les autres et les étendit sur un banc. Cependant le train arrive, la vieille veut refaire son sac, elle se hâte, se trémousse, mais en vain ; les chars pa: tent, et elle dut, comme elle le disait, attendre le train 4o-morrow.—Et vous ne voudriez pas faire cofame la vieille ?— Dites donc que je ae voudrais pas faire comme moi-même. Le lendemain soir, retournant à SteThérèse, après lé lunch, {ae promenais sur cette même plate-forme.
M: Charlebois me dit: Vous ne montez pas à bord ?—Dans un moment. J'ai mal à la tête, je veux, prendre le grand air.—Tout-à-coup 'j'entends : all a board. Je mets le pied dans le 'premier escalier qui se présente. J’entre, je rab trouve dans un char de seconde ; 'je le traverse dans toute sa longueur, mais arrivé au char de première je ne vois pas mon compagnon) ‘Me suis-je trompé? Je sors, je regarde. Poup!
poup ! poup ! j’aperçois mot train, avec son œil e feu astravers l'obscurité, qu' glisse du côté
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de Montréal, m'ayant laissé sans me dire bon soir.—Que fites-vous ?--Ce que fit la vieille. J’al laime coucher à l'hôtel après avoir télégra phié à M. Charlebois sur la ligne : Ne soyez pas inquet, je prendrai. le train te Mauro.»
. Une histoire en amène une autre. M. Thérien me dit : «Une bonne.sœur d’un certain eonvent, novice dans le. voyage, ne comprenant :pas ua mot d'anglais, acheta,.à la station Bonaventure, un billet pour la Pointe-Claire à six lieues de Montréal. Une demi-heure après le Aépart, ‘le ‘conducteur cria dans une espèce de jargon: Point Clear. La bonne sœur ne comprit pas, elle ne bougea pas sur son siége. A Ste-Anne. elle mon:treson billet; le conducteur lui dit en faisant la grimace :.misteak. À Vaudreuil elle montre son billet; misteak, répond le conducteur. Rerd à Cornwall, elle trouvàit que la Pointe Glaire était loin. Elle se lève, et va de nouveau montrer son billet.— Misteak, Ltell! you, misteak.—Ah! pensa-t-elle toute en peine, ils se sont!trompés ; au lieu de me vendre un:billet pour la Poir.te- Claire, ils m'en ont vendu un‘pour Mistèque.— A Presçott elle aperçoit sur la agen fr M.
Ethier qui revenait. d'Ottawa ; elle. coùrt à lur, et lui dit :: Pourriez-vous, cher moñsieur, me donner des renseignements et me tirer d'embarras. Je voulais aller à la Pointe Claire ; et par une erreur dés employés de la station Bonaventure, imaginez vous que me voici en route pour Mstèque:,, M. Ethier laramena à sa desti nations Depuis, dans ce couvent, quand quel:
u'une s’égarre dans le voyage, il paraît qu’on.
it qu'elle. a été à Mistèque. Le mot est passé en . proverbe.»
Nous quittons les chars à Papineauville pour
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