‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 100 sur 137 · CHAPITRE QUINZIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. i

Le monothéisme seul remplit ces conditions.

L'étude des traditions comparées ne diffère en rien, sur ce point , des conclusions auxquelles nous ont conduits la science du langage d'une part, et la science des religions de l'autre.

De son côté, Tethnographie est venue confirmer d'une manière bien éclatante les mêmes résultats.

Il est un peuple dont l'histoire a pu être explorée jusqu'à ses sources les plus lointaines : c'est le peuple égyptien.

Le premier, évoqué de ses sombres nécropoles où pendant quatre mille ans il a dormi , enseveli dans les bandelettes de ses momies; le premier, il a livré à la science les hiéroglyphes de ses temples et le secret de ses inscriptions tumulaires.

D'incontestables monuments nous retracent l'histoire des Pharaons ; et les documents de l'épigraphie égyptienne sont si intacts et si nombreux qu'un des plus savants explorateurs de cette terre sacrée, nous parlant d'une de ses plus antiques dynasties, a pu nous dire en toute vérité : Nous avons sous la main des éléments qui nous permettraient aujourd'hui d'éditer à un almanach royal de la famille de Chéops».

Babylone et Ninive ne nous doivent rien sur ce point; car, sur tel ou tel règne de l'empire d'Assyrie, sur Sardanapale III, par exemple, ou Salma-

' Lc))sius.

nazar, nous avons des textes plus précis, plus authentiques, plus détaillés que nous n*en possédons sur Trajan on la plupart des empereurs romains ^

Lapides clamabunl! E\\ bien, oui, les pierres ont parlé; elles nous ont donné le dernier mot sur la civilisation et les mœurs, les croyances et les doctrines d'une société primitive qui nous fait toucher au berceau du monde.

Sur celte terre toute couverte d'inscriptions granitiques, de 'temples et de tombeaux, j'ai fouillé, nous dit notre illustre égyptologue de Rougé, j*ai exploré les textes sacrés^ les hymnes, les pierres funéraires les plus anciennes. Les interprétations que j*ai proposées ont passé au crible do la critique en France, en Angleterre, en Allemagne. Rien ne les a ébranlées. Elles sont aujourd'hui classiques.

Des documents, dont la date remonte à quatre cents ans avant Moïse, établissent, d'une manière irréfutable , la croyance des Egyptiens au dogme fondamental de r unité de Dieu '. »

« Oui, deux mille ans avant Moïse, la vallée du Nil a retenti du chant des hymnes en l'honneur d'un Dieu auteur et créateur des êtres, d'un Dieu par qui tout a été fait et qui seul n'a point été fait : perquem omnia facta sunt, »

« Au sommet du panthéon égyptien, nous dit

1 La QraDdc inscription da monolilhe basaltique de Nimioud, découverte par Layard et traduite par MM. Ravliiison et Norri*. * Discours deM.de Rougé au cercle du Luxembourg. Paris, 1869.

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