CHAPITRE DIX-SEPTIÈMË
années, les noms des grands personnages par lesquels ces années étaient désignées. Des compartiments marqaent la durée des règnes. Pour une période de deux siècles et demi , la chronologie assyrienne se trouve donc fixée, et, pour la rattacher aux grands événements que les autres sources historiques nous ont fait connaître, il suffit d'un seul point de contact. Or, il s'en est trouvé un grand nombre , entre autres la date de la mort d'Osée, dernier roi d'JsraèP, correspondant à l'avéuement au trône de Sargon ou Saryukin , chef de la troisième dynastie assyrienne , fondateur du palais de Khorsabad *. » C'est ainsi que MM. Oppert et Bawlinson ont pu vérifier, en maints passages, la parfaite concordance du Livre des Rois avec la chronologie assyrienne '.
Dans son Histoire de Chaldée et d'Assyrie diaprés les monuments f l'auteur nous disait en 1866: « Les seules chronologies certaines de l'antiquité sont celles des Juifs ,^ des Grecs et des Romains. Elles ne nous suf-
> 721 av. j. c.
* Menant^ p. 265.
3 Une nouvelle étude de M. Jules Oppert, publiée en avril 1875 par les Annales de philotophie chrétienne^ arrive, avec toute Tautorité scientifique qui s'attache à son nom, aux conclusions suivantes :
Deux points restent désormais prouvés et acquis : 1° Le» fait» chronologique» de la bible se rattachent à une ère, celle du Temple, qui se relie à l'époque de l'Exode;
2<> Les années des roi», citées dan» les Livret saints, se comptent à partir du Jour de leur avènement au trône,
Jules Oppert.
fiscnt pas pour nous donner des appréciations exactes sur la chronologie assyrienne. Pour nous fixer définitivement, il nous faudrait des mentions d'éclipsés , notées par années , par mois et par jours. »
De la part de notre éminentassyriologue, ce n'était qu'une aspiration, qu'un rêve qui semblait chirné* rique; les inscriptions cunéiformes n'ont pas tardé à lui en offrir la réalisation. Ce n'est pas une seule éclipse, mais trois, que M. Oppert a pu constater : éclipse de soleil le 2 juin de l'année 930 av. J. G., autre éclipse de soleil le 13 juin de l'an 809, et enfin une éclipse de lune le 19 mars 721.
En reconstituant ainsi, pièce à pièce, l'histoire assyro-chaldéenne , d'après les documents épigraphiques trouvés à JNînive et à Babylone, nous rencontrons des rois qui ne figurent dans aucune autre histoire. Mais, en revanche, à côté de ces noms exhumés de l'oubli, nous voyons réapparaître, et en grand nombre, des noms que nos textes sacrés nous ont rendus bien familiers.
Gomme durée, la période des rois d'Israël et de Juda embrasse plus spécialement la deuxième dynastie assyrienne, dont les palais de Nimroud nous représentent la demeure royale. Mais c'est avec les rois de la troisième dynastie, constructeurs des palais de Khorsabad et de Koyoundjick , que les rapprochements avec les textes bibliques sont les plus nombreux.