‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 11 sur 137 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

beaa de Bêlas, comme le croit Oppert; on le temple de Bel-Nebo ou de Bel-Merodach, dans lequel toutes les richesses de Tyr et de Jérusalem, entassées par Nabuchodonosor , devinrent la proie de Xerxès et plus tard d'Alexandre*?

L'expédition française constata les vestiges du quai, sur les bords de Fancien lit du fleuve détourné par Gyrus. Plus loin, dans un amas de briques, on croit trouver la trace des jardins suspendus. Dans cette direction et sur une surface qui mesure près de quatorze hectares, une agglomération de tumulus indique TAcropole; c'était la forteresse. Elle en a conservé le nom. Dans le pays, en effet, on rappelle El-Kasr (le château).

Elle contenait le palais de Nabuchodonosor, que Bérose nous dit avoir été élevé en moins de quinze jours; particularité bizarre, confirmée, de nos jours, par la lecture des inscriptions trouvées dans les décombres.

La position d'El-Kasr est unique sur les bords de TEuphrate. Elle domine au loin la plaine de Sennaar. On comprend que Nabuchodonosor Tait choisie pour demeure. De là, il pouvait embrasser du regard cette immense cité que, d'après l'Écriture, » il avait élevée dans la grandeur de sa puissance et l'éclat de sa gloire. »

^ Destruction de Jérasalem par Nabuchodonosor, 9 août 588 avant J.-C, d'après la Chronologie biblique deM. Oppert, fondée sur les ellipses des inscriptions cunéiformes.

Mais, après Nabachodonosor, Nabonid; c'est le Balthasar de la Bible. C'est le dernier des rois chaldéens, sur lesquels les inscriptions du Musée britannique nous donnent des documents certains.

Ainsi donc, c'est là peut-être qu'au milieu de l'orgie où les vases sacrés servirent de coupes de festin, c'est là

Qu'on aperçoit aux murs de la salle bmyanie

Les mots qu*ane main flamboyante Trace en lettres de feu parmi des nœuds de fleurs ^

mane!... — thécel!... — phares!,..

C'est le réveil, c'est Cyrus, c'est la ville emportée d'assaut.

Il est vrai que, moins de deux siècles plus tard, Alexandre, à cette même place, vengeant Babylone des rois Achéménides, voulut lui rendre son ancienne splendeur. Dix mille hommes furent occupés à déblayer ses ruines. Vains efforts 1 La mort frappe le vainqueur d'ArbelIes à la place où s'élevait le palais de Nabuchodonosor.

Quand on passe de l'autre côté de TEuphrate, l'enceinte de la ville, sur la rive gauche du fleuve, ne semble plus formée que par une ligne ou plutôt par une chaîne de tumulus irrégulièrement espacés. Comme nous l'avons dit, ces tumulus ne sont que

' Hugo , Orientales,

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