‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 107 sur 137 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

Tels sont entre autres les beaux bas-reliefs qui décoraient le péristyle de Kborsabad et les gigan-' tesques taureaux à figure humaine qui formaient les pieds-droits de la porte d*entrée. L'exemple de notre consul eut des imitateurs. Ce qu'il venait d'accomplir avec tant de bonheur dans le nord de Ninive fut bientôt entrepris avec un égal succès par le consul britannique, sir Henri Layard, à trente kilomètres sud, sur l'emplacement de l'antique Galach.

Les fouilles commencèrent par la colline qui porte encore aujourd'hui le nom biblique de Nîmroud. Sous des monceaux de terre et de décombres, les travailleurs ne tardèrent pas à mettre au jour les restes d'un palais assyrien, construit, comme à Khorsabad, sur une plate-forme de brique qui lui servait d'assise. C'était le même style , la même architecture, la même ornementation; toujours des inscriptions sur les murs, des bas-reliefs dans les salies et sous les péristyles. A la porte se dressaient encore les gigantesques figures des taureaux ailés, mitres et barbus, avec la face humaine.

Les palais de Nimroud ont enrichi de leurs débris nos musées d'Europe, et le succès qu'y obtinrent les agents du gouvernement britannique, les décida à entreprendre des travaux analogues sur le sol même de Ninive, sur les collines tumulaires de Koyoundjick, trop promptement abandonnés par notre consul Botta.

Là encore, sous la pioche des travailleurs, surgi-

rent bientôt des raines de palais et des débris de statues toutes zébrées d'inscriptions. Des salies entières étaient encombrées de tablettes d*argile couvertes d'une écriture fine et serrée; on les remuait à la pelle. C'était une bibliothèque. Elle figure aujourd'hui parmi les plus importantes collections du British Muséum.

En somme, les trois points principaux par lesquels on avait attaqué le sol de TAssyrie correspondaient à trois périodes, à trois phases diverses de son histoire. Khorsabad, Nimroud, Ninive ou Koyoundjick : ce sont trois capitales. Elles marquent trois étapes distinctes dans le développement de l'empire assyrien.

La période plus de cinq fois séculaire' que Bérose et Hérodote lui assignent comme durée, devient chaque jour pour nous, et grâce aux découvertes toutes récentes, une période de plus en plus historique.

Les tables des éponymes sssyriens nous donnent même une certitude complète sur les cent cinquante dernières années. Des quarante-cinq rois mentionnés par Bérose, nous constatons le nom de plus de trente^ et dans ses Annales des rois d'Assyrie, M. Menant reconstitue chronologiquement une série de quarantequatre souverains qui ont régné soit à Galach, soit à Ninive '.

1 De 1314 2i 788, d'après Oppert.

* AnnaUs des rois d'Assyrie, traduites sar le texte assyrien. Paris, Maisonneuve. 1874.

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